Petit précis sur les véhicules autonomes à l’usage des décideurs

L’annonce de Waymo avec Avis nous amènent à apporter quelques précisions sur les évènements en cours. Les technologies ne sont pas validées à ce jour, mais elles sont suffisamment avancées pour mettre en œuvre ce que les GAFA font le mieux : l’itération au plus près des futurs clients (Lire cet article le Fordisme, le lean et après) : passager, gestionnaire de véhicule. Tout commence maintenant en fait. En s’obligeant dès que possible à partir des usages, des pratiques, des besoins réels, Waymo et Apple s’engagent dans la conception de l’Operating System. Comme ce n’est pas la voiture qui est robotisée mais le conducteur, plus les liens seront nombreux, riches et denses, plus l’OS sera performant (Lire Le combat des O.S. commence). La probabilité que les voitures autonomes fournissent une source de mobilité est aujourd’hui très faible. Mais très fortes seront les conséquences si cela arrive pour les usagers, les contribuables et les salariés.

Dans un monde imprévisible, dont le cygne noir devient l’emblème, essayons d’esquisser les incontournables : ces actions nécessaires et gagnantes quelque soit l’avenir. A la naissance de l’automobile, nous avons crée une multitude de nouvelles industries même si les premiers produits n’étaient que des calèches à moteur thermique. Nous sommes dans la même situation.

musée de l’Automobile – Mulhouse

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Les crawlers dévorent la carte

La carte est consubstantielle aux transports. Pourtant bientôt ce sera un souvenir. La carte, telle que nous la connaissons, reproduit « vu de haut » une représentation du territoire, de la géographie, des infrastructures. Elle indexe le minéral, l’immobile. Son utilisation impose de l’orienter et de se projeter dans cette représentation pour se guider ou s’imaginer le chemin.

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Prenez place, le combat des O.S. automobile commence

Savez-vous qu’il y a 5 ou 6 grands fabricants de piston dans le monde pour plusieurs dizaines de constructeur automobile. Bien que le piston soit essentiel et particulièrement difficile à produire à grande échelle, les constructeurs gardent une position dominante malgré tout dans la chaîne de valeur. Avec Automotive Grade Linux, Android Auto, CarPlay pour Apple et probablement Baidu, il y aura probablement peu de fournisseur d’Operating System (O.S.) de rang mondial.

Mais l’O.S. est-il un composant automobile comme un autre ?

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BlablaCar arrive dans le covoiturage quotidien avec BlablaLines

Nos routes se sont croisées avec Frédéric Mazzella en 2010 pour travailler sur les CEE. BlablaCar n’avait alors qu’une salariée : Laure. Elle distribuait des autocollants à tout le monde et faisait la promotion du covoiturage avec une grande énergie. 500 personnes aujourd’hui développent BlablaCar à travers le monde. En 7 ans, le secteur de la mobilité a bien changé. Uber, Lyft, Didi, Waze se sont aussi déployés, avec des approches spécifiques. Tous explorent maintenant la même frontière : plusieurs offres de siège libre en temps réel pour offrir des mobilités quotidiennes concurrentes de la voiture possédée. Le service BlablaCar est donc désormais complété par BlablaLines pour covoiturer au quotidien !

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Le programme Apollo par Baidu, le pire scénario pour l’industrie automobile européenne

Baidu a annoncé aujourd’hui un nouveau projet intitulé « Apollo » qui fournira une plate-forme logicielle ouverte, complète et fiable pour ses partenaires dans l’industrie de la conduite automobile et autonome afin de développer leurs propres systèmes de conduite autonome avec des véhicules de référence et une plate-forme matérielle.

En ouvrant sa technologie de conduite autonome robuste, mature et sûre à l’industrie, Baidu vise à construire un écosystème collaboratif, en utilisant ses forces dans la technologie de l’intelligence artificielle (IA) pour collaborer avec d’autres entreprises afin de promouvoir le développement et la vulgarisation de la conduite autonome.

Le projet Apollo fournit une solution complète de services matériels et logiciels qui comprend une plateforme de véhicule, une plateforme matérielle de capteur, une plateforme logicielle et des services de données. Baidu ouvrira les codes sources gérant la perception des obstacles, la planification de la trajectoire, le contrôle des véhicules, les systèmes d’exploitation des véhicules et d’autres fonctions, ainsi qu’un ensemble complet d’outils de test.

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Va-t-on connaitre la pollution réelle des voitures ?

L’annonce récente de la maire de Paris, Anne Hidalgo, et du maire de Londres, Sadiq Khan, d’inventer un système de notation de la pollution des véhicules est particulièrement éclairant sur plusieurs aspects. Pour les plus pressés, nous développerons trois points : les villes reprennent la main, la transparence n’est plus une option et la voiture connectée vous dira bien ce qu’elle a envie de vous dire.

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[fiction N°14] Congestion robotisée

Il fallait désormais se rendre à l’évidence. La robotisation des voitures n’a pas eu l’effet escompté. Enfin tout dépend pour qui… Tous les constructeurs avaient poursuivi les options d’assistance, de sécurité, de délégation de conduite, de parking automatique. De vrais salons roulants. Chacun le sien.

Quelques équipementiers de rang 1 développent et industrialisent des autopilotes complets. Les utopies de solution de mobilité robotisée n’avaient pas réussi à voir le jour. La voiture, même robotisée, reste un objet personnel, très rarement partagé. Et la ville n’est pas modélisable, prévisible même pour les dernières IA.

Trop chaotique, trop humaine.

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[fiction N°13] Tout a basculé. En 6 mois…

D’abord les taxis électriques fortement subventionnés. Puis obligatoires. Dans 3 mégalopoles. Puis 10. 6 mois…

[Beijing, été 2022] Les évènements politiques aux USA, puis en Europe, avaient donné à la Chine le moment qu’elle attendait. Cela devait arriver. Juste une question de temps. Pour les dirigeants chinois, le temps n’est pas linéaire. Inspirer le monde et donner l’exemple, telle était devenue la raison d’être de plusieurs villes chinoises. Et cela avait commencé par des investissements dans les énergies renouvelables, le transport et la logistique avec la Belt & Road Initiative.

Les USA ont décidé de se refermer sur eux-mêmes, les Européens de se déchirer, la Chine s’affiche désormais aux frontières de l’innovation dans de nombreux domaines : l’énergie, la mobilité, la sécurité, l’IA.

Après avoir observé les conséquences des taxis électriques, le gouvernement avait décidé de restreindre à l’intérieur du 4ème périphérique des 5 principales villes la circulation aux robotaxis. Les plateformes y travaillaient depuis plusieurs années avec détermination : Didi, Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi… Les robotaxis se déployaient d’abord pour montrer au monde la puissance des industries chinoises. Ces objets condensaient le savoir faire des meilleures entreprises du pays. Des centaines puis des milliers de robots en circulation, créant de facto des quantités de données immenses pour alimenter les moteurs d’apprentissage et les IA. Pour les dirigeants, cette initiative combine plusieurs effets : innovations à la croisée de nombreux domaines, action pour la qualité de l’air, visibilité mondiale, bénéfices collatéraux pour la logistique.

Il a fallu 6 mois pour que tout s’aligne, que les erreurs du début ne soient qu’un mauvais souvenir et que les facteurs de défaillance ne soient plus qu’une longue série de 0. Tout le monde regardait la Chine et personne ne s’attendait à la phase suivante. Nous pensions que la mobilité robotisée allait arriver progressivement, par étape, comme indiqué sur les powerpoints. Elle a émergé aux endroits les plus propices et s’est répandue jusqu’aux limites.

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L’histoire ne se répète pas, mais parfois elle rime

Les PF (GAFA, NATU, BATX) ont atteint des tailles et des capacités d’investissement identiques aux constructeurs. Le hardware voit son coût s’effondrer et le software voit son pouvoir croitre. Une conjonction de trois dynamiques est à l’oeuvre.

  1. Le pouvoir des PF se renforce avec l’IA, et ce sont les les flux d’activités de la multitude sur les PF qui construisent les IA. Les mécanismes d’auto-apprentissage se mettent en place, refermant d’ici peu toutes opportunités pour concurrencer les IA/PF en place. La maîtrise de l’IA est consubstantielle de la conduite robotisée. Plus le pouvoir des IA/PF se renforce, plus les liens avec la multitude se renforcent également et se diversifient.
  2. Le véhicule électrique devient progressivement une évidence par l’abaissement du prix des batteries et leurs performances. Plus l’électrification progresse plus le véhicule débarrassé de son moteur et transmission peut devenir une commodité (et un haut de gamme à l’autre extrémité des possibles). Plus il devient une commodité, plus cela ouvre des possibilités pour le véhicule serviciel. Plus le véhicule électrique devient une commodité, plus les liens entre le fabricant de l’objet physique et la multitude se réduisent et s’appauvrissent.
  3. La demande de mobilité (pas de véhicule) est un sujet totalement différent que la vente de voiture. La vente d’un objet au kg (1 fois tous les 8 ans pour des catégories CSP+ avec 1 million par an en France pour les particuliers) n’a aucun lien avec la vente d’une expérience de trajet plusieurs fois par jour pour tous (175 millions de déplacement par jour en France). Les IA/PF sont particulièrement bien placées pour connaître (via les traces des smartphone), apprendre et prévoir les pratiques individuelles. Et donc conseiller les collectivités tout en poursuivant le développement de la relation avec la multitude. Parmis les acteurs en position, le classement suivant décrit la qualité du lien avec la multitude concernant la mobilité quotidienne : IA/PF > Collectivité – Opérateurs TC >> constructeurs.

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Quel est l’impact environnemental du covoiturage de longue distance?

Cet article a été rédigé par Mathieu Chassignet (ADEME), Romain Fau (Blablacar), Gautier Jacquemain (6t-bureau de recherche) et Audrey Wolfovski (Blablacar)

Contexte

Le covoiturage de longue distance a connu une forte croissance ces dernières années, dans le sillage de Blablacar qui en est devenu l’acteur de référence. Différents travaux se sont interrogés sur l’impact que peut avoir son développement en termes de kilomètres parcourus en voiture ou d’émissions de gaz à effet de serre. Cela suppose de connaître précisément le taux de remplissage des équipages constitués, ainsi que le report modal induit, c’est-à-dire le moyen de transport qui aurait été utilisé par le conducteur et les passagers si le covoiturage n’avait pas pu être utilisé.

Deux études récentes ont abordé cette question :

Ces deux études utilisent des méthodologies différentes et aboutissent à des résultats contradictoires : le CGDD conclut à un impact légèrement défavorable sur le trafic routier (le covoiturage créerait plus de trafic qu’il n’en évite) alors que l’ADEME conclut un impact favorable sur le trafic routier et les émissions de gaz à effet de serre.

Afin d’affiner les résultats et d’y voir plus clair, nous avons utilisé de nouvelles données réelles, directement issues de Blablacar (notamment pour le remplissage des véhicules) et avons mené de nouvelles analyses à partir de la base de données de l’enquête ADEME de 2015. [Lire la suite…]