Quand le citoyen consommateur devient coproducteur, aujourd’hui des disques, des meubles, et demain ?

Dans le lignée des living labs (voir ici) ou des fab labs (voir ), des initiatives montrent qu’après le « crowdsourcing », le « crowdfunding » se développe même pour des objets « industriels ».

L’idée est simple, de jeunes designers proposent plusieurs projets de meubles. Ceux qui veulent les faire exister apportent leur contribution financière. Lorsque la barre des 3000 euros est atteinte pour réaliser les études techniques, faire les prototypes et démarrer le marketing, l’objet est mis en vente sur le site Ledito.com.

Quel intérêt pour les cofinanceurs ? Une réduction de 20% et une édition numérotée s’ils achètent un meuble. Ils touchent aussi des royalties sur la vente du produit pendant 10 ans. Au total, une dizaine de meubles ont déjà été financés. Et demain ?

Les secteurs touchés sont nombreux : la mode, la musique ou le livre (mymajorcompany). Les motivations réelles sont plus complexes, car les contributeurs reçoivent également des invitations aux avant-premières. « Chez les internautes s’impliquant dans la coédition de nos meubles, la motivation est financière pour un tiers, un autre tiers souhaite avant tout aider les designers et le tiers restant veut se donner la possibilité d’acheter un meuble que n’existerait pas sinon ». Des consommateurs sont donc aussi prêts à s’investir qu’à s’investir. Pour les industries, par ces temps où les marques misent de façon croissante sur le bouche à oreille, rien ne vaut d’avoir comme ambassadeur des citoyens ayant misé leur propre argent …

Cette tendance de fond de la société liée à la volonté (besoin ?) d’implication du citoyen (voir également ici sur le thème la puissance des réseaux sera-t-elle suffisante ?), à de nouveaux modes de marketing viral, recrée à l’échelle du globe la relation « Peer to Peer » de l’artisanat, permettant de proposer des séries d’objets personnalisés.

Est-ce que cette initiative pourrait s’appliquer au secteur lourd de l’industrie automobile ? quelques initiatives montrent que les consommateurs ont des choses à proposer, que certains constructeurs sont déjà attentifs. Le VE change la donne en rendant plus « simple » la coconception. Le précédent article (voir ici) étudiait déjà les liens entre VE, économie de la fonctionalité (passage à des services) et économie circulaire. L'irruption du citoyen est donc maintenant visible, possible, souhaitable à plusieurs niveaux :

  • Des commentaires sur le produit existant en se fédérant, en se groupant : le peer to peer permet(tra) aux consommateurs d'être bien plus puissants sur les retours aux producteurs (voir ici précédent article), des systèmes de veille seront développés pour suivre ces groupements.
  • Des propositions à faire dans la conception des produits, hier sur des détails, demain sur les fonctionnalités principales. Certains véhicules (vraissemblablement de plus en plus) ne seront plus achetés par les utilisateurs finaux. En conséquence, les acheteurs des objets souhaiteront puis imposeront que des utilisateurs participent à la spécification (rédaction du cahier des charges) des voitures. Les acheteurs (opérateurs de transport, énergéticiens, voir exemple de General Electric …) commanderont alors de grandes séries de véhicules dédiés à des besoins locaux venant des usagers eux-mêmes.
  • Pour certains véhicules, sans doute les plus légers et simples, de nouveaux constructeurs bénéficieront comme pour les meubles aujourd'hui de financements directs des utilisateurs. Le futur rickshaw moderne à la croisée de l'Inde et de l'Europe qui commence à se dessiner, en sera le premier bénéficiaire : Haute efficacité énergétique (un vélo couché carréné possède une efficacité équivalente au TGV), éventuellement électrifié, bi-place, …

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