A qui appartiendra le temps ? sera-t-il gratuit ou marchand ?

Derrière le temps, se cache nos temporalités, nos rythmes, nos contraintes ou nos plaisirs, le passer dans les bouchons ou méditer. Entre la dictature de l'urgence et le besoin de planifier nos actions, de proposer des projets de société à long terme à des individus libres, donc changeant d'avis, et obnubilés par le court terme, le temps reste un sujet majeur.

Non stockable, le temps libre, à soi, apparaît comme la plus grande richesse, surtout quand on est capable d'acheter du temps aux autres (services) ou du temps de robot (machines, dont les voitures ou autres véhicules).

La vitesse, quotien de la distance et du temps, nous permet en théorie de "gagner" du temps. C'est à dire de transformer du temps salarié, permettant d'acheter des objets créant de la vitesse, en temps libre. Jusqu'au moment où la dictature du temps ne permet plus d'accéder à ce temps libre source d'épanouissement.

La vitesse n'est donc pas une fin en soi, mais c'est malgré tout une mesure essentielle de la performance des transports. Pour combien de temps ? parlerons nous encore de la vitesse maximale d'une voiture dans 30 ans ? Quelle perception de vitesse retenons-nous d'un déplacement : la vitesse maximale (120 km/h sur l'autoroute, qui oblige à instaurer une surveillance, voir ici) oubliant les 10 minutes de bouchon à 5 km/h, la vitesse moyenne à 35 km/h intégrant le temps pour se garer ? en aucun cas, la vitesse généralisée quin intègre le temps passé à acheter le véhicule et les coûts du transport motorisé (voir ici, Ivan Illich). A l'inverse, les transports en commun (train, bus à haut niveau de service, tramway mais également avion) permettent et permettront de plus en plus de pratiquer de hautes vitesses instantanées, et devront progresser aux interstices (importances des transferts modals, donc des infrastructures et des informations) pour proposer les meilleurs temps porte à porte.

Dans la palette des critères de performance des transports du futur, la vitesse sera remplacée par la connaissance précise de l'horaire d'arrivée (+ ou – X minutes) et la certitude de l'atteindre, couplée à la connectivité lors du transport, la capacité à rencontrer son réseau, à commander/recevoir des marchandises, son confort, à créer du temps libre à haute valeur ajoutée, notamment dans les transferts et changement de mode, et son prix intégrant les externalités environnementales.

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