Et si la fiabilité (re)devenait un argument essentiel de la performance d’un constructeur ?

Toyota traverse une crise sans précédent, avec un rappel de plusieurs millions de véhicules, et surtout, des accidents mortels liés à un problème d’accélérateur. L'arrêt de la production pendant une semaine dans cinq usines américaines pourrait coûter 500 millions de dollars, selon la Deutsche Bank.

Pire, la réputation du constructeur japonais risque d'être durablement entachée. Or c'est précisément grâce à son image de fiabilité que Toyota est parvenu à détrôner GM de la première place mondiale en 2008. Pour de nombreux observateurs, Toyota a voulu grandir trop vite, et a trop mis la pression à ses fournisseurs pour réduire les coûts. «Nous nous sommes peut-être étendus plus que nous l'aurions dû», avait reconnu Akio Toyoda, le petit-fils du fondateur, appelé à la rescousse à la tête de l'entreprise en avril dernier.

Le malheur des uns, le bonheur de Hyundai-KIA …

qui pourrait profiter des problèmes de qualité chez Toyota. Hyundai a de nouveau montré hier qu'il faisait partie, avec Volkswagen et Ford, des groupes résistants dans la crise. Le premier constructeur sud-coréen a réalisé sur les trois derniers mois de 2009 un résultat net de 946 milliards de wons (584 millions d'euros), presque 4 fois équivalent à celui du troisième trimestre 2008. Pour enfoncer le clou, KIA est le premier constructeur au monde à annoncer une garantie de 7 ans sur ces modèles. Le groupe coréen, dont les ventes ont progressé en 2009, veut devenir le n° 3 mondial en 2012.Une étape avant de s’attaquer au leader japonais. À l’époque, le coréen commercialisait des voitures à des prix très «discount», mais dont tant la fiabilité que les lignes laissaient à désirer. Personne ne comprendrait cette plaisanterie aujourd’hui tant Hyundai-Kia fait peur aux plus grands constructeurs.

«Comment doubler la valeur d’une Hyundai ? C’est simple, il suffit de remplir à moitié le réservoir !» Cette blague d’un animateur de show télévisé américain faisait beaucoup rire dans les années 1990.

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Dans un marché du véhicule neuf où l’achat se professionnalise, la fiabilité, critère essentiel qui détermine une partie de la valeur de revente, va certainement devenir un argument important du choix. Pour autant, les choix d’utilisation de plate forme, de standardisation, incriminés dans les rappels de Toyota, ne vont sûrement pas disparaître tant ils sont à l’origine d’économies substantielles. Cette crise, comme les précédentes, sera sans doute l’origine de nouveaux modes de conception, de fabrication, de suivi qualité, que seule l’industrie automobile est capable d’inventer, et pour se rapprocher d'une certaine façon de celle du véhicule lourd.

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