Google Mobility : In the race to get you around cities with a smartphone and a credit-card

La voiture autonome, ce n'est pas pour demain. Trop compliqué, trop cher. Trop de problème juridique à régler. Et puis pourquoi faire ? L'automobile est déjà, en soi, un objet complexe, pourquoi vouloir augmenter encore le niveau de complexité (lire Qui est prêt pour augmenter le niveau de complexité ?) ? Pour quels bénéfices et surtout, pour qui ? Automatisée, oui, Autonome, non. Tel pourrait être le résumé de la bataille qui s'engage dès aujourd'hui. Un scénario fiction avait été rédigé en juillet 2011. Appelé Google Mobility Service, il est en train de se réaliser, dès aujourd'hui.

Pour Daimler, le lancement de sa classe S montre clairement la voie. L'automatisation du véhicule n'est pas une option. C'est un impératif compétitif. La classe S possède de nombreuses fonctions d'automatisation (lire Et si c'était déjà cybercar ?). Ces technologies vont progressivement équiper de plus en plus de véhicules par un mécanisme classique de réduction des coûts par des effets sur les volumes. Comme nous l'avons vu, ces techniques d'assistance vont participer à la création d'une nouvelle perception de l'automobile et du territoire (lire MétaNote 17 la révolution numérique et la fin de l'automobile). Progressivement, l'automatisation sera acceptée puis recherchée. Ne pas l'avoir sera impensable. Mais le passage de l'automatisation à la robotisation est bien un saut discret au sens mathématique. Pour le moment, aucun constructeur n'a d'intérêt à robotiser un véhicule. Le conducteur doit rester, pour garder la propriété de l'objet.

La robotisation change totalement les usages. Plusieurs articles décrivent les services possibles avec des robots mobiles (lire Nos systèmes de transport et la révolution numérique, le choc à venir, Tout va plus vite que prévu). Les voitures autonomes sont le prolongement théorique des services de mobilités actuels (lire l'iMaaS). La possession, au sens actuel, d'un tel robot n'aura aucun sens. Qui a intérêt à avoir des robots ? Potentiellement les citoyens, si le service rendu est supérieur; les collectivités, si les performances économiques, énergétiques et environnementales sont supérieures; et les opérateurs des cybercars car ils seront en contact avec les clients (lire le livre Driverless Cars par Chunka Mui)

Google et les services de mobilités

En un mois, Google a acheté Waze (lire Une innovation majeure dans le domaine des transports), commence déjà à l'afficher sur Google Map. Le crowdsourcing des mobilités existe et fonctionne. Que donnera-t-il quand les Google Glass produieront leurs datas ? (lire Les Google Glass, les Google Cars et l'Alliance). Puis Google a apporté un soutien financier à Uber par le biais de Google Venture à hauteur de 258 millions de $. Rappelons ici qu'Uber est un service de transport avec chauffeur. Enfin, un journal allemand révèle que Google mène des travaux avec IBM, Continental (un des principaux équipementiers au monde) et Magna (autre équipementier capable de concevoir également des véhicules). Est ce que Google a intérêt à concevoir une voiture automatisée ? Non, les constructeurs feront mieux. Autonome ? 

L’innovation principale ne viendra pas du robot mais du logiciel d’optimisation de la cohorte de robot sur un territoire étendu. Le robot roulant, hybride entre le transport public-privé-collectif-individuel, sera configurable en fonction des villes, des pays, des infrastructures, des besoins : 2 à 20 places, les clés de répartition (nombre de véhicule à 2 places, à 4 places…) seront-elles aussi fonction des pratiques de mobilité, apprises en permanence par les robots eux-mêmes qui remonteront toutes les données. Ce ne sera plus une automobile, ce sera une plateforme servicielle partagée couplant tous les modes de transports.

Google est simplement en train d'indexer le monde physique

Après avoir indexé le web pour permettre une recherche et le développement d'outils comme la traduction ou la publicité, Alexis Madrigal nous explique dans cet article que Google indexe le monde physique. En utilisant les véhicules Street view et les images qui sont générées, Google extrait les panneaux de signalisation, les informations pour les ré-intégrer dans les "cartes". Le monde physique va être "interpénétré" par l'information (Ajouter à cela les Google glass …). La complexité du monde est donc stocké, répertorié pour être géré par une prochaine génération de robot. La place centrale occupée par les cartes est actuellement révélée par les combats que se livrent les géants numériques : Apple, Google et Amazon.

En parallèle, Google accède également aux usages réels des objets (ce qu'aucun constructeur n'est capable de faire à grande échelle aujourd'hui). Utilisant les millions de smartphone équipé de système Android, et Waze, les flux sont appris, les trafics deviennent prédictifs, comme le montre aussi cet exemple pour des vélos.

La stratégie "indexation du monde physique" se structure en 3 étapes :

  1. Connaissance du contexte, de l'environnement, des territoires : Google map, Street view, Google glass, Waze
  2. Connaissance des usages réels, des clients : Google trafic, Google glass
  3. Mise en forme des besoins pour développer des robots : Google car

La 3ème étape peut alors se déployer en s'appuyant sur une connaissance des réseaux routiers, des infrastructures et des usages réels. Les services de mobilité réalisés avec ces objets roulants sont le prolongement des services de covoiturage, autopartage, libre service actuels. Mais la connaissance étendue des besoins et des territoires permettra d'optimiser massivement ces flux, de mieux gérer les ressources rares (énergies, matières et infrastructures).

Les cybercars pourront à leur tour produire de nouvelles données permettant de mettre à jour les connaissances sur les territoires et les usages. Une courbe d'apprentissage placera alors ces acteurs industriels dans une situation inédite. Et si Google développait les cybercars pour indexer le monde, la réserve de mobilité créée étant un co-produit ?

"In the race to get you around cities with only a smartphone and a saved credit-card number, the major players now have all the fuel they need — with one having the most."

 

 

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