Un véhicule "propre", c'est quoi exactement ?

Hybride en série, en parallèle, pile à combustible, biocarburants, électrique, … les voies ne manquent pas mais feront-elles pour autant réduire notre impact sur l'environnement ? lesquelles privilégier ? à quelles échéances ?

Alors que le marketing l'emporte aujourd'hui sur la performance réelle, c'est bien cette dernière qu'il faudra définir et au plus vite pour concentrer nos moyens sur l'essentiel. Ainsi, par exemple, le mot "hybride" sur un véhicule de plus de 200 chevaux sur la marque de Luxe d'un constructeur Japonais lui permet sans repproche d'afficher son action prétendue écologique…

Qu'est ce donc un véhicule "propre" ou plus exactement quelles sont les critères à considérer pour progresser vers le véhicule réduisant au maximum notre empreinte ? les émissions de CO2 du puits à la roue – i.e. en intégrant la production du carburant (aujourd'hui facilement comparable grâce à l'étiquette pour les véhicules, mais pour les carburants il n'existe aucun chiffre officiel pour toutes les filières – biocarburants, hydrogène notamment), les émissions de polluants (quantifiables par les normes Euro pour les polluants réglementés), le bruit (mal représenté par la norme actuelle), sa surface au sol (traduisant son encombrement en milieu urbain), sa recyclabilité (notamment pour les batteries).

L'identification des critères, perfectible, est cependant relativement aisée. C'est l'aggrégation qui présente le plus de problème, comment ajouter des choux et des carottes ? du CO2, des NOx, des dB et des m² ?

C'est sur ce point que la communauté scientifique doit travailler au niveau européen pour définir cette performance, seule condition pour asseoir une fiscalité source de progrès, des programmes de R&D avec des objectifs clairs … La Commission Européenne travaille ce sujet et a réalisé une Directive "Véhicule propre et économe". Elle utilise une méthode qui consiste à internaliser les coûts externes, pendant toute la durée de vie du véhicule faisant l'objet du marché. Les critères d'attribution utilisés sont, outre le prix d'investissement du véhicule, les coûts liés à son énergie, aux émissions de GES et de polluants. Cette méthode couplant économie et environnement présente de nombreux avantages :

  • elle est "technology neutral", c'est à dire non basée sur une technologie donnée mais uniquement sur les émissions réelles. Ceci permet également de faire progresser toutes les filières puisqu'aucune n'est garantie de rester "meilleure",
  • elle permet de "transformer" en valeur économique les externalités et de les agréger simplement,
  • il sera possible d'inclure de nouveaux paramètres comme des notions d'indépendance énergétique, de bruit ou de recyclage.

Il faut également signaler que l'ADEME, via le projet STARBUS, participe au développement d'outil méthodologique pour appliquer cette directive. L'outil STARBUS permet de quantifier simplement les émissions réelles des véhicules en utilisation mais également des nouveaux véhicules envisagés à partir d'une puissante base de données d'émissions polluantes. Des représentations spatiales sont également possibles de ces émissions, par exemple ci dessous, des émissions de NOx d'un bus Diesel :

 

 

Busnox

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ainsi, sur cette base, certains véhicules sans rupture technologique de type pile à combustible ou hybridation apparaîtront, comme étant "propre". La société Loremo présente ainsi un véhicule à moteur Diesel consommant 1,5 litre/100 km en travaillant le poste principal de gain : la masse ! Comment ? en révolutionnant la conception du véhicule tout en conservant la sécurité : accès au véhicule sans porte latérale, bandeau d'acier pour assurer la rigidité, … résultat 450 kg, donc besoin de 20 litres de carburant, moteur bicylindre Diesel classique.

Loremo

Les constructeurs européens devront participer activement à ces travaux pour définir un véhicule "propre", remettre en question leur modèle économique pour proposer rapidement des véhicules réduisant au maximum notre impact sur la planète. Rappelons pour finir que le transport individuel restera malgré tout, le mode le moins efficace loin derrière les transports en commun qui eux aussi vont progresser fortement en matière d'efficacité énergétique …

Rétroliens

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