Réinventons les organisations

La structure d'un collectif détermine fortement sa performance, son adaptabilité, sa capacité à innover. Les différences entre un groupe industriel et une startup (qui réussit) viennent notamment des choix d'organisation, des processus de décision qui conditionnent l'activité au quotidien. Quelles seraient les performances pour des groupes industriels qui s'organiseraient de façon radicalement différente ? Au delà, que donnerait un écosystème industriel dans lequel tous les acteurs fonctionneraient de façon décentralisés tout en étant intimement connectés ?

12 organisations le font déjà. Elles sont réelles. Elles opèrent dans le monde physique. Celui des composants automobiles (FAVI), celui des soins, celui de l'éducation, celui de la production d'énergie (AES). Elles impliquent entre 100 et 40 000 personnes. Ces organisations ne se connaissaient pas, n'ont pas échangé, pourtant elles ont mis en oeuvre les mêmes solutions opérationnelles.

Que ce soit pour soigner des personnes, produire de l'électricité, du jus de tomate, des composants automobile ou éduquer des enfants, elles fonctionnent par équipe de moins de 20 personnes (ce n'est pas un hasard), elles s'auto-organisent pour toutes les décisions totalement décentralisées (même pour les achats, l'embauche) en utilisant le principe d'Advice Process. Elles n'ont plus d'organigramme, de fiche de poste, ni de structure hiérarchique, elles n'ont plus de suivi qualité, ni d'indicateurs pour qualifier la production. Les principes de bases déterminent tout le reste, le design de l'organisation met structurellement toutes les personnes en "encapacitation". Les conséquences de ce point de départ se diffusent dans le fonctionnement, dans toutes les façons de faire et d'être. Frédéric LALOUX a étudié ces organisations dans son livre Reinventing Organizations (et mes notes).

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Accélérer, c'est bien. Mais pour aller où ?

S'intéresser à l'innovation dans le domaine des transports amène forcément aux start-ups. Force est de constater que certaines ont réussi à modifier des usages (que l'on croit long à changer, lire l'article Changer, Enfin), à bouleverser des acteurs historiques (que l'on croit stable), à prendre des positions sur des niches en se liant fortement avec leurs "usagers". Qui dit start-up, dit accélérateur : "dispositif permettant de faire plus vite, c'est à dire de trouver son modèle d'affaire, son marché et ses financements, plus vite".

Venus des USA, avec Y combinator notamment, les accélérateurs se sont développés en France à la fois via des structures publics et des structures privés (lire cet article sur les différents accélérateurs à Paris). Ces structures apportent notamment des réseaux pour lever des fonds, des connaissances et compétences dans les domaines de l'entrepreneuriat à l'ère du numérique. Elles sont essentielles, mais sont-elles suffisantes ?

 

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Ce que je crois savoir

Il faut bien une première fois.

Et bien ce sera le premier article dans lequel l'auteur de ce blog utilisera le "je". Simplement, pour partager des sensations plus des visions. Il existe plein des scénarios du futur, chacun peut choisir le sien, celui qui lui fait le moins mal, celui dans lequel il se voit le plus facilement. Je ne donnerai donc pas de scénario du futur. Dans cet article, je dirai donc ce que je crois savoir.

La prospective m'intéresse par sa capacité à nous obliger à disséquer le présent pour mieux l'oublier. Je ne sais pas comment nous nous déplacerons dans le futur, mais je sais que les mots et les concepts que nous avons lentement forgés sont en train de devenir inutiles, pire ils freinent. Heureusement pas tout le monde, certains artisans modèlent de nouvelles façons de faire, de penser, de réfléchir ensemble. Les frontières comme le transport public collectif et le transport individuel privé, et même l'achat, la location de véhicule ou l'achat de mobilité ne découpent déjà plus des domaines d'actions. Penser le futur, c'est d'abord proposer de nouveaux concepts pour discuter ensemble des glissements qui s'opèrent aujourd'hui, pour s'affranchir des silos construits par le temps et les filières industrielles (voir Georges Amar).

"je ne dis pas que ces transformations radicales vont se réaliser, je dis que pour la première fois, nous pouvons vouloir qu'elles se réalisent" A.Gorz

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Puis viendront de nouveaux industriels

L'industrie automobile rassemble d'innombrables talents et compétences étendues, distribuées dans de vastes organisations hiérarchisées, ordonnées, verticalisées. Des constructeurs puis des équipementiers de rang 1 à N et des ressources intellectuelles dans des laboratoires et des cabinets mondiaux d'ingénierie composent cette filière. Quand le contexte est stable et prévisible, cette organisation conçoit et produit en même temps des composants, des véhicules et des processus permettant de faire "plus vite, plus loin, plus distribué, moins cher". Ces processus se composent de méthodes de validation, conception, production mais également d'organisation. Ils représentent l'histoire en capitalisant les erreurs/réussites du passé pour ne pas les oublier.

Dans des environnements instables et non prévisibles, dans des contextes où de nouveaux acteurs arrivent et produisent de nouvelles expériences de mobilités, ces processus figent au lieu de faciliter car ils portent en eux les modes de pensées du passé. Aujourd'hui et demain, qui possède les compétences pour faire émerger les besoins réels, non exprimés des citoyens, ceux qui obligeraient à modifier totalement les processus existants ? Qui possède les compétences pour rédiger le cahier des charges fonctionnel des services de mobilités, des véhicules serviciels permettant de réaliser ces services ?

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MétaNote 21, Vers l’hypercitoyen, acteur heureux à l’ère des plateformes numériques

Les décisions politiques américaines du GPS civil et de l'internet ont fait émerger des géants. Rien n'était planifiable, prévisible. Aucun état stratège ne pouvait penser Facebook, Amazon, Google ou Apple. Les GAFA sont des purs produits de l'innovation. Ces jeunes plateformes mettent en œuvre de nouveaux mécanismes pour se relier à leurs « clients », la multitude. Elles inventent en même temps les produits, les services, les contenus et les outils de reliance. Toutes différentes sur leurs marchés, elles se rejoignent sur un point majeur : l'industrialisation de la production et de l'utilisation de métabases de données sur nos usages, nos comportements numériques, nos pratiques – notamment de mobilité, de soins, d'achat – et nos contacts, nos réseaux.

Plus vous utilisez une plateforme pour bénéficier de ces services, plus elle apprend de vous, plus elle évolue pour répondre à vos besoins identifiés ou suscités ou itérés. Chacun dans son domaine, les nouveaux marchands de l'économie collaborative s'appuient également sur des outils numériques similaires. Ils mettent en relation l'offre et la demande grâce à un design soigné intégral (inscription, mise en relation, paiement, notation, …). Se faisant, le « client » fournit des données le concernant, permettant en même temps d'améliorer son expérience et d'alimenter une métabase de données. Finalement, malgré l’actualité, il n’y aurait donc aucun nouveau modèle d’affaire. L'utilisateur reste un « client » qui n'a pas tous les éléments, toute la vision, toutes les informations.

 

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4H Défense

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Tout est . Il faudrait que ce véhicule soit open source, comme OSVehicle… Une future brique de base pour innover dans les systèmes de mobilité … En l'ouvrant, cela pourrait devenir une plate-forme d'innovation pour une large communauté d'acteurs de la mobilité à la logistique (lire l'article sur l'open source et les brevets).

Brevets, Open source et innovations

Elon Musk vient de décider de donner accès aux brevets déposés par Tesla (lire le blog de Tesla). Les raisons évoquées questionnent intégralement les processus d'innovation en oeuvre.

"Si une entreprise dépend de ses brevets, c'est qu'elle n'innove pas ou alors qu'elle n'innove pas assez rapidement". "Le leadership technologique n'est pas défini par les brevets, l'histoire a montré à plusieurs reprises qu'ils ne représentaient qu'une faible protection face à rival déterminé, poursuit M. Musk. Il est plutôt défini par la capacité d'une entreprise à attirer et à motiver les ingénieurs les plus talentueux". Et donc dans la capacité d'innover sans cesse. "Vous voulez innover tellement vite que vos précédents brevets deviennent caducs", assure M. Musk.

L'attractivité des talents, la rapidité d'éxecution et l'Open Source deviennent les éléments clés permettant d'innover au plus près de la multitude (lire l'article sur ce sujet) dans un monde catalysé par le numérique (lire l'article sur le numérique devenu LA technique dominante).

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Cette approche questionne les dispositifs de soutien financier à l'innovation, les clusters qui ont été élaborés, mais également les méthodes de collaboration, les modèles d'affaires et la relation avec la multitude. 

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Créer et entreprendre dans le chaos, vers la ville fractale

Futur en Seine, festival numérique majeur, rassemble les dynamiques créatrices. Les ambitions sont grandes : "Changer de manière de voir et de « faire les choses », agir et partager, c’est ce que nous vous proposons pour la 5e édition de Futur en Seine, le festival mondial du numérique. Cause ou conséquence, les crises multiples que nous subissons et les manières dont le « numérique » modifie ce que nous connaissons nécessitent une remise en question « historique » de nos productions, de nos modèles et de nos organisations issues du XXe siècle. Le numérique est autant une révolution culturelle et sociale qu’une nouvelle révolution industrielle et économique. L’esprit du numérique modifie en profondeur tous les secteurs de la société et redéfinit les façons dont nous devons « fabriquer les choses »".

Dans ce cadre, mon intervention à la conférence Made In the CityLa ville numérique promet beaucoup. Sa création dépend moins des urbanistes ou des industriels que d’un changement de regard sur les manières dont on imagine, conçoit et produit la ville. Alors comment imaginer, révéler ou bâtir une ville vivante, sociale, imprévue, culturelle, mobile, immobile, hospitalière et inclusive avec et grâce au numérique ?

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[Fiction N°5] En 2050, nous serons heureux.

"Vas-y, rajoute une bûche" demande Amandine. Le poële à bois hydraulique s'anime une fois par semaine pour chauffer les 2000 litres des ballons de stockage et fournir chaleur, eau chaude et quelques watts d'électricité pour les serveurs domestiques.

Ce mois de décembre 2050 est particulièrement froid, nous avions réussi à faire mentir les prévisions du GIEC. Nés en 2013, Amandine et Mathieu prennent quelques instants et regardent avec une certaine nostalgie les écrans et les hologrammes de leurs archives numériques récemment stockées sur le serveur domestique local. Cette victoire n'était pas gagnée d'avance, songe Mathieu. Dire que c'était son sujet de thèse de Philosophie en 2033 : "L'accès et la gestion de ses données personnelles peut-elle modifier la structure des collectifs humains ?". Pourtant, la P2P virtual Assembly, dont la P2P foundation avait jeté les bases, avait réussi à faire plier tous les géants marchands du web, les données personnelles ont bien été répliquées sur des serveurs domestiques, locaux, communautaires ou municipaux. Les données reviennent à ceux qui les produisent, permettant de construire une multitude de services citoyens, et surtout de pouvoir développer des algorithmes en autonomie. Ce sujet philosophique et juridique le passionnait. Pour Amandine, cela allait avoir aussi des conséquences énormes, elle le ressentait et en était persuadée.

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Intelligence Collective dans nos comportements, nos organisations – Forum des Innovations @ademe

Plusieurs articles ont abordé l'importance d'analyser nos modes de fonctionnement collectifs, notre "intelligence collective" (lire l'article Transports & Mobilités, quelles sont les richesses dont il faut maximiser l'usage).

Jean-François NOUBEL est chercheur et fondateur du CIRI (Collective Intelligence Research Institut). Nous avions eu un entretien pour aborder plusieurs notions, dont celle l'holoptisme (écouter l'entretien avec Jean-François Noubel). Merci jean-françois !


Table ronde n°3 – Introduction – Intelligence… par ADEME