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BlablaCar arrive dans le covoiturage quotidien avec BlablaLines

Nos routes se sont croisées avec Frédéric Mazzella en 2010 pour travailler sur les CEE. BlablaCar n’avait alors qu’une salariée : Laure. Elle distribuait des autocollants à tout le monde et faisait la promotion du covoiturage avec une grande énergie. 500 personnes aujourd’hui développent BlablaCar à travers le monde. En 7 ans, le secteur de la mobilité a bien changé. Uber, Lyft, Didi, Waze se sont aussi déployés, avec des approches spécifiques. Tous explorent maintenant la même frontière : plusieurs offres de siège libre en temps réel pour offrir des mobilités quotidiennes concurrentes de la voiture possédée. Le service BlablaCar est donc désormais complété par BlablaLines pour covoiturer au quotidien !

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L’histoire ne se répète pas, mais parfois elle rime

Les PF (GAFA, NATU, BATX) ont atteint des tailles et des capacités d’investissement identiques aux constructeurs. Le hardware voit son coût s’effondrer et le software voit son pouvoir croitre. Une conjonction de trois dynamiques est à l’oeuvre.

  1. Le pouvoir des PF se renforce avec l’IA, et ce sont les les flux d’activités de la multitude sur les PF qui construisent les IA. Les mécanismes d’auto-apprentissage se mettent en place, refermant d’ici peu toutes opportunités pour concurrencer les IA/PF en place. La maîtrise de l’IA est consubstantielle de la conduite robotisée. Plus le pouvoir des IA/PF se renforce, plus les liens avec la multitude se renforcent également et se diversifient.
  2. Le véhicule électrique devient progressivement une évidence par l’abaissement du prix des batteries et leurs performances. Plus l’électrification progresse plus le véhicule débarrassé de son moteur et transmission peut devenir une commodité (et un haut de gamme à l’autre extrémité des possibles). Plus il devient une commodité, plus cela ouvre des possibilités pour le véhicule serviciel. Plus le véhicule électrique devient une commodité, plus les liens entre le fabricant de l’objet physique et la multitude se réduisent et s’appauvrissent.
  3. La demande de mobilité (pas de véhicule) est un sujet totalement différent que la vente de voiture. La vente d’un objet au kg (1 fois tous les 8 ans pour des catégories CSP+ avec 1 million par an en France pour les particuliers) n’a aucun lien avec la vente d’une expérience de trajet plusieurs fois par jour pour tous (175 millions de déplacement par jour en France). Les IA/PF sont particulièrement bien placées pour connaître (via les traces des smartphone), apprendre et prévoir les pratiques individuelles. Et donc conseiller les collectivités tout en poursuivant le développement de la relation avec la multitude. Parmis les acteurs en position, le classement suivant décrit la qualité du lien avec la multitude concernant la mobilité quotidienne : IA/PF > Collectivité – Opérateurs TC >> constructeurs.

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L’âge des écosystèmes conscients

Constatons un certain nombre de chose. Allégeons-nous de réflexes et d’automatismes. Le temps presse. 2020 c’est demain et 2030 n’est pas loin. Dans un monde profondément VICA, l’allocation de la ressource principale, le temps, est à revoir.

Il est très improbable qu’un dispositif d’incubation et d’accélération transforme un groupe industriel pour lui permettre de devenir agile ou de mettre en œuvre une innovation radicale. De même, la probabilité que votre startup (ou celles que vous incubez) ne refasse Uber ou un équivalent est quasi nulle (et si, par bonheur/malheur, cela arrive que faites-vous ?). Pour autant, le nombre de challenge ne cesse de croitre et rien n’est plus important que d’accompagner tous les acteurs volontaires.

Individuellement, plus aucun acteur n’est capable de penser et d’agir seul dans la complexité pour délivrer sur le marché une solution. Jamais le besoin ressenti de collaboration et de coopétition n’a été aussi grand. Mais les réflexes de repli et les automatismes de fermeture sont tenaces. Ils sont partout, engrammés dans nos comportements collectifs et individuels : nos réunions tous assis autour d’une table, nos prises de parole sans vraiment écouter l’autre, nos processus de décision verrouillés et descendants notamment pour gérer notre temps et nos ressources. Tout cela est daté, d’un temps où l’environnement était stable et prévisible. Nous ne pouvons voir ces limites uniquement après avoir pris suffisamment de recul et être sorti du bocal. Imaginer que toute votre vie, depuis votre naissance, vous respiriez à travers une paille, ou portiez une pierre sur votre dos. Le corps, votre respiration, vos gestes et votre vie se seraient organisés avec ces contraintes. Vivre sans serait inconcevable puisque ça a toujours été.

Et paradoxalement, une petite équipe organisée et déterminée peut faire basculer un secteur industriel. Est-ce le hasard ou fonctionne-t-elle différemment ? Nous proposons de tirer parti des opportunités et d’apporter quelques nouvelles ressources sur un nouvel acteur : l’écosystème. En nourrissant l’écosystème de nouvelles richesses, les acteurs qui y seront le mieux connectés peuvent en tirer bénéfice et certains bénéfices enrichiront à leur tour l’écosystème. Ce flux de richesse est complémentaire aux approches traditionnelles en mode consortium fermé ou en mode filière. Il va par contre agir différemment sur l’acteur qui l’investit et nécessite, pour le faire, une vision très différente.

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Calèche > Automobile > ?

C’est peut-être le moment pour se (re)poser quelques questions autour de l’automobile : Qu’est ce qu’une automobile ? Qui peut produire une automobile ? Pour qui ? Comment ? et Où ?

C.Ghosn (Janvier 2016) « I don’t think it is going to be this cold & unpersonalized space that everybody shares. It may be a very important objective for Uber, because it is their model… Why am I going to change the way I develop my cars for something that is not the main objective? »

C.Ghosn (Nov 2016) « Nous allons vers un futur où l’utilisation des autos sera plus flexible, sociale et partagée … Nous allons assembler des briques technologiques mais nous ne pouvons pas faire toutes les briques tout seul. Nous allons acheter des compétences »

Et si tout était à repenser ? (re-lire la MétaNote 14 L’avenir de l’automobile). L’automobile n’est pas née d’une évolution du cheval ou de la calèche. Elle est née de multitude de rupture et de création ex-nihilo.

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Google ne s’intéresse pas à l’automobile. Vous n’avez rien à craindre.

Il y aura toujours besoin des constructeurs pour fabriquer des voitures. Tout le monde sait que c’est compliqué, très technique et complexe. Les GAFA resteraient donc aux portes de l’automobile, peut être autorisés à venir sur le tableau de bord. Tout le monde sait aussi que la construction automobile n’est pas un bon moyen de gagner de l’argent, les pièces détachées et services financiers sont largement plus profitables. Donc aucun des GAFA n’a intérêt à plier de la tôle et produire des moteurs (électriques). En restant centré sur le même objet, en utilisant les mêmes mots comme « voiture autonome », nous perdons le fil d’un changement plus large qui est déjà en train d’opérer.

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Le temps passé à téléphoner devient négligeable et pourtant nous continuons à appeler cet objet « un téléphone, un smartphone ». Cet objet et l’écosystème industriel autour de lui n’a absolument rien en commun avec la téléphonie seule, d’autant plus quand cela est analysé sous l’angle de la valeur.

De même Google ne s’intéresse pas à l’automobile, ni même à la robotisation de l’automobile. Google poursuit son travail : l’enveloppement de la multitude par des services en évolution permanente focalisé sur la résolution de vos problèmes et questions, au quotidien. Il s’agit de conserver cette relation proche et très spécifique qu’ont les GAFA avec chacun d’entre nous. Cette relation est radicalement nouvelle d’un point de vue industriel car elle transcende la notion de marque telle que nous la connaissions.

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Après Pokemon Go

Le phénomène Pokemon Go étonne par son ampleur et ses caractéristiques. Or ce n’est qu’une émergence visible de phénomènes et de développement en cours depuis des années. Comme nous l’explique très bien Philippe Gargov, Pokemon Go nous permet de comprendre la ville numérique, telle qu’elle est, ou plutôt telle qu’elle était avant même que Pokemon Go n’existe. En effet, devant une apparence de jeu sympa pour enfant, il y a une aventure industrielle qui remonte à plusieurs années. En résumé, détenir le record de téléchargement (des millions de personnes par jour), le record de temps passé (des dizaines de minutes par jour), ne doit rien au hasard.

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[balise N°2] Les Transports du Futur

Une 1ère balise posait un constat sur les acteurs en présence, les défis à relever et une piste étroite à explorer. En à peine une année, les oscillations de l’éco-système se sont amplifiées. Les dispositifs régulateurs ne suffisent plus pour retrouver une situation stable, historique, pour revenir “avant”. Ni les normes, ni les règles en place, ni les fédérations ne permettent d’amortir et de réguler. C’est même l’inverse, à chaque grève, les téléchargements augmentent. Les GAFA et NATU sont maintenant connectés à la multitude et proposent des solutions de mobilités opérationnelles. Ils ne cherchent pas à concurrencer les acteurs historiques, ils souhaitent simplement être au centre de l’attention de la multitude. Pour l’enrober en permanence, pour être sûr de rester en contact avec elle. Intégralement. Et les dommages collatéraux n’ont pas encore eu lieu.

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MétaNote TdF N°24 – L’avenir du voyage

Le voyage est avant tout une expérience, intégrale, de tous nos sens. A la recherche du « beau ». Une expérience est avant tout un stimulus. La marche stimule notre cerveau et certains indiquent que « seules les pensées que l’on a en marchant valent quelque chose ». La carte et le guide ont été à l’origine du voyage, la numérisation modifie-t-elle ce paysage ? Quels sont les nouveaux acteurs et comment agissent-ils ? Quelles sont les couleurs primaires d’un voyage ?

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En finir avec la technique [2/2]

[Suite d’un premier article]

Pourtant Laetitia Vitaud nous dit que le salariat ne va pas disparaitre. L.Vitaud parle d’une nouvelle forme de salariat, permettant de maintenir ces compétences, d’être protégé au niveau de son logement et sa protection sociale pour pouvoir entreprendre. Rappelant que “dans certains cas, le salariat est au contraire préférable pour une firme : plus besoin, par exemple, de recruter et de former chaque jour un travailleur journalier pour s’acquitter des différentes tâches dans l’entreprise. Un lien contractuel avec les travailleurs permet aussi d’éviter de négocier constamment leur rémunération”. Le salariat n’a donc jamais été aussi important et souhaité. Mais quel salariat ? Le salariat est déjà en train de se transformer : salariat en entreprise & travail indépendant, auto-entrepreneurs & salariés, entrepreneur & chômage.

Et L.Vitaud de rajouter un point essentiel sur cette transformation : “En revanche, l’intégration dans l’institution salariale des composantes hétérogènes que sont les revenus, la protection sociale et le statut social, longtemps garantie par les grandes entreprises, est en voie d’affaiblissement. C’est bien le “dégroupage” des composantes du travail salarié qui est à l’oeuvre aujourd’hui. Et la raison de cette désintégration du salariat est l’affaiblissement des grandes entreprises fordistes […] On assiste à la création d’institutions inédites visant à sécuriser leur situation et recréer pour les freelancers la sécurité économique qui a fait l’attractivité et la puissance du salariat”. Comme souvent nous manquons de mot et de recul sur notre propre regard pour décrire plus finement les transformations en cours. Le travail se transforme donc, il est en transition. Seul le mot reste, et nos imaginaires …

« We can’t see our culture very well, because we see with it« , William Gibson

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En finir avec la technique [1/2]

Damned. Nous avons perdu la bataille de l’innovation technologique. La valley aspire à elle les capitaux, les esprits. Elle permet de lancer des défis d’un ou plusieurs ordres de grandeurs supérieurs à ceux portés en Europe : navette spatiale, voiture électrique, Green énergie, Smart City, exploration de Mars, Intelligence Artificielle dans tous les objets, et même Immortalité. Nous sommes donc condamnés à penser autrement le progrès. Il n’est même plus nécessaire de rappeler que chaque technique amène avec elle son pharmacone, à la fois drogue et remède du mal qu’elle est censée résoudre.

D’autres formes d’innovations sont à l’oeuvre aujourd’hui, moins visibles, plus complexes, plus lentes. L’Europe et le France n’ont d’autres voies de les rendre possible à travers de nouveaux projets, de cultiver autrement le goût du risque. La technique sera toujours présente, simplement remise à sa place. Les innovations dites sociales se caractérisent par une grande “fragilité”, si vous voulez qu’elle arrive ou se développe, elle disparait. C’est d’une permaculture de nos talents, de la création d’un terreau dont nous avons besoin pour rendre cela possible. Et cela passe par un questionnement profond du travail, de l’emploi, du temps libre, de son temps à soi et des visions partagées de mythes collectifs.

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