Les données Transports, levier de nos créations

Le rapport sur l'Ouverture des données Transports présidé par Francis Jutand était remis hier au Ministre des Transports, M.Vidalies. Le rapport est disponible par ce lien, et la soirée suivie par @15marches via ce storify. L'ouverture des données était au rendez vous !

Les échanges soulignent le rôle central de la donnée à la fois d'un point de vue technique, pour faire système, d'un point de vue des usages, pour simplifier la mobilité, mais également d'un point de vue des positions, chacun voulant garder le lien avec l'usager. Ce sujet est régulièrement abordé sur ce blog (Données et Automobile, MétaNote 7, Données et Assurances). Par exemple, pour gagner la bataille du contact, du premier clic ou de l'interface principale, Google noue des partenariats et enrichit l'application centrale Google Now.

Lors de la présentation du rapport, ces tensions ont été perceptibles, quelques fois exprimées. Elles vont s'amplifier et se déformer car nous ne sommes qu'au début des mutations.

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Helsinki souhaite devenir la plateforme européenne des services de Mobilités

Pour Sonja Heikkila, invitée à la conférence de lancement de la Fabrique des Mobilités : “Let us merge underground, bus, train, tram, taxi, ride sharing, and city bike services into one application in a smart phone. Then let companies compete on who provides the total service to users fastest or cheapest.”. Et elle indique l'objectif d'un Get anymwhere Mobility Package for 300 €/month (Présentation ci dessous).

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La Finlande, en commençant par Helsinki, souhaite devenir la première plateforme d'innovation ouverte pour réaliser l'offre intégrée parfaite "Mobility as a Service". Cette initiative est menée conjointement avec le Ministère des Transports et des Telecoms et TEKES.

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La dé-possession automobile devient un business

Le numérique tisse des liens privilégiés avec les usagers des transports, les citoyens, les automobilistes. D'après le rapport Gafanomics, Facebook a mis 10 ans pour capter 16% de notre temps. La palette de services de mobilité s'améliore tous les jours, soit par de nouveaux services, soit par des améliorations, abaissant les barrières à l'expérimentation. Il devient chaque jour plus facile d'essayer. Ce point est essentiel dans la conduite du changement : pas de friction pour essayer, pour revenir en arrière, puis y revenir (lire l'article Changer. Enfin).

Plusieurs facteurs se combinent :

  • au quotidien, l'expérience de mobilité en voiture ou en TC reste mauvaise,
  • la multitude de niche, de solution de mobilité alternative se développe,
  • les territoires y voient là une opportunité pour palier aux difficultés économiques des transports collectifs,
  • des aggrégateurs se préparent à rassembler et organiser cette multitude. Il s'agit de devenir la première plateforme d'accès, l'application centrale, capter le premier clic. Ceci conduit Google Now à nouer des partenariats avec des applications tierces. La promesse est claire, Google Now vous poussera la bonne info contextualisée, personnalisée au bon moment.

Maintenant des acteurs organisés, puissants et déterminés ont intérêt à changer les pratiques de mobilités. En étant connectés, reliés aux utilisateurs (bien mieux que les acteurs historiques), ils acquièrent de nouvelles connaissances à la fois sur les pratiques de mobilités mais également sur les processus de changement de pratiques. Ils nouent de nouveaux partenariats avec les territoires à la fois au niveau des connaissances (comme Waze à Rio), mais également dans la mise en oeuvre de solutions de mobilité à bas coûts.

La voiture utilisée en commun devient progressivement le transport collectif des villes sous tension. Et en même temps, la dé-possession automobile devient un business.

Ce rapport Innovative Transportation Index dresse un bilan dans 70 villes aux USA sur l'offre existante en matière d'alternative à la voiture possédée.

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(Quand et où) La révolution numérique aura-t-elle lieu dans l’automobile ?

L'article de Bernard Jullien du GERPISA "Quelques solides raisons de penser que la révolution digitale n'aura pas lieu dans l'automobile" fait donc le pari que l'automobile sortira indemne de la révolution numérique, que cette filière industrielle restera intacte et qu'elle l'intégrera comme les précédents assauts "sans renoncer à ses caractéristiques fondamentales". Cette question est centrale : Est ce que la révolution (ou plutôt transition) numérique va changer les fondamentaux de l'industrie automobile ? C'est à dire l'arrivée de nouveaux acteurs majeurs, son positionnement dans la chaîne de valeur, son contact et sa connaissance des clients, son modèle d'usage basé sur la propriété et la possession.

Effectivement le produit automobile est solide, et les industries qui le réalisent déploient de nombreux talents techniques et organisationnels. La MétaNote sur l'avenir de l'automobile rappelait tout cela. Et donc, vouloir industrialiser un nouvel objet roulant ou un nouveau groupe moto-propulseur en ignorant ces fondamentaux est risqué. D'autant que les industriels historiques n'y ont aucun intérêt. Pour réussir, il faut faire mieux, nettement mieux. Et effectivement, très peu de nouveaux entrants y arrivent. Citons Tesla par exemple, nous y reviendrons.

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MétaNote 22, L’avenir de l’assurance (auto)mobile

Autorité, étymologiquement "savoir augmenté". Depuis son origine, les assureurs gèrent des "informations" précises, contextualisées pour comprendre les risques, garantir et finalement permettre de nouvelles activités. Par la connaissance des pratiques et des risques, ils augmentent le savoir dans de nombreuses activités. Ce faisant, ils acquièrent une Autorité.

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L’assurance maritime – introduite à Londres au XVIIème siècle par les Lombards en marge de leur activité financières – les Lloyd’s ont été les premiers à l’organiser à grande échelle. En 1688, Edward Lloyd ouvre un café en plein cœur du quartier des affaires de la City, et s’efforce d’attirer la clientèle des marchands en leur fournissant des informations sur les déplacements des bateaux de sa majesté, Elisabeth I. Initialement affichées dans son café, ces nouvelles seront publiées dans un quotidien, Lloyd’s list, qui existe encore aujourd’hui : position et destination de tous les navires marchands du monde !

Le café devient le lieu où les marchands s’assurent les uns les autres, puis se crée un marché régulier, puis des bailleurs de fond. Les primes pouvaient atteindre jusqu’à 5 à 20% de la valeur de la cargaison. Lire la suite … Du café des Lloyd’s aux GPS/GPRS, les assureurs permettent de nouveaux usages

Les assureurs ont toujours, par l’accès à l’information et la compréhension des risques, permis le développement de nouvelles activités, engendrant de nouveaux comportements. Coyote, boitier Pair à Pair créateur d'informations participatif, arrive dans l'assurance avec Allianz, valorisant ainsi sa plateforme. De nombreux assureurs proposent des solutions "Pay As You Drive" (lire cet article MétaNote 3 – La surveillance Reloaded) soit par des boitiers, soit par des applications sur Smartphone, étendant leur métier avec des outils numériques. Plus récemment, Google propose un comparateur d'assurance pour l'automobile tout en étant déjà capable de vendre des assurances dans 26 états. Et si, encore une fois, l'assurance évoluait et permettait de nouveaux usages de l'automobile ? de nouvelles mobilités ? de nouvelles connaissances sur nos pratiques ?

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Par le troc de données, et si on inventait aujourd'hui de nouveaux contrats ?

En modifiant le couple support/message, Michel Serres nous décrit comment le numérique, comme les précédents, bouleverse le droit établi.

Quand le numérique outille les dynamiques sociales issues de l’économie collaborative, émergent de nouveaux flux de richesses (lire Dans vos projets et organisations, quelles sont les vraies richesses ?). Plusieurs exemples existent maintenant. Ce ne sont plus des signaux faibles. Hier des start-ups proposaient des services, des informations aux citoyens pour résoudre un problème : Waze pour mieux circuler en voiture grâce à l’information temps réel des « autres » dont l’utilisateur fait partie, Moov’it pour mieux circuler dans les transports en communs, Strava pour être visible dans la communauté des cyclistes et rendre visible cette communauté, Uber pour trouver un véhicule avec chauffeur, etc … Aujourd’hui ces start-ups ne le sont plus.

Elles sont en passe de trouver un ou plusieurs modèles d’affaires, s’appuyant sur les données qu’elles génèrent pour proposer simultanément le produit/service de base et de nouvelles richesses à d'autres acteurs. Bientôt, ces sociétés auront plus d'informations que les pouvoirs publics sur les pratiques quotidiennes des citoyens. Et si s'inventaient aujourd'hui de nouveaux contrats ?

 

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Vincent Musk et Elon Bolloré, et vice versa

V.Bolloré et E.Musk, Bluecar et Tesla Motor, Usines de Batterie LMP et GigaFactory, Bluezone et SolarCity , Réseau Public et SuperCharger, le parallèle entre ces 2 entrepreneurs est évident.

Les deux pensent à long terme, pensent systèmes, pensent flux de matière et de produits, modulent ouverture -partenariat et fermeture, utilisent le numérique pour assurer un service de mobilité pour l'un et réinventer la maintenance d'un véhicule pour l'autre, agissent à l'échelle mondiale à la fois dans le domaine de l'énergie, des transports et de l'habitat. Les deux font levier des programmes d'aides publiques pour prendre des positions stratégiques (lire Zero To One sur ce sujet).

La question n'est plus "comment vendre des VE" ? Mais plutôt comment faire utiliser des VE, maîtriser un flux de batterie et les multiples usages connexes et capter une partie de l'espace public pour installer des points de charge ? Par des approches et dans des contextes différents, Bolloré et Musk sont les seuls à être sur le point d'industrialiser simultanément tous les modules et les liens les reliant :

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Ouvrons un nouvel espace pour innover dans les nouvelles mobilités

La mobilité a changé. La manière d’innover a changé. Il est urgent de compléter les dispositifs de soutien à l’innovation pour répondre aux nouveaux défis : Comment faire levier du numérique et aider les start-up à faire évoluer l’ensemble de l’écosystème ? Comment fédérer ces acteurs autour de la nouvelle filière industrielle des mobilités ? Qu’attendent les entrepreneurs ? L’ADEME a fait réaliser une étude auprès d’experts et d’acteurs de l’innovation pour tenter de répondre à ces questions.

L’étude est téléchargeable ici et visionnable au bas de l’article.

L’innovation ne s’impose plus. Elle ne se déclare plus. Elle se constate, dans l’adoption massive par le marché d’une technologie, d’un service ou d’un usage. Ce changement de paradigme nécessite d’adopter une approche plus modeste, résiliente et plus “apprenante” de l’innovation.

Pour les acteurs traditionnels du transport la question n’est plus : “comment lutter contre les changements et défendre nos positions ?”, mais “comment apprendre nous aussi à inventer des services de mobilités, des plateformes qui soient adoptés par nos (futurs nouveaux) clients ?”.

S’appuyant sur les dynamiques entreprenariales issues des 2 jours du séminaire Mobilites Mutations, l’ADEME a confié à 15marches une étude de définition d’un nouveau dispositif de soutien à l’innovation dans le domaine des mobilités.

La démarche retenue est inductive. Une quinzaine d’entretiens semi-directifs ont été réalisés . Le choix s’est majoritairement porté sur des acteurs hors du secteur traditionnel de l’automobile, venant de structures de tailles et de situations variables : startups, structures de soutien, grandes entreprises impliquées dans l’écosystème, experts de l’innovation. L’objectif n’était pas de bénéficier d’un panorama global mais d’un retour d’expériences sur le système. “L’innovation vue par les gens qui la côtoient et la pratiquent au quotidien pour mieux esquisser les contours de ce nouveau dispositif.”

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Toyota versus Google ou le dilemme de l'innovateur

Cette vidéo identifiée par François Bellanger concentre les principaux messages du combat qui s'engage :

  • Le plaisir de conduire n'est pas mort. Nous, constructeurs automobiles, sommes les garants de cette liberté et vous proposerons toujours des produits "à haut plaisir de conduite".
  • La voiture autonome n'est qu'un robot, sans saveur. Après avoir essayé, vous reviendrez vite à l'original.

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Uber, jusqu’où allez-vous aller M.Kalanick ?

Cet été, Uber vient de passer une étape majeure. Valorisé à plus de 3 milliards de dollars, lié à Google par sa dernière lever de fond, Uber appartient à la classe des start-up mondiales. Réliée à la multitude par des interfaces séduisantes pour proposer un véhicule avec chauffeur dans plusieurs villes, Uber et son CEO M.Kalanick, se livrent à la fois à un marathon et des sprints, sur plusieurs services, dans plusieurs pays. Uber vient d’ouvrir sa plateforme via des API, pour satisfaire les besoins de la multitude.

Ce saut discret lui ouvre maintenant des possibilités de services sans limite.

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