plate-forme

Fiction N°12 – Moovel réinvente les transports publics

Ça y est. Quatre Univers sont désormais proposés. Vous avez le choix entre Nike, GoPro – RedBull, Deezer et AirBnb. Vos solutions de mobilité dites techniques seront enrobées de différents services numériques en fonction de l’univers choisi : Votre sport au quotidien, la volonté d’avoir des sensations fortes, vos musiques ou encore faire de “chaque déplacement un voyage” s’immiscent dans les moindres détails.

Nous pensions que la bataille se livrerait principalement autour des plateformes des GAFA et des NATU. Il est vrai qu’ils avaient pris des positions stratégiques dans la mobilité et cela avait contribué à réduire massivement la possession de voiture. En effet, pour vous amener dans de nouvelles expériences de mobilité, posséder une voiture était un frein. Or c’est Daimler qui a réussi ce tour de force ou plutôt Moovel, la business Unit dédiée à la mobilité. Au départ, très technique, cette BU développait des services de mobilité traditionnels s’appuyant sur des véhicules de la marque. Moovel avait également réussi à réutiliser les technologies automobile des véhicules de luxe pour des applications plus « utilitaires » dans des navettes urbaines pour constituer un réseau de robotaxis autonomes. D’abord déployés en Chine, puis dans certaines villes américaines, les cohortes de robotaxis Moovel permettaient de réduire les coûts de transports publics. En gagnant plusieurs marchés dans des villes monde, Moovel s’était mis en compétition avec les nouveaux acteurs numériques. Mais leurs communautés étaient plus grandes, leurs liens plus forts, et Moovel ne réussissait pas à fédérer au-delà de son écosystème.

L’internet des objets n’avait pas réussi non plus la grande révolution promise et de nombreuses marques avaient simplement numérisé leurs anciennes offres. La rencontre Nike et Moovel a été un hasard, au bon moment. Moovel était depuis des années à la recherche d’une ADN spécifique si forte du coté de Daimler mais toujours absente des services. Nike, après plusieurs expériences de mobilité, souhaitait renforcer sa position d’industriel des expériences urbaines. Leur raison d’être commune a été évidente : refonder intégralement de nouvelles expériences de mobilités pour proposer de nouveaux imaginaires, en associant et en apprenant des sportifs du quotidien. Pourquoi le font-ils ? que ressentent-ils ? quels sont leurs récits ? quels sont leurs héros ? De quoi ont-ils besoin ? comment les intégrer dans la démarche ?

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[balise N°2] Les Transports du Futur

Une 1ère balise posait un constat sur les acteurs en présence, les défis à relever et une piste étroite à explorer. En à peine une année, les oscillations de l’éco-système se sont amplifiées. Les dispositifs régulateurs ne suffisent plus pour retrouver une situation stable, historique, pour revenir “avant”. Ni les normes, ni les règles en place, ni les fédérations ne permettent d’amortir et de réguler. C’est même l’inverse, à chaque grève, les téléchargements augmentent. Les GAFA et NATU sont maintenant connectés à la multitude et proposent des solutions de mobilités opérationnelles. Ils ne cherchent pas à concurrencer les acteurs historiques, ils souhaitent simplement être au centre de l’attention de la multitude. Pour l’enrober en permanence, pour être sûr de rester en contact avec elle. Intégralement. Et les dommages collatéraux n’ont pas encore eu lieu.

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MétaNote TdF N°24 – L’avenir du voyage

Le voyage est avant tout une expérience, intégrale, de tous nos sens. A la recherche du « beau ». Une expérience est avant tout un stimulus. La marche stimule notre cerveau et certains indiquent que « seules les pensées que l’on a en marchant valent quelque chose ». La carte et le guide ont été à l’origine du voyage, la numérisation modifie-t-elle ce paysage ? Quels sont les nouveaux acteurs et comment agissent-ils ? Quelles sont les couleurs primaires d’un voyage ?

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Les communs, l’open source, les objets liens et l’Art de la Guerre [2/2]

Inspirer et faire alliance permet d’être plus fort, d’aller plus vite, avec moins de ressource. Dans un monde Vulnérable, Incertain, Complexe et surtout Ambigu, encore faut-il savoir le faire. Cet article est la suite du N°1.

Les objets liens

Les principales caractéristiques de l’objet lien sont la réflexivité (il permet à la communauté de se voir faire et progresser collectivement), l’angularité (il se présente pour que chaque acteur puisse exprimer son potentiel, individuellement), l’adhésion (il conduit les acteurs à collaborer autour de lui et à inviter d’autres acteurs) et la capitalisation (il progresse et s’améliore lui-même ou les parties prenantes). Les objets liens sont essentiels dans des écosystèmes industriels pour augmenter les frictions et les interactions, faire émerger des projets. En introduisant des objets liens ouverts et documentés, les barrières à l’entrée s’abaissent pour les nouveaux venus. Il devient plus simple et rapide de tester son idée auprès de ses pairs en s’appuyant sur ces ressources. En théorie, nous devrions veiller à une totale « équipotentialité » d’accès : toute personne motivée devrait pouvoir accéder à toutes les ressources. Chacun peut alors s’inviter dans les communautés qui l’intéressent, y contribuer et produire à son tour. Plus les objets liens sont ouverts, plus ils peuvent être utilisés donc renforcés et améliorés, augmentant à leur tour leurs attractivités.

Progressivement, les objets liens et le dispositif associé qui en facilite l’usage deviennent une plateforme contributive.

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Les communs, l’open source, les objets liens et l’Art de la Guerre [1/2]

Les communs (re)deviennent à la mode. Les livres et les théories fleurissent. Mais aujourd’hui ils ne parlent pas à la plupart des acteurs industriels. Elinor Ostrom décrit les biens communs comme une ressource rivale et non-exclusive, ce qui les distingue des biens publics, qui eux, sont non rivaux et non exclusifs. Elle souligne la dualité des communs, à la fois ressource exploitée en commun et régime de droits de propriété dérogeant au paradigme de la propriété privée.

Les bases des communs sont également bien détaillées dans ce document rédigé récemment par H.Verdier et C.Murciano. Nous nous intéressons ici aux « nouveaux biens communs, le plus souvent co-construits ». Aujourd’hui, la co-création (les communs mais également l’open source) participe de mouvements qui vont de l’engagement citoyen, l’économie sociale et solidaire jusqu’à des stratégies industrielles de conquête. Quand une filière industrielle veut passer de l’industrie de la voiture (quelques millions d’unités par an) à l’industrie des services de mobilités (plusieurs dizaines de millions d’unités par jour), une multitude de standard, de service, de partenariat, d’alliance sont à créer, vite.

osvLe projet Open Source Vehicle

Inspirer et faire alliance permet d’être plus fort, d’aller plus vite, avec moins de ressource. Dans un monde (VICA) Vulnérable, Incertain, Complexe et surtout Ambigu, encore faut-il savoir le faire.

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En finir avec la technique [1/2]

Damned. Nous avons perdu la bataille de l’innovation technologique. La valley aspire à elle les capitaux, les esprits. Elle permet de lancer des défis d’un ou plusieurs ordres de grandeurs supérieurs à ceux portés en Europe : navette spatiale, voiture électrique, Green énergie, Smart City, exploration de Mars, Intelligence Artificielle dans tous les objets, et même Immortalité. Nous sommes donc condamnés à penser autrement le progrès. Il n’est même plus nécessaire de rappeler que chaque technique amène avec elle son pharmacone, à la fois drogue et remède du mal qu’elle est censée résoudre.

D’autres formes d’innovations sont à l’oeuvre aujourd’hui, moins visibles, plus complexes, plus lentes. L’Europe et le France n’ont d’autres voies de les rendre possible à travers de nouveaux projets, de cultiver autrement le goût du risque. La technique sera toujours présente, simplement remise à sa place. Les innovations dites sociales se caractérisent par une grande “fragilité”, si vous voulez qu’elle arrive ou se développe, elle disparait. C’est d’une permaculture de nos talents, de la création d’un terreau dont nous avons besoin pour rendre cela possible. Et cela passe par un questionnement profond du travail, de l’emploi, du temps libre, de son temps à soi et des visions partagées de mythes collectifs.

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Le Playground d’Andy Rubin est passionnant

Créateur d’Android, racheté par Google, Andy Rubin met en œuvre un projet radical en matière d’innovation. Sur le fond, puisqu’il s’agit d’intégrer l’Intelligence Artificielle (IA) dans un maximum de projet mais aussi sur la forme, en regroupant conseils, incubations de startups et intégration de services pour développer l’IA directement dans le hardware des projets accompagnés.

« Lorsque j’ai une intuition sur la façon dont quelque chose doit être , j’essaye de comprendre pourquoi il ne peut pas en être de cette façon aujourd’hui« , dit-il. Rubin a une certaine expérience de l’entrepreneuriat et toujours un coup d’avance sur des domaines clés :

1981 – Social Networking, Twenty-three years before Facebook, Rubin hones his coding skills in college by running an early social network called Spies in the Wire.

1992 – Mobile Computing, As an engineer at the Apple spinoff General Magic, Rubin helps create Magic Cap, an operating system for early handhelds that is years ahead of its time. It includes a prototype of the virtual keyboards used on phones today.

2001 – Smartphone Design, As a cofounder of Danger, Rubin unveils the Hiptop—aka the T-Mobile Sidekick—which introduces now-familiar features like always-on connectivity, cloud storage, and a rudimentary app store.

2003 – Mobile Platform Dominance, Rubin launches Android, a comprehensive, open source mobile operating system. Android goes on to be acquired by ­Google—and to become the biggest smartphone platform on the planet.

2004- Self-Driving Cars, Rubin puts $100,000 into Sebastian Thrun’s efforts to build a self-driving car—resulting in a victory at the 2005 Darpa Grand Challenge. Thrun goes on to head Google’s autonomous car program.

2015 – Artificially Intelligent Hardware, Eager to move beyond smartphones, Rubin starts Playground, a company that aims to create a manufacturing and development platform for AI-equipped devices.

Rubin a une théorie : « l‘humanité est sur le point d’entrer dans une nouvelle ère de l’informatique ». Tout comme MS-DOS a fait place à Macintosh et Windows, ce qui a donné lieu au web, ce qui a donné lieu aux smartphones. Il pense que les forces sont en place pour commencer une transition vers la prochaine grande plate-forme : l’intelligence artificielle.

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Mutations ? Airbus Ventures, Local Motors, Uber et Amazon China Freight

La semaine dernière, plusieurs annonces illustrent des alliances jugées autrefois improbables. Elles ne sont pourtant que le reflet visible des mutations plus profondes qui opèrent. Airbus par le biais de son fond Airbus Venture A3 doté de 150 M$ investit dans une entreprise Américaine qui produit des véhicules : Local Motors et vient de lancer un concours Cargo Drone. Airbus Venture annonce également un partenariat avec Uber pour du transport à la demande par … hélicoptère. Amazon China vient de devenir opérateur de transport maritime de marchandises. Comment et pourquoi un vendeur de livre ou un site de e-commerce en arrive là ? Pourquoi Airbus, qui cherche à accompagner les meilleurs entrepreneurs de l’aerospace ecosystem, investit dans un fabricant de voiture (qui n’en vend aucune) ?

A3 s’intéresse au concept de micro-factory que Local Motors développe notamment en Allemagne. Produire localement à la demande des composants, puis des véhicules. Fonctionner de façon décentralisée, en réseau (lire Ré-inventons les organisations). Des concepts pour certains, une réalité industrielle pour d’autres. Airbus ne s’intéresse pas aux voitures mais aux nouveaux processus de conception et réalisation mis en oeuvre pour produire des objets relativement complexes avec le minimum de structure centrale. Si d’autres acteurs industriels sont intéressés, sachez que FranceCraft et Ampool s’engagent aussi dans cette voie. Et si l’aerospace ecosystem était en avance sur celui des constructeurs automobiles ?

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MétaNote N°23 – L’avenir du soutien public à l’innovation

« Chaque entreprise et même chaque organisation sera obligée de se transformer dans les prochaines années », Tim O’Reilly – 2015.

Après la révolution numérique, de nouvelles entreprises monopoles ont émergé, proposant de nouvelles expériences, de nouvelles façons d’interagir avec les marques. Les citoyens devenus connectés ont également mis en œuvre de nouveaux modes d’actions pour échanger, pour consommer, pour gérer leur excès de capacité. De nouvelles alliances se sont ainsi créées. Elles sont puissantes, elles sont à rendement croissant, renforçant ainsi chaque monopole. Ces alliances s’appuient toutes sur des plateformes. Construire et maîtriser une plateforme n’est plus une option. Les entreprises productrices organisées en filière ont été, sont ou seront dominées par des plateformes. Ces dernières affichent de nombreux avantages comme l’antifragilité (au sens de N.Talleb) en intégrant au plus près les boucles rétroactives des utilisateurs et la capacité à tirer profit des effets de réseaux. Mais la principale force tient dans la re-distribution des capacités d’innovations à tout l’écosystème puis la re-concentration. Une plateforme dominante offre des avantages aux développeurs via des API, aux consommateurs via des produits/services compétitifs, à chaque acteur de l’écosystème et à d’autres plateformes. Structurellement, elle « encapacite » d’autres acteurs, puis concentre leur production et leur redistribue une partie de la valeur créée via la plateforme.

Les GAFA, toutes issues d’une startup, dominent aujourd’hui des secteurs et se propagent. Nous pouvons tout attendre des startups. Pour autant les firmes multinationales historiques composent encore aujourd’hui la principale part des écosystèmes industriels. Nous ne pouvons pas tout attendre des startups.

Chaque entreprise est spécifique dans ses produits, ses clients, ses réseaux, son écosystème, sa culture, sa raison d’être. La menace de structure plus agile et rapide n’est pas nouvelle. Elle est maintenant permanente, multiforme, mondiale, démultipliée en amont et en aval. Dans un monde V.I.C.A. , « chaque entreprise et même chaque organisation sera obligée de se transformer dans les prochaines années », Tim O’Reilly – 2015

Face à ces plateformes à forte culture numérique, le soutien public à l’innovation doit se ré-inventer.

marianne

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Puis viendra l’ubérisation d’Uber (2/2)

[Suite de la première partie de cet article co-rédigé avec Marc Tirel, auteur de Voyages en Emergence]

Voici donc trois futurs possibles, trois futurs non exclusifs et compatibles entre eux … mais la réalité de demain sera surement faite d’autres possibles ! Nous sommes en 2025, dans 10 ans seulement.

lechat1 – Incredible China !

La double annonce faite par les autorités chinoises en ce mois caniculaire et surpollué d’aout 2025 a de quoi glacer le sang d’un bon nombre d’acteurs du marché des transports.

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