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L’âge des écosystèmes conscients

Constatons un certain nombre de chose. Allégeons-nous de réflexes et d’automatismes. Le temps presse. 2020 c’est demain et 2030 n’est pas loin. Dans un monde profondément VICA, l’allocation de la ressource principale, le temps, est à revoir.

Il est très improbable qu’un dispositif d’incubation et d’accélération transforme un groupe industriel pour lui permettre de devenir agile ou de mettre en œuvre une innovation radicale. De même, la probabilité que votre startup (ou celles que vous incubez) ne refasse Uber ou un équivalent est quasi nulle (et si, par bonheur/malheur, cela arrive que faites-vous ?). Pour autant, le nombre de challenge ne cesse de croitre et rien n’est plus important que d’accompagner tous les acteurs volontaires.

Individuellement, plus aucun acteur n’est capable de penser et d’agir seul dans la complexité pour délivrer sur le marché une solution. Jamais le besoin ressenti de collaboration et de coopétition n’a été aussi grand. Mais les réflexes de repli et les automatismes de fermeture sont tenaces. Ils sont partout, engrammés dans nos comportements collectifs et individuels : nos réunions tous assis autour d’une table, nos prises de parole sans vraiment écouter l’autre, nos processus de décision verrouillés et descendants notamment pour gérer notre temps et nos ressources. Tout cela est daté, d’un temps où l’environnement était stable et prévisible. Nous ne pouvons voir ces limites uniquement après avoir pris suffisamment de recul et être sorti du bocal. Imaginer que toute votre vie, depuis votre naissance, vous respiriez à travers une paille, ou portiez une pierre sur votre dos. Le corps, votre respiration, vos gestes et votre vie se seraient organisés avec ces contraintes. Vivre sans serait inconcevable puisque ça a toujours été.

Et paradoxalement, une petite équipe organisée et déterminée peut faire basculer un secteur industriel. Est-ce le hasard ou fonctionne-t-elle différemment ? Nous proposons de tirer parti des opportunités et d’apporter quelques nouvelles ressources sur un nouvel acteur : l’écosystème. En nourrissant l’écosystème de nouvelles richesses, les acteurs qui y seront le mieux connectés peuvent en tirer bénéfice et certains bénéfices enrichiront à leur tour l’écosystème. Ce flux de richesse est complémentaire aux approches traditionnelles en mode consortium fermé ou en mode filière. Il va par contre agir différemment sur l’acteur qui l’investit et nécessite, pour le faire, une vision très différente.

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Calèche > Automobile > ?

C’est peut-être le moment pour se (re)poser quelques questions autour de l’automobile : Qu’est ce qu’une automobile ? Qui peut produire une automobile ? Pour qui ? Comment ? et Où ?

C.Ghosn (Janvier 2016) « I don’t think it is going to be this cold & unpersonalized space that everybody shares. It may be a very important objective for Uber, because it is their model… Why am I going to change the way I develop my cars for something that is not the main objective? »

C.Ghosn (Nov 2016) « Nous allons vers un futur où l’utilisation des autos sera plus flexible, sociale et partagée … Nous allons assembler des briques technologiques mais nous ne pouvons pas faire toutes les briques tout seul. Nous allons acheter des compétences »

Et si tout était à repenser ? (re-lire la MétaNote 14 L’avenir de l’automobile). L’automobile n’est pas née d’une évolution du cheval ou de la calèche. Elle est née de multitude de rupture et de création ex-nihilo.

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Lynk & Co

Quand Geely, constructeur chinois qui a racheté Volvo, lance le « O1 » d’une nouvelle marque, ça donne ça :

  • Think AirBnb for Car. Les choses sont maintenant très claires. Les constructeurs chinois arrivent avec une vision de la mobilité allégée, connectée, évolutive.
  • « Nous sommes un constructeur automobile qui n’essaye pas de vous vendre une voiture ». Enfin. C’était une évidence.
  • Think of it like kickstarter. Sky’s the limit. You’ve got an idea, you share it. Then we develop it. With you.

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[balise N°2] Les Transports du Futur

Une 1ère balise posait un constat sur les acteurs en présence, les défis à relever et une piste étroite à explorer. En à peine une année, les oscillations de l’éco-système se sont amplifiées. Les dispositifs régulateurs ne suffisent plus pour retrouver une situation stable, historique, pour revenir “avant”. Ni les normes, ni les règles en place, ni les fédérations ne permettent d’amortir et de réguler. C’est même l’inverse, à chaque grève, les téléchargements augmentent. Les GAFA et NATU sont maintenant connectés à la multitude et proposent des solutions de mobilités opérationnelles. Ils ne cherchent pas à concurrencer les acteurs historiques, ils souhaitent simplement être au centre de l’attention de la multitude. Pour l’enrober en permanence, pour être sûr de rester en contact avec elle. Intégralement. Et les dommages collatéraux n’ont pas encore eu lieu.

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Le choc à venir a lieu. Maintenant.

En 2009, la MétaNote 0 « L’origine » proposait une esquisse qui se révèle chaque jour. Le choc à venir était annoncé en 2012. Il a lieu maintenant en 2016. La révolution numérique, qui a eu lieu, met en oeuvre des mouvements « tectoniques » : électrification, robotisation, plateformisation. Les synergies se découvrent, se renforcent. Maintenant.

  • Tesla vends 400 000 voitures qui n’existent pas. Elon Musk As a platform.
  • Uber s’associe à Parkmerced. Une nouvelle industrie paye pour vous déposseder de votre voiture.
  • Apple investit 1 $Md dans Didi pour inventer les services de mobilité et créer les communautés.
  • Waze Rider se lance en Californie après des phases de test en Israel.

Et dans une multitude de startups autour du monde qui cherchent à craquer des codes comportementaux. Comment amener quelqu’un à laisser sa voiture ? à faire confiance à un robot ? à partager sa voiture ? à laisser monter un inconnu ? à … Outillées du numérique, ces startups peuvent révéler des tendances comportementales jusqu’à présent invisibles. Tous ces acteurs n’ont qu’un objectif commun : vendre chaque trajet enrobé d’une expérience de mobilité. Une véritable armada s’emploie à ça et uniquement à ça. La raison est simple : le marché visé est énorme, les expériences actuelles sont mauvaises et les villes concentrent les clients facilitant les lancements.

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Les communs, l’open source, les objets liens et l’Art de la Guerre [1/2]

Les communs (re)deviennent à la mode. Les livres et les théories fleurissent. Mais aujourd’hui ils ne parlent pas à la plupart des acteurs industriels. Elinor Ostrom décrit les biens communs comme une ressource rivale et non-exclusive, ce qui les distingue des biens publics, qui eux, sont non rivaux et non exclusifs. Elle souligne la dualité des communs, à la fois ressource exploitée en commun et régime de droits de propriété dérogeant au paradigme de la propriété privée.

Les bases des communs sont également bien détaillées dans ce document rédigé récemment par H.Verdier et C.Murciano. Nous nous intéressons ici aux « nouveaux biens communs, le plus souvent co-construits ». Aujourd’hui, la co-création (les communs mais également l’open source) participe de mouvements qui vont de l’engagement citoyen, l’économie sociale et solidaire jusqu’à des stratégies industrielles de conquête. Quand une filière industrielle veut passer de l’industrie de la voiture (quelques millions d’unités par an) à l’industrie des services de mobilités (plusieurs dizaines de millions d’unités par jour), une multitude de standard, de service, de partenariat, d’alliance sont à créer, vite.

osvLe projet Open Source Vehicle

Inspirer et faire alliance permet d’être plus fort, d’aller plus vite, avec moins de ressource. Dans un monde (VICA) Vulnérable, Incertain, Complexe et surtout Ambigu, encore faut-il savoir le faire.

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En finir avec la technique [1/2]

Damned. Nous avons perdu la bataille de l’innovation technologique. La valley aspire à elle les capitaux, les esprits. Elle permet de lancer des défis d’un ou plusieurs ordres de grandeurs supérieurs à ceux portés en Europe : navette spatiale, voiture électrique, Green énergie, Smart City, exploration de Mars, Intelligence Artificielle dans tous les objets, et même Immortalité. Nous sommes donc condamnés à penser autrement le progrès. Il n’est même plus nécessaire de rappeler que chaque technique amène avec elle son pharmacone, à la fois drogue et remède du mal qu’elle est censée résoudre.

D’autres formes d’innovations sont à l’oeuvre aujourd’hui, moins visibles, plus complexes, plus lentes. L’Europe et le France n’ont d’autres voies de les rendre possible à travers de nouveaux projets, de cultiver autrement le goût du risque. La technique sera toujours présente, simplement remise à sa place. Les innovations dites sociales se caractérisent par une grande “fragilité”, si vous voulez qu’elle arrive ou se développe, elle disparait. C’est d’une permaculture de nos talents, de la création d’un terreau dont nous avons besoin pour rendre cela possible. Et cela passe par un questionnement profond du travail, de l’emploi, du temps libre, de son temps à soi et des visions partagées de mythes collectifs.

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Le Playground d’Andy Rubin est passionnant

Créateur d’Android, racheté par Google, Andy Rubin met en œuvre un projet radical en matière d’innovation. Sur le fond, puisqu’il s’agit d’intégrer l’Intelligence Artificielle (IA) dans un maximum de projet mais aussi sur la forme, en regroupant conseils, incubations de startups et intégration de services pour développer l’IA directement dans le hardware des projets accompagnés.

« Lorsque j’ai une intuition sur la façon dont quelque chose doit être , j’essaye de comprendre pourquoi il ne peut pas en être de cette façon aujourd’hui« , dit-il. Rubin a une certaine expérience de l’entrepreneuriat et toujours un coup d’avance sur des domaines clés :

1981 – Social Networking, Twenty-three years before Facebook, Rubin hones his coding skills in college by running an early social network called Spies in the Wire.

1992 – Mobile Computing, As an engineer at the Apple spinoff General Magic, Rubin helps create Magic Cap, an operating system for early handhelds that is years ahead of its time. It includes a prototype of the virtual keyboards used on phones today.

2001 – Smartphone Design, As a cofounder of Danger, Rubin unveils the Hiptop—aka the T-Mobile Sidekick—which introduces now-familiar features like always-on connectivity, cloud storage, and a rudimentary app store.

2003 – Mobile Platform Dominance, Rubin launches Android, a comprehensive, open source mobile operating system. Android goes on to be acquired by ­Google—and to become the biggest smartphone platform on the planet.

2004- Self-Driving Cars, Rubin puts $100,000 into Sebastian Thrun’s efforts to build a self-driving car—resulting in a victory at the 2005 Darpa Grand Challenge. Thrun goes on to head Google’s autonomous car program.

2015 – Artificially Intelligent Hardware, Eager to move beyond smartphones, Rubin starts Playground, a company that aims to create a manufacturing and development platform for AI-equipped devices.

Rubin a une théorie : « l‘humanité est sur le point d’entrer dans une nouvelle ère de l’informatique ». Tout comme MS-DOS a fait place à Macintosh et Windows, ce qui a donné lieu au web, ce qui a donné lieu aux smartphones. Il pense que les forces sont en place pour commencer une transition vers la prochaine grande plate-forme : l’intelligence artificielle.

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Mutations ? Airbus Ventures, Local Motors, Uber et Amazon China Freight

La semaine dernière, plusieurs annonces illustrent des alliances jugées autrefois improbables. Elles ne sont pourtant que le reflet visible des mutations plus profondes qui opèrent. Airbus par le biais de son fond Airbus Venture A3 doté de 150 M$ investit dans une entreprise Américaine qui produit des véhicules : Local Motors et vient de lancer un concours Cargo Drone. Airbus Venture annonce également un partenariat avec Uber pour du transport à la demande par … hélicoptère. Amazon China vient de devenir opérateur de transport maritime de marchandises. Comment et pourquoi un vendeur de livre ou un site de e-commerce en arrive là ? Pourquoi Airbus, qui cherche à accompagner les meilleurs entrepreneurs de l’aerospace ecosystem, investit dans un fabricant de voiture (qui n’en vend aucune) ?

A3 s’intéresse au concept de micro-factory que Local Motors développe notamment en Allemagne. Produire localement à la demande des composants, puis des véhicules. Fonctionner de façon décentralisée, en réseau (lire Ré-inventons les organisations). Des concepts pour certains, une réalité industrielle pour d’autres. Airbus ne s’intéresse pas aux voitures mais aux nouveaux processus de conception et réalisation mis en oeuvre pour produire des objets relativement complexes avec le minimum de structure centrale. Si d’autres acteurs industriels sont intéressés, sachez que FranceCraft et Ampool s’engagent aussi dans cette voie. Et si l’aerospace ecosystem était en avance sur celui des constructeurs automobiles ?

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Puis viendra l’ubérisation d’Uber (1/2)

[Cet article a été rédigé avec Marc Tirel, auteur de Voyages en Emergence]

Plusieurs fois annoncés en déclin, la Silicon Valley et les Etats-Unis imprègnent de nouveau un modèle au monde : “la plateforme monopole”. Après les “big companies” de l’énergie, de la finance ou de la production industrielle, se développent de nouveaux monopoles. Avec raison, Evgeny Morozov soulève quelques questions essentielles quant à cette idéologie. Mais quel pays au monde a financé sur des budgets publics les deux piliers des mutations que nous observons : le GPS et l’internet. S’agit-il d’un juste et simple retour sur investissement ?

Pourtant depuis des années, au coeur du numérique se forge une autre vision du monde. Utilisant les mêmes technologies, Linux n’est pas né aux USA, Open Street Map n’est pas né aux USA, Bitcoin et le blockchain non plus. Pourtant aucun Etat n’incarne, n’abrite, ne protège, ne développe une des principales alternatives aux monopoles : les réseaux distribués. Et si l’Europe redevenait une terre de prophétie, de rêve pour l’humanité ? Nous avons tous les talents, toute l’histoire et toutes les raisons pour faire de l’Europe la terre de l’ouverture et des communs.

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Euro Banking Association Report, Cryptotechnologies a major IT innovation and catalyst for change (link below)

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