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Google ne s’intéresse pas à l’automobile. Vous n’avez rien à craindre.

Il y aura toujours besoin des constructeurs pour fabriquer des voitures. Tout le monde sait que c’est compliqué, très technique et complexe. Les GAFA resteraient donc aux portes de l’automobile, peut être autorisés à venir sur le tableau de bord. Tout le monde sait aussi que la construction automobile n’est pas un bon moyen de gagner de l’argent, les pièces détachées et services financiers sont largement plus profitables. Donc aucun des GAFA n’a intérêt à plier de la tôle et produire des moteurs (électriques). En restant centré sur le même objet, en utilisant les mêmes mots comme « voiture autonome », nous perdons le fil d’un changement plus large qui est déjà en train d’opérer.

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Le temps passé à téléphoner devient négligeable et pourtant nous continuons à appeler cet objet « un téléphone, un smartphone ». Cet objet et l’écosystème industriel autour de lui n’a absolument rien en commun avec la téléphonie seule, d’autant plus quand cela est analysé sous l’angle de la valeur.

De même Google ne s’intéresse pas à l’automobile, ni même à la robotisation de l’automobile. Google poursuit son travail : l’enveloppement de la multitude par des services en évolution permanente focalisé sur la résolution de vos problèmes et questions, au quotidien. Il s’agit de conserver cette relation proche et très spécifique qu’ont les GAFA avec chacun d’entre nous. Cette relation est radicalement nouvelle d’un point de vue industriel car elle transcende la notion de marque telle que nous la connaissions.

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La 3ème voie : Spiri.io

E.Musk avec Tesla est parti par « le haut ». Un véhicule de luxe associé à une production de batterie à très haut volume, des solutions de charge rapide et en aval une capacité à réutiliser les batteries hors usage automobile pour des applications solaires. Ce « pack » Tesla (lire cet article sur E.Musk et V.Bolloré) incarne une approche dite « vêtement de mode » dans la MétaNote N°0 – l’Origine. Cette MétaNote proposait aussi une autre voie, la 3ème après la voiture individuelle privée possédée et les transports publics collectifs : celle des services de mobilité utilisant le véhicule (électrique) devenu une commodité. Cette commodisation ouvre une voie radicalement nouvelle car le véhicule n’est plus considéré comme une fin en soi, mais uniquement comme une partie d’un système. L’utilisateur n’a (presque) plus d’affinité avec le véhicule, seul l’expérience du trajet compte.

Le point central de cette hypothèse était basé sur la synchronisation de plusieurs dynamiques qui vont rentrer en synergie : [Lire la suite…]

Après Pokemon Go

Le phénomène Pokemon Go étonne par son ampleur et ses caractéristiques. Or ce n’est qu’une émergence visible de phénomènes et de développement en cours depuis des années. Comme nous l’explique très bien Philippe Gargov, Pokemon Go nous permet de comprendre la ville numérique, telle qu’elle est, ou plutôt telle qu’elle était avant même que Pokemon Go n’existe. En effet, devant une apparence de jeu sympa pour enfant, il y a une aventure industrielle qui remonte à plusieurs années. En résumé, détenir le record de téléchargement (des millions de personnes par jour), le record de temps passé (des dizaines de minutes par jour), ne doit rien au hasard.

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Le choc à venir a lieu. Maintenant.

En 2009, la MétaNote 0 « L’origine » proposait une esquisse qui se révèle chaque jour. Le choc à venir était annoncé en 2012. Il a lieu maintenant en 2016. La révolution numérique, qui a eu lieu, met en oeuvre des mouvements « tectoniques » : électrification, robotisation, plateformisation. Les synergies se découvrent, se renforcent. Maintenant.

  • Tesla vends 400 000 voitures qui n’existent pas. Elon Musk As a platform.
  • Uber s’associe à Parkmerced. Une nouvelle industrie paye pour vous déposseder de votre voiture.
  • Apple investit 1 $Md dans Didi pour inventer les services de mobilité et créer les communautés.
  • Waze Rider se lance en Californie après des phases de test en Israel.

Et dans une multitude de startups autour du monde qui cherchent à craquer des codes comportementaux. Comment amener quelqu’un à laisser sa voiture ? à faire confiance à un robot ? à partager sa voiture ? à laisser monter un inconnu ? à … Outillées du numérique, ces startups peuvent révéler des tendances comportementales jusqu’à présent invisibles. Tous ces acteurs n’ont qu’un objectif commun : vendre chaque trajet enrobé d’une expérience de mobilité. Une véritable armada s’emploie à ça et uniquement à ça. La raison est simple : le marché visé est énorme, les expériences actuelles sont mauvaises et les villes concentrent les clients facilitant les lancements.

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En finir avec la technique [2/2]

[Suite d’un premier article]

Pourtant Laetitia Vitaud nous dit que le salariat ne va pas disparaitre. L.Vitaud parle d’une nouvelle forme de salariat, permettant de maintenir ces compétences, d’être protégé au niveau de son logement et sa protection sociale pour pouvoir entreprendre. Rappelant que “dans certains cas, le salariat est au contraire préférable pour une firme : plus besoin, par exemple, de recruter et de former chaque jour un travailleur journalier pour s’acquitter des différentes tâches dans l’entreprise. Un lien contractuel avec les travailleurs permet aussi d’éviter de négocier constamment leur rémunération”. Le salariat n’a donc jamais été aussi important et souhaité. Mais quel salariat ? Le salariat est déjà en train de se transformer : salariat en entreprise & travail indépendant, auto-entrepreneurs & salariés, entrepreneur & chômage.

Et L.Vitaud de rajouter un point essentiel sur cette transformation : “En revanche, l’intégration dans l’institution salariale des composantes hétérogènes que sont les revenus, la protection sociale et le statut social, longtemps garantie par les grandes entreprises, est en voie d’affaiblissement. C’est bien le “dégroupage” des composantes du travail salarié qui est à l’oeuvre aujourd’hui. Et la raison de cette désintégration du salariat est l’affaiblissement des grandes entreprises fordistes […] On assiste à la création d’institutions inédites visant à sécuriser leur situation et recréer pour les freelancers la sécurité économique qui a fait l’attractivité et la puissance du salariat”. Comme souvent nous manquons de mot et de recul sur notre propre regard pour décrire plus finement les transformations en cours. Le travail se transforme donc, il est en transition. Seul le mot reste, et nos imaginaires …

« We can’t see our culture very well, because we see with it« , William Gibson

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Arcade City déclare la guerre à Uber

Ubériser Uber par la blockchain. Nous l’avions imaginé avec Marc dans ces 2 posts (N°1 et N°2). Nous souhaitions ou espérions que cela émerge en Europe. Arcade City se lance aux USA, dans 27 villes déjà. De quoi s’agit-il ? D’une solution de covoiturage sans structure centrale, tout est décentralisé, distribué. La Zooz avait lancé la première application de covoiturage quotidien en 2014 utilisant la blockchain.

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Le biais cognitif et l’empathie

Quand une technologie ne se vend pas, ne trouve pas de marché, on parle d’un problème d’acceptabilité. Il suffirait d’étude du même nom et d’aide publique pour changer les comportements. Aucun doute possible, les industries connaissent leur marché, leurs offres sont parfaitement alignées avec les besoins. Quels besoins ? celui de vendre une voiture (neuve) en compétition à de nombreux concurrents, donc de sur-enchérir une offre (lire cet article sur le dilemme de l’innovateur), pas de fournir des réponses à la complexité.

Alors les expériences quotidiennes de mobilités sont si mauvaises … dans les bouchons en voiture, serrés dans les transports en commun ou en vélo frolés par les voitures ou encore dans les files d’attente pour embarquer en avion. Regarde-t-on vraiment les besoins des personnes ? de la multitude de cas ? des 170 millions de décisions quotidiennes pour nous déplacer ?

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Constructeurs, vos plateformes brûlent !

« La bataille des produits est maintenant devenue celle des écosystèmes, incluant les données, les logiciels et le hardware mais aussi les applications, les réseaux sociaux et de distribution, les services géolocalisés, les communications unifiées et plusieurs autres choses. Nos adversaires n’ont pas pris nos part de marchés avec des produits ; ils ont pris nos parts de marchés avec un écosystème entier » – Message adressé par le CEO de Nokia dans un mail aux salariés.

« Je pense que nous avons manqué de responsabilité et de leadership pour aligner et diriger cette compagnie dans ces temps perturbés. Nous avons manqué plusieurs choses. Nous n’avons délivré d’innovation assez vite, nous n’avons pas collaboré en interne. Nokia, notre plateforme est en train de brûler»

A la différence de Nokia qui découvrait la puissance de l’économie des plateformes, nous savons maintenant pourquoi les plateformes automobile vont brûler.

Le scénario du pire pour cette industrie passe par la robotisation et la dépossession. Le lien que le marketing d’une des industries les plus puissantes a mis 100 ans a forgé est basé sur la relation physique à l’objet. Le conducteur est éventuellement l’acheteur mais il a un attachement physique à l’objet.

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Ce scénario robotisation-dépossession n’a plus rien de fictif, sa probabilité est non nulle. Ses conséquences seraient énormes pour l’industrie automobile puisque les constructeurs deviennent alors des équipementiers. Et tout change, les bénéfices, le business model, les volumes produits, les clients… [Lire la suite…]

MétaNote N°23 – L’avenir du soutien public à l’innovation

« Chaque entreprise et même chaque organisation sera obligée de se transformer dans les prochaines années », Tim O’Reilly – 2015.

Après la révolution numérique, de nouvelles entreprises monopoles ont émergé, proposant de nouvelles expériences, de nouvelles façons d’interagir avec les marques. Les citoyens devenus connectés ont également mis en œuvre de nouveaux modes d’actions pour échanger, pour consommer, pour gérer leur excès de capacité. De nouvelles alliances se sont ainsi créées. Elles sont puissantes, elles sont à rendement croissant, renforçant ainsi chaque monopole. Ces alliances s’appuient toutes sur des plateformes. Construire et maîtriser une plateforme n’est plus une option. Les entreprises productrices organisées en filière ont été, sont ou seront dominées par des plateformes. Ces dernières affichent de nombreux avantages comme l’antifragilité (au sens de N.Talleb) en intégrant au plus près les boucles rétroactives des utilisateurs et la capacité à tirer profit des effets de réseaux. Mais la principale force tient dans la re-distribution des capacités d’innovations à tout l’écosystème puis la re-concentration. Une plateforme dominante offre des avantages aux développeurs via des API, aux consommateurs via des produits/services compétitifs, à chaque acteur de l’écosystème et à d’autres plateformes. Structurellement, elle « encapacite » d’autres acteurs, puis concentre leur production et leur redistribue une partie de la valeur créée via la plateforme.

Les GAFA, toutes issues d’une startup, dominent aujourd’hui des secteurs et se propagent. Nous pouvons tout attendre des startups. Pour autant les firmes multinationales historiques composent encore aujourd’hui la principale part des écosystèmes industriels. Nous ne pouvons pas tout attendre des startups.

Chaque entreprise est spécifique dans ses produits, ses clients, ses réseaux, son écosystème, sa culture, sa raison d’être. La menace de structure plus agile et rapide n’est pas nouvelle. Elle est maintenant permanente, multiforme, mondiale, démultipliée en amont et en aval. Dans un monde V.I.C.A. , « chaque entreprise et même chaque organisation sera obligée de se transformer dans les prochaines années », Tim O’Reilly – 2015

Face à ces plateformes à forte culture numérique, le soutien public à l’innovation doit se ré-inventer.

marianne

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Combien de temps vous reste-t-il ?

Patagonia

La transition numérique oblige les entreprises à se ré-inventer. Leur position change dans la chaîne de valeur de chaque filière. De nouveaux entrants s’insèrent chaque jour et modifient les maillons des filières. Or en souhaitant satisfaire (ou à minima garder) leurs clients habituels en sur-investissant les mêmes produits, certaines entreprises industrielles font trois erreurs qui se cumulent. Ces décisions questionnent désormais leur survie.

  1. Elles développent des produits similaires, se positionnent en compétition avec d’autres (lire zero to one), évoluent de façon incrémentale, au lieu d’ouvrir de nouveaux champs, de s’attaquer aux problèmes quotidiens et de faire alliance avec la multitude (lire notamment
  2. se faisant, pour accéder à des économies d’échelle, elles sont obligées de grossir, de mettre en œuvre des procédures qui figent encore plus les rares opportunités de penser autrement. Comme le montre le dilemme de l’innovateur (lire l’article Toyota versus Google), elles deviennent incapables collectivement de sortir de l’ornière, même si individuellement tout le monde en a conscience,
  3. elles se focalisent sur leur client sans s’intéresser aux nombreuses parties prenantes en contact avec le produit, la marque, la communication du produit, les externalités générées par le produit. C’est-à-dire tout le monde.

Dans des marchés de plus en plus conscients (c’est-à-dire éduqués et connectés), d’autres voies émergent : Comprendre le monde tel qu’il est, mettre en œuvre d’autres formes d’intelligence collective et s’engager dans la réalisation de produits parfaits.

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