marketing individualisé

Google ne s’intéresse pas à l’automobile. Vous n’avez rien à craindre.

Il y aura toujours besoin des constructeurs pour fabriquer des voitures. Tout le monde sait que c’est compliqué, très technique et complexe. Les GAFA resteraient donc aux portes de l’automobile, peut être autorisés à venir sur le tableau de bord. Tout le monde sait aussi que la construction automobile n’est pas un bon moyen de gagner de l’argent, les pièces détachées et services financiers sont largement plus profitables. Donc aucun des GAFA n’a intérêt à plier de la tôle et produire des moteurs (électriques). En restant centré sur le même objet, en utilisant les mêmes mots comme « voiture autonome », nous perdons le fil d’un changement plus large qui est déjà en train d’opérer.

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Le temps passé à téléphoner devient négligeable et pourtant nous continuons à appeler cet objet « un téléphone, un smartphone ». Cet objet et l’écosystème industriel autour de lui n’a absolument rien en commun avec la téléphonie seule, d’autant plus quand cela est analysé sous l’angle de la valeur.

De même Google ne s’intéresse pas à l’automobile, ni même à la robotisation de l’automobile. Google poursuit son travail : l’enveloppement de la multitude par des services en évolution permanente focalisé sur la résolution de vos problèmes et questions, au quotidien. Il s’agit de conserver cette relation proche et très spécifique qu’ont les GAFA avec chacun d’entre nous. Cette relation est radicalement nouvelle d’un point de vue industriel car elle transcende la notion de marque telle que nous la connaissions.

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Le lien et l’attention

Jusqu’à présent, les industries conçevaient des produits, pour les vendre à des clients qui les achetaient. Tout ceci est basé sur deux hypothèses : l’industriel est connecté à ces futurs clients, le lien, et plus important, quand l’industriel s’adresse à ces clients potentiels, ces derniers l’écoutent, l’attention. Après la révolution numérique le client est devenu en même temps la source d’énergie pour recevoir les bonnes informations permettant de concevoir et faire évoluer les offres, et la cible à qui on s’adresse. Il est donc essentiel dès le début et même en amont et non plus uniquement à la fin. Or dans le monde du transport, quasiment tous les acteurs historiques n’ont ni le lien ni l’attention.

Les opérateurs de transports publics, n’ont pas de lien « riche » avec les utilisateurs finaux, et en général, leurs premiers clients sont les autorités organisatrices. Les collectivités non plus n’ont pas de lien avec les citoyens même si elles pensent avoir autorité (lire cet article de 2009). Tous les constructeurs, sauf Tesla, n’ont pas, non plus, de lien « riche » avec les citoyens en mobilité, ni même avec leur client aujourd’hui qu’ils connaissent peu. Les énergéticiens non plus ne sont pas reliés à leurs clients. Il s’agit ici de pouvoir s’adresser à une personne et que la personne y prête vraiment attention. On parle d’ailleurs de l’économie de l’attention.

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Par le troc de données, et si on inventait aujourd'hui de nouveaux contrats ?

En modifiant le couple support/message, Michel Serres nous décrit comment le numérique, comme les précédents, bouleverse le droit établi.

Quand le numérique outille les dynamiques sociales issues de l’économie collaborative, émergent de nouveaux flux de richesses (lire Dans vos projets et organisations, quelles sont les vraies richesses ?). Plusieurs exemples existent maintenant. Ce ne sont plus des signaux faibles. Hier des start-ups proposaient des services, des informations aux citoyens pour résoudre un problème : Waze pour mieux circuler en voiture grâce à l’information temps réel des « autres » dont l’utilisateur fait partie, Moov’it pour mieux circuler dans les transports en communs, Strava pour être visible dans la communauté des cyclistes et rendre visible cette communauté, Uber pour trouver un véhicule avec chauffeur, etc … Aujourd’hui ces start-ups ne le sont plus.

Elles sont en passe de trouver un ou plusieurs modèles d’affaires, s’appuyant sur les données qu’elles génèrent pour proposer simultanément le produit/service de base et de nouvelles richesses à d'autres acteurs. Bientôt, ces sociétés auront plus d'informations que les pouvoirs publics sur les pratiques quotidiennes des citoyens. Et si s'inventaient aujourd'hui de nouveaux contrats ?

 

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Changer. Enfin.

Partout il est question d’accompagner le changement, de le conduire, d’amener les citoyens à changer de moyens de transport. Par de l’information, par des exemples à suivre, par des guides, par des incitatifs ou des contraintes. Ce changement n’est plus une option tant le développement de l’offre de transport est limité. Pour autant, plus la volonté de changer est grande, plus, dans les faits, les pratiques ne changent pas ou très lentement. 

« Le vélo, c’est bon pour le santé et pour votre porte-monnaie. Pourquoi vous continuez à prendre votre voiture ? c’est évident, il faut changer »

« De toute façon, vous serez obligé de changer … »

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Dan Pink dans la vidéo TED ci dessous nous décrit que cette approche est scientifiquement une impasse. Plus le problème est complexe à résoudre, plus les dispositifs de carotte/baton, incitatif/punition sont inutiles, pire ils sont contreproductifs en restreignant nos capacités à imaginer d’autres possibilités, à explorer. Or changer de mode de transport n’est pas une chose simple, c’est éminemment complexe. Nos mobilités quotidiennes sont intimement tissées avec toutes nos activités, avec notre tissu social, avec nos représentations et nos imaginaires. Elles viennent de nos pratiques personnelles, se prolongent dans notre image sociale et l’éducation que l’on délivre à nos enfants.

Changer de mode de transport est donc un bouleversement intégral et personnel (lire l’article Le premier jour où j’ai décidé de me déplacer autrement). Vouloir le faire nécessite une préparation et un accompagnement.

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Données privées et Automobile

Le numérique ne fait pas que résoudre d'anciens problèmes, il en crée de nouveaux. Plus complexes, plus transversaux. Une fois numérique, l'automobile produit des données, beaucoup de données. D'abord utilisées uniquement "à bord", en boucle fermée, les données ont été produites et utilisées par des actionneurs, pour des questions de sécurité (ABS et autre), de pilotage du moteur et des systèmes de post-traitement, de confort. Jusqu'à présent, l'automobile et son conducteur auto-produisent des données qui sont directement utilisées par l'automobile pour fonctionner. Demain, le duo "auto-conducteur" vont produire des données géolocalisées qui vont "sortir" de l'automobile. Le duo auto-conducteur devient un geyser de données multiples, hétérogènes, contextualisées, extrêmement riches.

Se posent alors plusieurs questions : à qui appartiennent ces données ? quelles données ? pour combien de temps ? et après anonymisation ? qui seront les prochains "Lords of the cloud" (cher à Jaron Lanier) qui exploiteront ces geysers ?

Et si se préparait là la principale zone de combat entre les constructeurs et les GAFA ?

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Google image "voiture connectée"

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Uber, jusqu’où allez-vous aller M.Kalanick ?

Cet été, Uber vient de passer une étape majeure. Valorisé à plus de 3 milliards de dollars, lié à Google par sa dernière lever de fond, Uber appartient à la classe des start-up mondiales. Réliée à la multitude par des interfaces séduisantes pour proposer un véhicule avec chauffeur dans plusieurs villes, Uber et son CEO M.Kalanick, se livrent à la fois à un marathon et des sprints, sur plusieurs services, dans plusieurs pays. Uber vient d’ouvrir sa plateforme via des API, pour satisfaire les besoins de la multitude.

Ce saut discret lui ouvre maintenant des possibilités de services sans limite.

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Quelle place pour les apports de la psychologie sociale face à l’incantation du report modal ?

Cet article invité est rédigé par Yannick PAILLET, ingénieur à l'ADEME en direction régionale Picardie.

Les agglomérations consacrent chaque année des moyens importants à la mise en place de systèmes de transports collectifs performants. Ces efforts ne sont pas vains puisque depuis les années 2005-2006, les enquêtes ménages déplacements montrent une augmentation de la part modale des transports collectifs. Cette augmentation s’explique par un signal fort sur le prix des carburants (et donc par une tentation d’utiliser des modes de transports plus économiques) et en parallèle par une amélioration de l’offre de transport urbain (en fréquence, en vitesse commerciale et en simplicité (hiérarchisation, post paiement …)).

Il existe d’ailleurs une bonne élasticité entre l’augmentation de l’offre proposée et la captation d’une cliente nouvelle, en supposant bien sur que la politique globale de mobilité soit cohérente et notamment en termes de stationnement. Se pose alors la question des ressources financières, appuyées en grande partie sur le versement transport, qui ne peuvent pas toujours être augmentées pour améliorer encore le service et attirer davantage de clientèle.

La question peut donc se poser, et se pose pour certains déjà en ces termes : comment, à offre quasi constante (et atteignant déjà un bon niveau de performance), continuer à convaincre encore davantage de citoyens d’utiliser  les transports urbains ou interurbains, réguliers ou à la demande.

 

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Dongfeng/PSA et Facebook/WhatsApp

En même temps, Dongfeng injecte 800 Millions d'euro et Facebook rachète WhatsApp 16 Milliards d'euro. Ces deux évènements ont lieu. Jouant probablement dans deux mondes différents. En tout cas, ce sont deux visions du monde qui vient. La première Alliance tente de prolonger une économie de la rareté, utilisant des ressources finies pour des marchés à remplir. La seconde met en oeuvre des ressources immatérielles (appuyées sur des techniques et des investissements lourds), des ressources infinies pour des expériences à inventer.

16 milliards pour des abeilles

Pourquoi investir 16 milliards dans un réseau de messagerie instantanée ? Est ce que "ça les vaut" ? Pour tenter d'analyser cela, il faut penser comme les acteurs du numérique. Yann Moulier Boutang a théorisé ce mode de fonctionnement par l'économie de la pollinisation. La valeur de l'Abeille n'est pas uniquement dans le miel et la cire mais dans la pollinisation. Et c'est bien cela que Facebook a acheté : des abeilles.

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Imaginez un monde dans lequel plus personne ne possède de voiture

Le dernier article d'Eric Jaffe, the Atlantic Cities, met en perspective le développement des technologies de robotisation des véhicules couplé au développement des services de mobilité. Plusieurs articles des Transports du Futur (Google Car tout va plus vite que prévu, la révolution numérique, En supprimant le chaffeur le cybercar change profondement, le choc à venir) ont également dressé des perspectives similaires : les principales innovations portées par le cybercar ne sont dans l'objet mais dans les usages qu'il rendra possible. Les jeux d'acteurs et la chaîne de valeur seront bouleversés, intégralement. 

"It's a game-changer," says autonomous car researcher Alain L. Kornhauser of Princeton University. "What I think is going to happen is that nobody will own a car. … If you can get [mobility] by the drink, you won't buy the bottle."

Ceci doit être mis en parallèle avec la rapidité d'execution de Google dans le domaine. Ce n'est plus une question ou une option. Cet acteur arrive dans la mobilité (voir la vidéo Google History depuis Google Map, Google Now, Google hotel finder, Uber, Waze), dans la robotique (lire la fiction N°6 basée sur l'achat récent de 8 sociétés de robotiques), dans l'automobile (avec notamment open Automotive alliance). Il s'y emploie avec une énergie et une rapidité inédite.

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MétaNote 18 – Pour une ontologie de la demande(s) de transport

Les offres de transport se comprennent facilement, ce sont des moyens mis en œuvre pour se déplacer. Il y a des industries qui conçoivent, industrialisent des véhicules, d'autres les opèrent, d'autres assurent le déploiement conjoint des infrastructures de distribution d'énergie (carburant), d'autres des infrastructures pour les faire circuler (routes), pour les stocker (parking), d'autres enfin mettent en œuvre des solutions pour prélever des taxes visant à financer partiellement le système. Il n'y a pas besoin d'expliciter longuement, tout ceci se comprend. Nous avons déployé à la fois les industries et les concepts pour en parler.

Aujourd'hui, les experts, mais surtout les « non experts », constatent et déclarent que le « toujours plus d'offres » ne permet pas de répondre aux conséquences générées par ces mêmes offres. Cette fuite en avant des offres n'est pas tenable. Tout le monde le sait. Tout le monde le vit. Tout le monde le ressent.

Ni les finances publiques, ni les finances privées, ni les progrès technologiques, ne permettent de produire un discours crédible et souhaitable d'une mobilité à venir performante, citoyenne, équilibrée. Il est  alors question de faire évoluer la « demande », de « modifier » les comportements, soit par une communication engageante, soit par des incitatifs (récompenses), soit par de nouvelles taxes (contraintes). Et là, constatons que nous manquons cruellement d'ontologie pour échanger, partager, débattre, et donc construire les solutions à mettre en œuvre du côté de la « demande », dans toutes les dimensions : technique, politique, sociale, mais aussi systémique.

« La demande » ne s'industrialise pas, elle n'est pas unique, elle réagit de multiples façons à des contraintes, des récompenses, des incitatifs, des sollicitations, des produits, des services. Elle n'est pas prévisible, elle n'est pas rationnelle, elle n'est pas modélisable. Et en plus, quasiment personne ne « la » connaît. Elle n’a pas de représentant, pas de lobby pour la représenter dans sa globalité. Et pourtant elle a toujours été stratégique.

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