gouvernance

[fiction N°14] Congestion robotisée

Il fallait désormais se rendre à l’évidence. La robotisation des voitures n’a pas eu l’effet escompté. Enfin tout dépend pour qui… Tous les constructeurs avaient poursuivi les options d’assistance, de sécurité, de délégation de conduite, de parking automatique. De vrais salons roulants. Chacun le sien.

Quelques équipementiers de rang 1 développent et industrialisent des autopilotes complets. Les utopies de solution de mobilité robotisée n’avaient pas réussi à voir le jour. La voiture, même robotisée, reste un objet personnel, très rarement partagé. Et la ville n’est pas modélisable, prévisible même pour les dernières IA.

Trop chaotique, trop humaine.

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Les GAFA et les territoires

Dans le cadre du lancement de France IA, stratégie nationale, ce post aborde surtout l’IA faible et le rôle des territoires. Olivier Ezratty offre une synthèse complète sur le sujet [pdf]. L’IA faible est maintenant au contact de la multitude via nos smartphones. Des IA utilisent déjà d’autres logiciels comme des jeux videos pour apprendre (voir Udacity dans le domaine des mobilités), d’autres comme QuickDraw implique la multitude. Un précédent article basé sur l’étude de TheFamily identifiait les principales raisons qui conditionnent l’émergence d’acteurs numériques majeurs. L’objet de ce post est plutôt d’identifier quelques pistes pour équilibrer la position des collectivités à l’égard des plateformes existantes. Les collectivités deviennent des points de passage importants vers de futurs gisements de données et vers de nouvelles relations avec la multitude. Les plateformes ne feront pas de véhicule (voir Google ne s’intéresse pas d’automobile) car il est plus rentable de se positionner à la périphérie et au plus près de la Multitude. Les collectivités devront faire levier des plateformes et co-innover tout en imposant plusieurs conditions.

source GAFANOMICS by FaberNovel

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Columbus, est-ce là que tout va commencer ?

Est-ce que l’histoire retiendra que la ville de Columbus a été la première à mettre en œuvre une approche radicalement nouvelle pour améliorer les mobilités sur son territoire (article du Guardian qui présente les échanges entre Google et la ville de Columbus) ? ou est-ce que Flow rejoindra la liste des projets de Google X « qui ont échoués » (vidéo : comment Google apprend des échecs et poussent les projets à échouer plus vite) comme les Glass ? La situation s’apparente à l’expérience du chat de Schrödinger. Quand nous saurons, ce sera trop tard. Si SideWalk lab réussit à optimiser les flux, réduire les coûts tout en quantifiant précisement les bénéfices pour toutes les parties prenantes, même si cette approche est moins « scalable » qu’un waze, avant 2020 des villes européennes auront contractualisé. Et là encore, terrible effet des rendements croissants, plus les moteurs d’apprentissage de Google seront alimentés par différentes villes, plus ils seront précis et apporteront de la valeur et plus les villes voudront en bénéficier.

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En finir avec la technique [2/2]

[Suite d’un premier article]

Pourtant Laetitia Vitaud nous dit que le salariat ne va pas disparaitre. L.Vitaud parle d’une nouvelle forme de salariat, permettant de maintenir ces compétences, d’être protégé au niveau de son logement et sa protection sociale pour pouvoir entreprendre. Rappelant que “dans certains cas, le salariat est au contraire préférable pour une firme : plus besoin, par exemple, de recruter et de former chaque jour un travailleur journalier pour s’acquitter des différentes tâches dans l’entreprise. Un lien contractuel avec les travailleurs permet aussi d’éviter de négocier constamment leur rémunération”. Le salariat n’a donc jamais été aussi important et souhaité. Mais quel salariat ? Le salariat est déjà en train de se transformer : salariat en entreprise & travail indépendant, auto-entrepreneurs & salariés, entrepreneur & chômage.

Et L.Vitaud de rajouter un point essentiel sur cette transformation : “En revanche, l’intégration dans l’institution salariale des composantes hétérogènes que sont les revenus, la protection sociale et le statut social, longtemps garantie par les grandes entreprises, est en voie d’affaiblissement. C’est bien le “dégroupage” des composantes du travail salarié qui est à l’oeuvre aujourd’hui. Et la raison de cette désintégration du salariat est l’affaiblissement des grandes entreprises fordistes […] On assiste à la création d’institutions inédites visant à sécuriser leur situation et recréer pour les freelancers la sécurité économique qui a fait l’attractivité et la puissance du salariat”. Comme souvent nous manquons de mot et de recul sur notre propre regard pour décrire plus finement les transformations en cours. Le travail se transforme donc, il est en transition. Seul le mot reste, et nos imaginaires …

« We can’t see our culture very well, because we see with it« , William Gibson

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MétaNote N°23 – L’avenir du soutien public à l’innovation

« Chaque entreprise et même chaque organisation sera obligée de se transformer dans les prochaines années », Tim O’Reilly – 2015.

Après la révolution numérique, de nouvelles entreprises monopoles ont émergé, proposant de nouvelles expériences, de nouvelles façons d’interagir avec les marques. Les citoyens devenus connectés ont également mis en œuvre de nouveaux modes d’actions pour échanger, pour consommer, pour gérer leur excès de capacité. De nouvelles alliances se sont ainsi créées. Elles sont puissantes, elles sont à rendement croissant, renforçant ainsi chaque monopole. Ces alliances s’appuient toutes sur des plateformes. Construire et maîtriser une plateforme n’est plus une option. Les entreprises productrices organisées en filière ont été, sont ou seront dominées par des plateformes. Ces dernières affichent de nombreux avantages comme l’antifragilité (au sens de N.Talleb) en intégrant au plus près les boucles rétroactives des utilisateurs et la capacité à tirer profit des effets de réseaux. Mais la principale force tient dans la re-distribution des capacités d’innovations à tout l’écosystème puis la re-concentration. Une plateforme dominante offre des avantages aux développeurs via des API, aux consommateurs via des produits/services compétitifs, à chaque acteur de l’écosystème et à d’autres plateformes. Structurellement, elle « encapacite » d’autres acteurs, puis concentre leur production et leur redistribue une partie de la valeur créée via la plateforme.

Les GAFA, toutes issues d’une startup, dominent aujourd’hui des secteurs et se propagent. Nous pouvons tout attendre des startups. Pour autant les firmes multinationales historiques composent encore aujourd’hui la principale part des écosystèmes industriels. Nous ne pouvons pas tout attendre des startups.

Chaque entreprise est spécifique dans ses produits, ses clients, ses réseaux, son écosystème, sa culture, sa raison d’être. La menace de structure plus agile et rapide n’est pas nouvelle. Elle est maintenant permanente, multiforme, mondiale, démultipliée en amont et en aval. Dans un monde V.I.C.A. , « chaque entreprise et même chaque organisation sera obligée de se transformer dans les prochaines années », Tim O’Reilly – 2015

Face à ces plateformes à forte culture numérique, le soutien public à l’innovation doit se ré-inventer.

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Le pair, le réseau, le blockchain et le désir mimétique

Blablacar publiait récemment une étude montrant que le covoiturage conduit à des pratiques de conduite moins accidentogène qu'en étant seul dans sa voiture. Ce constat est vrai dans de nombreux domaines : par exemple, l'alimentation diffère entre les personnes qui mangent seules et celles qui mangent en groupe. L'autosurveillance de soi est modifié sous le regard des autres. En conséquence, la mise en réseau, favorisant la rencontre, comme le partage de biens et de services créent les conditions favorables à des changements de comportement individuel. Ce triptyque – Soi, objet désiré, médiateur – n'est pas nouveau, c'est la thèse centrale de René Girard sur le désir mimétique comme socle de nos sociétés.

Soit nous prenons conscience que nous "consommons" avant tout pour mimer l'autre, pour lui ressembler tout en pensant être différent, sans être attirer par l'objet du désir et nous "changeons de niveau"; soit nous continuons à rester prisonnier de notre désir mimétique et les "nouvelles" économies n'apporteront quasiment rien. Pour "changer de niveau", il faut d'abord avoir conscience du désir mimétique. Et là, arrive le blockchain …

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Helsinki souhaite devenir la plateforme européenne des services de Mobilités

Pour Sonja Heikkila, invitée à la conférence de lancement de la Fabrique des Mobilités : “Let us merge underground, bus, train, tram, taxi, ride sharing, and city bike services into one application in a smart phone. Then let companies compete on who provides the total service to users fastest or cheapest.”. Et elle indique l'objectif d'un Get anymwhere Mobility Package for 300 €/month (Présentation ci dessous).

La Finlande, en commençant par Helsinki, souhaite devenir la première plateforme d'innovation ouverte pour réaliser l'offre intégrée parfaite "Mobility as a Service". Cette initiative est menée conjointement avec le Ministère des Transports et des Telecoms et TEKES.

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La dé-possession automobile devient un business

Le numérique tisse des liens privilégiés avec les usagers des transports, les citoyens, les automobilistes. D'après le rapport Gafanomics, Facebook a mis 10 ans pour capter 16% de notre temps. La palette de services de mobilité s'améliore tous les jours, soit par de nouveaux services, soit par des améliorations, abaissant les barrières à l'expérimentation. Il devient chaque jour plus facile d'essayer. Ce point est essentiel dans la conduite du changement : pas de friction pour essayer, pour revenir en arrière, puis y revenir (lire l'article Changer. Enfin).

Plusieurs facteurs se combinent :

  • au quotidien, l'expérience de mobilité en voiture ou en TC reste mauvaise,
  • la multitude de niche, de solution de mobilité alternative se développe,
  • les territoires y voient là une opportunité pour palier aux difficultés économiques des transports collectifs,
  • des aggrégateurs se préparent à rassembler et organiser cette multitude. Il s'agit de devenir la première plateforme d'accès, l'application centrale, capter le premier clic. Ceci conduit Google Now à nouer des partenariats avec des applications tierces. La promesse est claire, Google Now vous poussera la bonne info contextualisée, personnalisée au bon moment.

Maintenant des acteurs organisés, puissants et déterminés ont intérêt à changer les pratiques de mobilités. En étant connectés, reliés aux utilisateurs (bien mieux que les acteurs historiques), ils acquièrent de nouvelles connaissances à la fois sur les pratiques de mobilités mais également sur les processus de changement de pratiques. Ils nouent de nouveaux partenariats avec les territoires à la fois au niveau des connaissances (comme Waze à Rio), mais également dans la mise en oeuvre de solutions de mobilité à bas coûts.

La voiture utilisée en commun devient progressivement le transport collectif des villes sous tension. Et en même temps, la dé-possession automobile devient un business.

Ce rapport Innovative Transportation Index dresse un bilan dans 70 villes aux USA sur l'offre existante en matière d'alternative à la voiture possédée.

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Par le troc de données, et si on inventait aujourd'hui de nouveaux contrats ?

En modifiant le couple support/message, Michel Serres nous décrit comment le numérique, comme les précédents, bouleverse le droit établi.

Quand le numérique outille les dynamiques sociales issues de l’économie collaborative, émergent de nouveaux flux de richesses (lire Dans vos projets et organisations, quelles sont les vraies richesses ?). Plusieurs exemples existent maintenant. Ce ne sont plus des signaux faibles. Hier des start-ups proposaient des services, des informations aux citoyens pour résoudre un problème : Waze pour mieux circuler en voiture grâce à l’information temps réel des « autres » dont l’utilisateur fait partie, Moov’it pour mieux circuler dans les transports en communs, Strava pour être visible dans la communauté des cyclistes et rendre visible cette communauté, Uber pour trouver un véhicule avec chauffeur, etc … Aujourd’hui ces start-ups ne le sont plus.

Elles sont en passe de trouver un ou plusieurs modèles d’affaires, s’appuyant sur les données qu’elles génèrent pour proposer simultanément le produit/service de base et de nouvelles richesses à d'autres acteurs. Bientôt, ces sociétés auront plus d'informations que les pouvoirs publics sur les pratiques quotidiennes des citoyens. Et si s'inventaient aujourd'hui de nouveaux contrats ?

 

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Données privées et Automobile

Le numérique ne fait pas que résoudre d'anciens problèmes, il en crée de nouveaux. Plus complexes, plus transversaux. Une fois numérique, l'automobile produit des données, beaucoup de données. D'abord utilisées uniquement "à bord", en boucle fermée, les données ont été produites et utilisées par des actionneurs, pour des questions de sécurité (ABS et autre), de pilotage du moteur et des systèmes de post-traitement, de confort. Jusqu'à présent, l'automobile et son conducteur auto-produisent des données qui sont directement utilisées par l'automobile pour fonctionner. Demain, le duo "auto-conducteur" vont produire des données géolocalisées qui vont "sortir" de l'automobile. Le duo auto-conducteur devient un geyser de données multiples, hétérogènes, contextualisées, extrêmement riches.

Se posent alors plusieurs questions : à qui appartiennent ces données ? quelles données ? pour combien de temps ? et après anonymisation ? qui seront les prochains "Lords of the cloud" (cher à Jaron Lanier) qui exploiteront ces geysers ?

Et si se préparait là la principale zone de combat entre les constructeurs et les GAFA ?

Google image "voiture connectée"

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