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L’histoire ne se répète pas, mais parfois elle rime

Les PF (GAFA, NATU, BATX) ont atteint des tailles et des capacités d’investissement identiques aux constructeurs. Le hardware voit son coût s’effondrer et le software voit son pouvoir croitre. Une conjonction de trois dynamiques est à l’oeuvre.

  1. Le pouvoir des PF se renforce avec l’IA, et ce sont les les flux d’activités de la multitude sur les PF qui construisent les IA. Les mécanismes d’auto-apprentissage se mettent en place, refermant d’ici peu toutes opportunités pour concurrencer les IA/PF en place. La maîtrise de l’IA est consubstantielle de la conduite robotisée. Plus le pouvoir des IA/PF se renforce, plus les liens avec la multitude se renforcent également et se diversifient.
  2. Le véhicule électrique devient progressivement une évidence par l’abaissement du prix des batteries et leurs performances. Plus l’électrification progresse plus le véhicule débarrassé de son moteur et transmission peut devenir une commodité (et un haut de gamme à l’autre extrémité des possibles). Plus il devient une commodité, plus cela ouvre des possibilités pour le véhicule serviciel. Plus le véhicule électrique devient une commodité, plus les liens entre le fabricant de l’objet physique et la multitude se réduisent et s’appauvrissent.
  3. La demande de mobilité (pas de véhicule) est un sujet totalement différent que la vente de voiture. La vente d’un objet au kg (1 fois tous les 8 ans pour des catégories CSP+ avec 1 million par an en France pour les particuliers) n’a aucun lien avec la vente d’une expérience de trajet plusieurs fois par jour pour tous (175 millions de déplacement par jour en France). Les IA/PF sont particulièrement bien placées pour connaître (via les traces des smartphone), apprendre et prévoir les pratiques individuelles. Et donc conseiller les collectivités tout en poursuivant le développement de la relation avec la multitude. Parmis les acteurs en position, le classement suivant décrit la qualité du lien avec la multitude concernant la mobilité quotidienne : IA/PF > Collectivité – Opérateurs TC >> constructeurs.

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Les GAFA et les territoires

Dans le cadre du lancement de France IA, stratégie nationale, ce post aborde surtout l’IA faible et le rôle des territoires. Olivier Ezratty offre une synthèse complète sur le sujet [pdf]. L’IA faible est maintenant au contact de la multitude via nos smartphones. Des IA utilisent déjà d’autres logiciels comme des jeux videos pour apprendre (voir Udacity dans le domaine des mobilités), d’autres comme QuickDraw implique la multitude. Un précédent article basé sur l’étude de TheFamily identifiait les principales raisons qui conditionnent l’émergence d’acteurs numériques majeurs. L’objet de ce post est plutôt d’identifier quelques pistes pour équilibrer la position des collectivités à l’égard des plateformes existantes. Les collectivités deviennent des points de passage importants vers de futurs gisements de données et vers de nouvelles relations avec la multitude. Les plateformes ne feront pas de véhicule (voir Google ne s’intéresse pas d’automobile) car il est plus rentable de se positionner à la périphérie et au plus près de la Multitude. Les collectivités devront faire levier des plateformes et co-innover tout en imposant plusieurs conditions.

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Ceci n’est pas une place de parking

Le contrôle-sanction du stationnement va être géré par des sociétés privées. Cette réforme, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2018, est permise par la loi sur les métropoles (loi MAPTAM) de 2014. Elle conduit au développement de nouvelles solutions techniques comme cette voiture équipée de caméra avec reconnaissance de plaque beaucoup plus « efficace » qu’un humain (lien vers un article). Aujourd’hui le rendement du stationnement, c’est-à-dire le paiement réel du stationnement est faible, et donc la privatisation est vue comme un moyen d’augmenter ce rendement en acceptant qu’une société privée se rémunère sur une partie des bénéfices. Ce premier niveau de lecture est intéressant mais totalement insuffisant pour envisager les prochaines années.

Une place de stationnement doit être vue en même temps comme une gare multimodale, un espace public d’une très grande valeur économique, un facteur d’attractivité économique pour les commerces et en général tous les acteurs urbains, un élément essentiel de la carte et une donnée stratégique à maîtriser en temps réel. Aucun acteur n’a engagé aujourd’hui une démarche coordonnée pour se placer au centre de la valeur. Sauf Google.

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Google ne s’intéresse pas à l’automobile. Vous n’avez rien à craindre.

Il y aura toujours besoin des constructeurs pour fabriquer des voitures. Tout le monde sait que c’est compliqué, très technique et complexe. Les GAFA resteraient donc aux portes de l’automobile, peut être autorisés à venir sur le tableau de bord. Tout le monde sait aussi que la construction automobile n’est pas un bon moyen de gagner de l’argent, les pièces détachées et services financiers sont largement plus profitables. Donc aucun des GAFA n’a intérêt à plier de la tôle et produire des moteurs (électriques). En restant centré sur le même objet, en utilisant les mêmes mots comme « voiture autonome », nous perdons le fil d’un changement plus large qui est déjà en train d’opérer.

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Le temps passé à téléphoner devient négligeable et pourtant nous continuons à appeler cet objet « un téléphone, un smartphone ». Cet objet et l’écosystème industriel autour de lui n’a absolument rien en commun avec la téléphonie seule, d’autant plus quand cela est analysé sous l’angle de la valeur.

De même Google ne s’intéresse pas à l’automobile, ni même à la robotisation de l’automobile. Google poursuit son travail : l’enveloppement de la multitude par des services en évolution permanente focalisé sur la résolution de vos problèmes et questions, au quotidien. Il s’agit de conserver cette relation proche et très spécifique qu’ont les GAFA avec chacun d’entre nous. Cette relation est radicalement nouvelle d’un point de vue industriel car elle transcende la notion de marque telle que nous la connaissions.

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Après Pokemon Go

Le phénomène Pokemon Go étonne par son ampleur et ses caractéristiques. Or ce n’est qu’une émergence visible de phénomènes et de développement en cours depuis des années. Comme nous l’explique très bien Philippe Gargov, Pokemon Go nous permet de comprendre la ville numérique, telle qu’elle est, ou plutôt telle qu’elle était avant même que Pokemon Go n’existe. En effet, devant une apparence de jeu sympa pour enfant, il y a une aventure industrielle qui remonte à plusieurs années. En résumé, détenir le record de téléchargement (des millions de personnes par jour), le record de temps passé (des dizaines de minutes par jour), ne doit rien au hasard.

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Columbus, est-ce là que tout va commencer ?

Est-ce que l’histoire retiendra que la ville de Columbus a été la première à mettre en œuvre une approche radicalement nouvelle pour améliorer les mobilités sur son territoire (article du Guardian qui présente les échanges entre Google et la ville de Columbus) ? ou est-ce que Flow rejoindra la liste des projets de Google X « qui ont échoués » (vidéo : comment Google apprend des échecs et poussent les projets à échouer plus vite) comme les Glass ? La situation s’apparente à l’expérience du chat de Schrödinger. Quand nous saurons, ce sera trop tard. Si SideWalk lab réussit à optimiser les flux, réduire les coûts tout en quantifiant précisement les bénéfices pour toutes les parties prenantes, même si cette approche est moins « scalable » qu’un waze, avant 2020 des villes européennes auront contractualisé. Et là encore, terrible effet des rendements croissants, plus les moteurs d’apprentissage de Google seront alimentés par différentes villes, plus ils seront précis et apporteront de la valeur et plus les villes voudront en bénéficier.

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[balise N°2] Les Transports du Futur

Une 1ère balise posait un constat sur les acteurs en présence, les défis à relever et une piste étroite à explorer. En à peine une année, les oscillations de l’éco-système se sont amplifiées. Les dispositifs régulateurs ne suffisent plus pour retrouver une situation stable, historique, pour revenir “avant”. Ni les normes, ni les règles en place, ni les fédérations ne permettent d’amortir et de réguler. C’est même l’inverse, à chaque grève, les téléchargements augmentent. Les GAFA et NATU sont maintenant connectés à la multitude et proposent des solutions de mobilités opérationnelles. Ils ne cherchent pas à concurrencer les acteurs historiques, ils souhaitent simplement être au centre de l’attention de la multitude. Pour l’enrober en permanence, pour être sûr de rester en contact avec elle. Intégralement. Et les dommages collatéraux n’ont pas encore eu lieu.

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Le Playground d’Andy Rubin est passionnant

Créateur d’Android, racheté par Google, Andy Rubin met en œuvre un projet radical en matière d’innovation. Sur le fond, puisqu’il s’agit d’intégrer l’Intelligence Artificielle (IA) dans un maximum de projet mais aussi sur la forme, en regroupant conseils, incubations de startups et intégration de services pour développer l’IA directement dans le hardware des projets accompagnés.

« Lorsque j’ai une intuition sur la façon dont quelque chose doit être , j’essaye de comprendre pourquoi il ne peut pas en être de cette façon aujourd’hui« , dit-il. Rubin a une certaine expérience de l’entrepreneuriat et toujours un coup d’avance sur des domaines clés :

1981 – Social Networking, Twenty-three years before Facebook, Rubin hones his coding skills in college by running an early social network called Spies in the Wire.

1992 – Mobile Computing, As an engineer at the Apple spinoff General Magic, Rubin helps create Magic Cap, an operating system for early handhelds that is years ahead of its time. It includes a prototype of the virtual keyboards used on phones today.

2001 – Smartphone Design, As a cofounder of Danger, Rubin unveils the Hiptop—aka the T-Mobile Sidekick—which introduces now-familiar features like always-on connectivity, cloud storage, and a rudimentary app store.

2003 – Mobile Platform Dominance, Rubin launches Android, a comprehensive, open source mobile operating system. Android goes on to be acquired by ­Google—and to become the biggest smartphone platform on the planet.

2004- Self-Driving Cars, Rubin puts $100,000 into Sebastian Thrun’s efforts to build a self-driving car—resulting in a victory at the 2005 Darpa Grand Challenge. Thrun goes on to head Google’s autonomous car program.

2015 – Artificially Intelligent Hardware, Eager to move beyond smartphones, Rubin starts Playground, a company that aims to create a manufacturing and development platform for AI-equipped devices.

Rubin a une théorie : « l‘humanité est sur le point d’entrer dans une nouvelle ère de l’informatique ». Tout comme MS-DOS a fait place à Macintosh et Windows, ce qui a donné lieu au web, ce qui a donné lieu aux smartphones. Il pense que les forces sont en place pour commencer une transition vers la prochaine grande plate-forme : l’intelligence artificielle.

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Le logiciel dévore l’automobile

DOMIN : Sulla, laissez Mademoiselle Glory vous regarder un peu.
HELENA : (se lève et tend la main) Ravie de vous rencontrer. Ce doit être très dur pour vous, ici, coupée du reste du monde.
SULLA : Je ne connais pas le reste du monde, Mademoiselle Glory. Je vous en prie, asseyez-vous.
HELENA : (s’assoie) D’où venez-vous ?
SULLA : D’ici, l’usine.
HELENA: Oh, vous êtes née ici.
SULLA : Oui, j’ai été fabriquée ici.
HELENA (Surprise) Comment ?
DOMIN : (riant) Sulla n’est pas une personne, Mademoiselle Glory, elle est un robot.
HELENA : Oh, s’il vous plait, excusez-moi.

Début de la pièce de théâtre R.U.R. de Karel Kapek, écrite en 1920, a utilisé pour la première fois le mot « robot ».

De l’électronique au numérique

Des millions de ligne de code, plusieurs calculateurs pour gérer les actionneurs moteurs, le système d’injection, de post traitement des gaz d’échappement (le cas VW), la boite de vitesse, le freinage, la climatisation ou encore le système d’infotainement. Progressivement l’automobile intègre l’électronique, c’est à dire que des fonctions autrefois uniquement mécaniques sont maintenant gérées par des capteurs, calculateurs, actuateurs. Cette évolution importante n’est cependant qu’une évolution mineure au regard des mutations qui arrivent. Pire, elle prépare l’arrivée d’autres acteurs venant du logiciel vers le cœur de la valeur automobile (lire la révolution numérique et la fin de l’automobile).

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Robotisation des véhicules, de l’invention à l’innovation

Voiture autonome, GoogleCar, le sujet est devenu « hype », au sommet de la courbe de Gartner. Il est donc urgent de penser la robotisation autrement. L’automatisation de la conduite est le résultat d’un assemblage de techniques conduisant à une invention. Désormais nous savons que cette invention aura lieu, les questions portent sur le ou les innovations rendues possible par cette invention. Quels marchés seront transformés en premier (lire la MétaNote sur le cybercar) ? quels acteurs ont intérêt à la robotisation ? quels sont ceux qui n’ont pas intérêt ? Et dans quels contextes géopolitiques émergeront les premiers véhicules robotisés ?

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