Economie collaborative et Intelligence collective, et si l’Ordre Marchand reprenait la main ?

Nous entrons dans un nouveau système d'échanges, basé sur de nouvelles formes de relation entre individus rendues possible par le numérique. De nouvelles formes d'intelligence collective accessibles désormais à de collectifs en grand nombres, se positionnent comme des alternatives crédibles aux structures traditionnelles de l'Ordre Marchand. De nouveaux champs de recherche se créent pour étudier cela (MIT, CI lab, CIRI), de nouveaux modèles d'affaires naissent. Mais rien n'est établi. La promesse de ce nouvel équilibre n'est pas garantie.

La Foule, au sens de la Multitude (proposé dans le livre l'âge de la Multitude, voir ici mes notes et extraits), pourrait accéder à un niveau de connaissance inédit, à de nouveaux pouvoirs, à de nouveaux rôles en matière de créations industrielles, artistiques, politiques (comme un do-tank) ou sociales. Mais les techniques mises en oeuvre, notamment l'exploitation des Big Data pourraient dépasser la Foule. Individuellement, nous n'apprenons pas assez vite à exploiter le potentiel offert par le déluge de données, et nous n'avons pas d'autres solutions…

Alors, cette implication des citoyens, ces crowdX, ces solutions participatives ne seraient qu'un nouveau moyen à disposition de l'Ordre Marchand pour accéder à de nouveaux marchés, de nouveaux modèles d'affaires.

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Les changements de comportement : une image

Ces changements de comportement sont rapides. La possession exclusive de l'automobile individuelle privée se réduit, la multimodalité se développe. Quand l'effet lié à l'âge des acheteurs se fera sentir (d'ici 5 ans), une nouvelle vague de chute des ventes des véhicules neufs s'enclenchera. D'autres modèles d'affaires sont accessibles, mais ils sont plus complexes.

Bienvenue dans l'industrialisation de nouveaux systèmes de mobilité.

Multimod2

 

Quel équipage explore aujourd'hui votre avenir ? vos prochains modèles d'affaires ?

Quels que soient vos produits ou services actuels, ils devront évoluer, s'adapter jusqu'à se transformer totalement. De nouvelles organisations ignorent les chaînes de valeur existantes, industrialisent de nouvelles expériences, au plus près de l'intimité des consommateurs, leurs donnent envie de travailler, de produire, de créer sur leur plateforme pour en capter une partie de la valeur. Ils y parviennent puisqu'ils ressentent parfaitement le monde qui vient, basé notamment sur la cocréation de la valeur avec les utilisateurs. Reprenant l'âge de la multitude, ce sont des entreprises sensitives : "L’entreprise sensitive peut percevoir les aspirations diffuses, se couler dans les conversations, personnaliser son offre, accompagner l’intimité de ses clients".

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Les transports à l'âge de la multitude

Depuis 20 ans, le numérique s'insère partout et ce n'est que le début.

Que les industriels « historiques » le veuillent ou pas. De nouvelles industries, vieilles de quelques années, sont en train d'inventer de nouvelles règles, de nouvelles lois, de nouveaux modèles d'affaires. Elles n'ont pas les mêmes "pas de temps" d'innovations. Elles bousculent maintenant tous les secteurs et dégagent des profits colossaux. Elles conçoivent des produits et services qui modifient profondément nos modes de vies, qui s'insinuent au plus près de notre intimité. En utilisant massivement nos traces numériques, elles ont réussi ce que toute industrie a toujours rếvé : faire participer en continu les clients à la conception et la mise au point des produits ou services sans aucune rémunération. Amazon annonce que 40 % des ventes sont réalisées à partir des propositions du moteur numérique qui est lui-même alimentés à partir des commentaires, achats des clients eux-mêmes. Le numérique permet également d'inclure toutes les innovations externes si on est capable de les collecter, de les aspirer et d'une certaine façon de séduire. Quand on ajoute à cela, des progressions géométriques des capacités de calcul ou des baisses de prix, nous sommes bien en présence d'un changement tout à fait inédit qui va progressivement impliquer 7 milliards d'humains. Le livre l'âge de la multitude de MM.Colin et Verdier étudie particulièrement ce phénomène (voir mes notes et extraits). 

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1ère étape, la voiture connectée par IBM – 2ème étape Ingress par Google

IBM, dans son dernier Executive Report Transforming Retail / Engaging customers through information, influencers and interactions, propose aux industries "historiques" du monde automobile d'intégrer 4 nouvelles dimensions à leurs produits : differenciation de rupture, expérience connectée, innovation sociale et plate-forme d'intermédiation pour de nouveaux services. Rappelant que l'objet automobile est toujours vendu de la même façon depuis 100 ans, IBM souligne qu'il serait bon d'évoluer pour satisfaire le consommateur connecté d'aujourd'hui et de demain.

Détaillons, pour bien les comprendre, les 4 points qui devrait faire de la voiture, ce nouvel objet connecté moderne … Puis nous nous appuyerons sur Ingress pour voir que ces propositions sont déjà "dépassées", elles sont nécessaires mais non suffisantes. Le tissage des mondes physiques et numériques est déjà passé à l'étape suivante. Pour de plus en plus de personnes, les échanges sur les réseaux sociaux numériques sont bien réels, et, dans le domaine des transports, les sensations offertes par la réalité augmentée et les jeux sont souvent supérieures à celles vécues dans la circulation quotidienne. Des acteurs vont déjà proposés des expériences utilisateurs encore plus … plus connectées, plus inédites, plus complexes, plus … Mais pour atteindre ce niveau 2, il faut déjà maîtriser les fondamentaux.

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Le logiciel dévore le monde, quand les codes dominent les objets

Cet article Le logiciel dévore le monde … depuis les Etats-Unis complète et confirme les propos de précédents articles notamment : Google mobility service et Nos systèmes de transport et la révolution numérique, pourquoi cela va tout changer.

Google Mobility Service, article de Science Fiction, décrivait les services de mobilité que ferait Google en reprenant leur démarche et leur lecture du monde. Le logiciel possède une place centrale. L’autre article rappelle les risques à l’inaction vis-à-vis des codes numériques : "apprenez à programmer ou vous serez programmé".  

Il devient maintenant évident que la majorité des ruptures que l’on observe sont liées à ce basculement de la valeur vers les logiciels. Ceci est vrai dans tous les domaines : tourisme, transport, services urbains, banques, éducation, santé… Concevoir et produire en masse des objets sans avoir pris soin de les « enrober » voire même de les « tisser » avec plusieurs couches de logiciels devient risqué voire inutile. Le logiciel permettant d’offrir de nouveaux services et de nouvelles expériences, il doit être lié à l’objet de façon complexe, au sens d’Edgar Morin - complexus : ce qui est tissé ensemble, nous y reviendrons. Les quatre raisons identifiées par Nicolas Colin sont particulièrement importantes :

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La voie de l’équilibre – Industries, Citoyens, Environnement et Territoires

La situation est clairement critique. D’un de point de vue énergétique, les experts estiment à plusieurs milliards par an les investissements à réaliser pour sortir de la dépendance au pétrole, pour améliorer notre efficacité dans tous les secteurs, dont les transports. Le précédent Schéma National des Infrastructures de Transports issu du Grenelle sera revu, sans doute à la baisse. D’un point de vue économique, les experts constatent la difficulté des industries automobiles dans un marché européen saturé, avec comme sorties possibles le Low cost ou le Premium. D’un point de vue environnemental, les experts soulignent que plusieurs critères en matière de qualité de l’air ne sont pas respectés, les conséquences sanitaires sont déjà connues : plus de maladies, de décès. D’un point de vue social, les citoyens et les entreprises observent que les transports ne s’améliorent pas (congestion, budget), et ne voient pas quel avenir se dessine…

Mais l’avenir dépend directement de nous, de nos choix, et précisément de notre vision de cet avenir. Ce bouclage, traité en profondeur par Jean-pierre Dupuy est essentiel à comprendre. Il nous faut collectivement décrire ce futur crédible et souhaitable – cette voie – qui, parce qu’elle sera partagée, ambitieuse, positive, conduira tous les acteurs à engager les actions qui permettront sa réalisation. La description de cette voie, si elle est bien faite, conduira donc à cette « autotranscendance ».

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Le choc à venir entre industrie automobile et industrie numérique

L'industrie automobile a choisi de concevoir, développer et commercialiser des produits qui s'adaptent à tous les territoires, tous les usages, et tous les clients. Après une formation simple (le permis de conduire), le même véhicule peut être mis entre toutes les mains. Ainsi, il a été choisi d'optimiser uniquement le véhicule. Cette stratégie "enveloppe" a atteint clairement sa limite. Devant la complexité quotidienne de nos déplacements, toutes les innovations placées dans le véhicule seul ne sont pas suffisantes; il convient d'optimiser dès le départ le véhicule et le conducteur dans son contexte. Et paradoxalement, il est désormais probable que la meilleure optimisation consistera à supprimer le conducteur …

Plusieurs articles ont été rédigés sur le basculement que provoquera l'arrivée des cybercars à la fois pour les constructeurs, mais également pour les opérateurs de transports publics, car cet objet permettra de réaliser des services inédits. Plus que tout, cet objet assurera simultanément des bénéfices individuels et collectifs facilement compréhensibles qui accélèreront les changements de comportement (voir les articles rédigés sur la notion d'holoptisme). L'objectif est ici de présenter la stratégie d'un acteur du numérique, Google, et de souligner la nouvelle bataille en cours dans le domaine des cartes qui révèle l'importance de maîtriser cette représentation du monde physique.

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L'économie de l'expérience dans le projet européen ELLIOT

Abordé dans un article précédent, l'économie de l'expérience vient "à la suite" de l'économie de la fonctionnalité. Des dispositifs sont créés et mis en oeuvre dans des laboratoires vivants (Living labs) pour que les utilisateurs eux-mêmes concoivent les services et les objets, dans le but de vivre une expérience.

Le projet ELLIOT propose notamment dans le thème de la logistique et de la ville numérique d'utiliser le potentiel de l'internet des objets pour innover et proposer de nouvelles expériences aux citoyens.

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L’économie de l’expérience dans le projet européen ELLIOT

Abordé dans un article précédent, l'économie de l'expérience vient "à la suite" de l'économie de la fonctionnalité. Des dispositifs sont créés et mis en oeuvre dans des laboratoires vivants (Living labs) pour que les utilisateurs eux-mêmes concoivent les services et les objets, dans le but de vivre une expérience.

Le projet ELLIOT propose notamment dans le thème de la logistique et de la ville numérique d'utiliser le potentiel de l'internet des objets pour innover et proposer de nouvelles expériences aux citoyens.

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