Quelques propositions pour une politique de transport par véhicules autonomes

Cet article est rédigé par Bertrand Duflos.

La présentation par Google, en mai, de ses prototypes de voitures totalement autonomes (sans conducteur) a confirmé les progrès de Google qui se prépare manifestement à lancer prochainement une offre de transport par véhicules autonomes (lire également la MétaNote N°20, La Chimère).

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Que pouvons-nous faire de ce côté-ci de l'Atlantique ?

La différence entre les acteurs européens et Google : l'industrialisation
Grâce aux sommes importantes consacrées, notamment en recherche publique, depuis plus d'une dizaine d'années sur l'automatisation de la conduite, il n'y a peut-être pas de retard technique de l'Europe sur ce que fait Google, ou peut-être pas un retard significatif.
Là où il y a du retard, c'est en termes d'industrialisation : Depuis plusieurs années, Google développe sa solution technique, en couvrant de manière de plus en plus complète les différents aspects de l'automatisation de la conduite. Google teste sa solution jour après jour sur route depuis 2012.
Certes une grande partie des centaines de milliers de km de test de voitures autonomes annoncés par Google ont été faits sur autoroute, mais… l'expérience concrète acquise par Google est indéniable.

 

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Créer et entreprendre dans le chaos, vers la ville fractale

Futur en Seine, festival numérique majeur, rassemble les dynamiques créatrices. Les ambitions sont grandes : "Changer de manière de voir et de « faire les choses », agir et partager, c’est ce que nous vous proposons pour la 5e édition de Futur en Seine, le festival mondial du numérique. Cause ou conséquence, les crises multiples que nous subissons et les manières dont le « numérique » modifie ce que nous connaissons nécessitent une remise en question « historique » de nos productions, de nos modèles et de nos organisations issues du XXe siècle. Le numérique est autant une révolution culturelle et sociale qu’une nouvelle révolution industrielle et économique. L’esprit du numérique modifie en profondeur tous les secteurs de la société et redéfinit les façons dont nous devons « fabriquer les choses »".

Dans ce cadre, mon intervention à la conférence Made In the CityLa ville numérique promet beaucoup. Sa création dépend moins des urbanistes ou des industriels que d’un changement de regard sur les manières dont on imagine, conçoit et produit la ville. Alors comment imaginer, révéler ou bâtir une ville vivante, sociale, imprévue, culturelle, mobile, immobile, hospitalière et inclusive avec et grâce au numérique ?

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Lien santé / mobilité active, vers l'autosurveillance généralisée ?

Plusieurs notes ont été rédigées sur le sujet de la surveillance (Métanote N°3 et Reloaded) . Le numérique, technique dominante, permet de relier des domaines autrefois non connectés, de surveiller profondément les comportements, de tracer les actes quotidiens et également d'apporter des informations contextualisées à hautes valeurs ajoutées. Par effet miroir, la sousveillance se déploie également.

Plusieurs notes ont été rédigées sur le rôle majeur des assureurs (lire l'article Du café des Lloyd's), structures centrées sur la connaissance des risques, donc des usages et des pratiques. En 1688, Edward Lloyd ouvre un café en plein cœur du quartier des affaires de la City, et s’efforce d’attirer la clientèle des marchands en leur fournissant des informations sur les déplacements des bateaux de sa majesté, Elisabeth I. Les assureurs ont toujours, par l’accès à l’information et la compréhension des risques, permis le développement de nouvelles activités, engendrant de nouveaux comportements.

AXA vient d'annoncer le lancement d'un service visant à récompenser les activités physiques, DONC les mobilités actives. Cette offre décrite dans le blog Numérama, reprends une initiative américaine : Aetna, compagnie d'assurance, lance une première application traçant votre activité physique pour bénéficier de réduction sur votre mutuelle de santé.. Elle intègre dans la technologie le lien santé/mobilité.

Quand certains questionnent encore les bénéfices sanitaires et financiers des pratiques de mobilités actives, AXA démontre que ces connaissances sont établies. Quels sont les futurs portés par cet exemple ? Et si ce n'était là que les premières phases d'une mutation plus profonde ?

Axa

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Parce que les services de mobilité dont l'autopartage sont encore très jeunes

Il y a à peine 10 ans, personne ne considérait le covoiturage comme une solution de transports sûre, économique, robuste. C'était pour les jeunes, les marginaux. Demandez aujourd'hui à BlablaCar en France et plus encore en Russie. Le covoiturage est encore adolescent et déjà il concurrence les acteurs historiques, comme la SNCF.

Il y a à peine 10 ans, personne n'imaginait l'autopartage comme une solution crédible, simple et complémentaire. Personne n'avait pensé toutes les solutions : one way, en boucle, entre particuliers, opérée, … C'était impossible techniquement et pratiquement. Portées par des briques numériques de plus en plus performantes, une multitude de solutions existe aujourd'hui. Elles se diffusent, bouleversent les comportements des citoyens, qui vont,de nouveau, faire évoluer ces services. Nous sommes au début de boucles itératives. L'ADEME avec le bureau d'études 6t viennent de publier des premiers résultats concernant les usages des personnes qui utilisent Autolib et Mobizen en région parisienne. Tous les résultats sont accessibles sur le blog de l'ADEME. 

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Parce que les services de mobilité dont l’autopartage sont encore très jeunes

Il y a à peine 10 ans, personne ne considérait le covoiturage comme une solution de transports sûre, économique, robuste. C'était pour les jeunes, les marginaux. Demandez aujourd'hui à BlablaCar en France et plus encore en Russie. Le covoiturage est encore adolescent et déjà il concurrence les acteurs historiques, comme la SNCF.

Il y a à peine 10 ans, personne n'imaginait l'autopartage comme une solution crédible, simple et complémentaire. Personne n'avait pensé toutes les solutions : one way, en boucle, entre particuliers, opérée, … C'était impossible techniquement et pratiquement. Portées par des briques numériques de plus en plus performantes, une multitude de solutions existe aujourd'hui. Elles se diffusent, bouleversent les comportements des citoyens, qui vont,de nouveau, faire évoluer ces services. Nous sommes au début de boucles itératives. L'ADEME avec le bureau d'études 6t viennent de publier des premiers résultats concernant les usages des personnes qui utilisent Autolib et Mobizen en région parisienne. Tous les résultats sont accessibles sur le blog de l'ADEME. 

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Que savons-nous du pouvoir de "la donnée" ?

Récemment équipé d'un objet nomade dans lequel nous externalisons des fonctions et une partie de notre mémoire et nous devenons producteur de données. Elles sont nombreuses (géolocation, produit/service acheté, …), elles sont quasi-invisibles, elles sont utilisées par des acteurs marchands sans que l'on sache vraiment comment et dans quels objectifs, elles ne sont pas facilement exploitables, aujourd'hui. Cette production commence et rien ne dit qu'elle va se réduire, bien au contraire: objets connectés, montres et lunettes productrices de données (lire Google avance ses pions vers le parfait Assistant Personnel de Mobilité).

La valeur de la donnée produite n'est pas connue "à priori", quand elle est produite. Sa valeur ne viendra que dans l'hybridation, le croisement qui seront faits, éventuellement par d'autres persones, avec d'autres données. La valeur est donc déterminée "à posteriori", dans le flux. Ceci est essentiel à comprendre, car en conséquence, les modèles d'affaires sont donc particulièrement délicats à établir. D'autant que c'est bien l'accès à cette donnée qui permettra de réaliser cet outil; rendez là payante et l'outil disparaît. Une narration fictive N°7 (La plateformisation a commencé) propose un futur possible dans ce domaine …

Chaque personne doit maintenant prendre conscience que les données qu'elle produit (ou produira bientôt) doivent être répertoriées et gérées, sinon des acteurs le feront (mais pas avec les mêmes conséquences).

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Du changement de comportement à l'engagement citoyen

Le changement de comportement devient un objectif, généralement abordé à coté des progrès technologiques. Comme si l'un et l'autre étaient séparés. Faire changer les pratiques pour mieux trier les déchets, pour utiliser les transports en communs ou le vélo. Un précédent article (quelle place pour les apports de la psychologie sociale face à l'incantation du report modal ?) décrit les méthodes employées aujourd'hui : marketing individualisé pour donner du sens à l’action et de travailler sur ce qui est socialement désirable.

En même temps, il est possible de passer de l'accompagnement au changement à l'engagement par l'action. Le projet Mobi-lise soutenu par l'ADEME, vise précisement à encourager les citoyens d'un territoire à produire et partager de nouvelles données stratégiques, leur trace de mobilité enrichie. Ces données mises en commun et hybridées permettront aux citoyens et aux décideurs locaux de mieux comprendre, de mieux agir. Le projet vient de commencer, il est décrit sur le site de Chronos.

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Et si c'était le design du ticket de transport qui était central ?

Avec la nouvelle application de MTBA (Massachusetts), il est possible d'acheter directement sur son téléphone son titre de transport, sans surcoût. The Race is On for the Transit Ticket of Tomorrow

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Google Maps devient, dans les faits, Google Mobility

La dernière version de Google Maps est excellente. Elle s'approche un peu plus du parfait Assistant Personnel de Mobilité, en intégrant Waze, des photos du parcours, plusieurs modes dont le vélo (et des informations altimétriques) et demain la billetique, les transports en commun temps réel, les véhicules partagés … Le smartphone devient la clé multimodale : simple, performante et disponible.

Jakarta

 

Dongfeng/PSA et Facebook/WhatsApp

En même temps, Dongfeng injecte 800 Millions d'euro et Facebook rachète WhatsApp 16 Milliards d'euro. Ces deux évènements ont lieu. Jouant probablement dans deux mondes différents. En tout cas, ce sont deux visions du monde qui vient. La première Alliance tente de prolonger une économie de la rareté, utilisant des ressources finies pour des marchés à remplir. La seconde met en oeuvre des ressources immatérielles (appuyées sur des techniques et des investissements lourds), des ressources infinies pour des expériences à inventer.

16 milliards pour des abeilles

Pourquoi investir 16 milliards dans un réseau de messagerie instantanée ? Est ce que "ça les vaut" ? Pour tenter d'analyser cela, il faut penser comme les acteurs du numérique. Yann Moulier Boutang a théorisé ce mode de fonctionnement par l'économie de la pollinisation. La valeur de l'Abeille n'est pas uniquement dans le miel et la cire mais dans la pollinisation. Et c'est bien cela que Facebook a acheté : des abeilles.

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