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Le programme Apollo par Baidu, le pire scénario pour l’industrie automobile européenne

Baidu a annoncé aujourd’hui un nouveau projet intitulé « Apollo » qui fournira une plate-forme logicielle ouverte, complète et fiable pour ses partenaires dans l’industrie de la conduite automobile et autonome afin de développer leurs propres systèmes de conduite autonome avec des véhicules de référence et une plate-forme matérielle.

En ouvrant sa technologie de conduite autonome robuste, mature et sûre à l’industrie, Baidu vise à construire un écosystème collaboratif, en utilisant ses forces dans la technologie de l’intelligence artificielle (IA) pour collaborer avec d’autres entreprises afin de promouvoir le développement et la vulgarisation de la conduite autonome.

Le projet Apollo fournit une solution complète de services matériels et logiciels qui comprend une plateforme de véhicule, une plateforme matérielle de capteur, une plateforme logicielle et des services de données. Baidu ouvrira les codes sources gérant la perception des obstacles, la planification de la trajectoire, le contrôle des véhicules, les systèmes d’exploitation des véhicules et d’autres fonctions, ainsi qu’un ensemble complet d’outils de test.

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Le logiciel dévore l’automobile

DOMIN : Sulla, laissez Mademoiselle Glory vous regarder un peu.
HELENA : (se lève et tend la main) Ravie de vous rencontrer. Ce doit être très dur pour vous, ici, coupée du reste du monde.
SULLA : Je ne connais pas le reste du monde, Mademoiselle Glory. Je vous en prie, asseyez-vous.
HELENA : (s’assoie) D’où venez-vous ?
SULLA : D’ici, l’usine.
HELENA: Oh, vous êtes née ici.
SULLA : Oui, j’ai été fabriquée ici.
HELENA (Surprise) Comment ?
DOMIN : (riant) Sulla n’est pas une personne, Mademoiselle Glory, elle est un robot.
HELENA : Oh, s’il vous plait, excusez-moi.

Début de la pièce de théâtre R.U.R. de Karel Kapek, écrite en 1920, a utilisé pour la première fois le mot « robot ».

De l’électronique au numérique

Des millions de ligne de code, plusieurs calculateurs pour gérer les actionneurs moteurs, le système d’injection, de post traitement des gaz d’échappement (le cas VW), la boite de vitesse, le freinage, la climatisation ou encore le système d’infotainement. Progressivement l’automobile intègre l’électronique, c’est à dire que des fonctions autrefois uniquement mécaniques sont maintenant gérées par des capteurs, calculateurs, actuateurs. Cette évolution importante n’est cependant qu’une évolution mineure au regard des mutations qui arrivent. Pire, elle prépare l’arrivée d’autres acteurs venant du logiciel vers le cœur de la valeur automobile (lire la révolution numérique et la fin de l’automobile).

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Robotisation des véhicules, de l’invention à l’innovation

Voiture autonome, GoogleCar, le sujet est devenu « hype », au sommet de la courbe de Gartner. Il est donc urgent de penser la robotisation autrement. L’automatisation de la conduite est le résultat d’un assemblage de techniques conduisant à une invention. Désormais nous savons que cette invention aura lieu, les questions portent sur le ou les innovations rendues possible par cette invention. Quels marchés seront transformés en premier (lire la MétaNote sur le cybercar) ? quels acteurs ont intérêt à la robotisation ? quels sont ceux qui n’ont pas intérêt ? Et dans quels contextes géopolitiques émergeront les premiers véhicules robotisés ?

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Elon Musk veut accélérer le temps pour ses cybercars

La voiture autonome, la Chimère (lire la MétaNote N°20), incarne la finalité de la transition numérique dans le domaine automobile. En supprimant le lien entre l'homme et la machine, la chimère n'est plus une voiture, sauf pour quelques constructeurs Premium, mais à la fois, un taxi, un bus, une voiture partagée. Le mot "voiture" devant autonome verrouille nos imaginaires. Pour les acteurs de la filière, la chimère ne sera pas là avant plusieurs dizaines d'années et de nombreux verrous réglementaires existent (lire cet article). Nous en sommes à la phase 2 sur 5 des phases du déni récemment décrits par Nicolas Colin :

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Dans un échange entre Bill Gates et Elon Musk (vidéo ci dessous), ce dernier évoque une piste pour amener des véhicules sans conducteur sur les routes (allez à 48min56s). Les verrous ne sont pas techniques, et 5 ans séparent Tesla d'une version techniquement validée. Par contre, les autorisations réglementaires vont nécessiter plus de temps et Elon Musk propose dès maintenant d'équiper les voitures qui circulent d'intelligence artificielle.

Son objectif est simple, accélérer le temps…

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(Quand et où) La révolution numérique aura-t-elle lieu dans l’automobile ?

L'article de Bernard Jullien du GERPISA "Quelques solides raisons de penser que la révolution digitale n'aura pas lieu dans l'automobile" fait donc le pari que l'automobile sortira indemne de la révolution numérique, que cette filière industrielle restera intacte et qu'elle l'intégrera comme les précédents assauts "sans renoncer à ses caractéristiques fondamentales". Cette question est centrale : Est ce que la révolution (ou plutôt transition) numérique va changer les fondamentaux de l'industrie automobile ? C'est à dire l'arrivée de nouveaux acteurs majeurs, son positionnement dans la chaîne de valeur, son contact et sa connaissance des clients, son modèle d'usage basé sur la propriété et la possession.

Effectivement le produit automobile est solide, et les industries qui le réalisent déploient de nombreux talents techniques et organisationnels. La MétaNote sur l'avenir de l'automobile rappelait tout cela. Et donc, vouloir industrialiser un nouvel objet roulant ou un nouveau groupe moto-propulseur en ignorant ces fondamentaux est risqué. D'autant que les industriels historiques n'y ont aucun intérêt. Pour réussir, il faut faire mieux, nettement mieux. Et effectivement, très peu de nouveaux entrants y arrivent. Citons Tesla par exemple, nous y reviendrons.

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1992, Carminat

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[Fiction N°10] USA, la mobilité Re-programmée

Fortement appuyés sur la technologie et le numérique, quatre scénario sont proposés par le Centre Rudin (USA) pour 2030. Ces scénarios sont conçus comme des provocations aux décideurs et aux aménageurs pour stimuler les débats : Growth, Collapse, Constraint ou Transformation…

 

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Toyota versus Google ou le dilemme de l'innovateur

Cette vidéo identifiée par François Bellanger concentre les principaux messages du combat qui s'engage :

  • Le plaisir de conduire n'est pas mort. Nous, constructeurs automobiles, sommes les garants de cette liberté et vous proposerons toujours des produits "à haut plaisir de conduite".
  • La voiture autonome n'est qu'un robot, sans saveur. Après avoir essayé, vous reviendrez vite à l'original.

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MétaNote 20 – La voiture sans conducteur, la Chimère

D'ici 3 ans nous dit Elon Musk, à 90% sur une Tesla. En 2020 pour Daimler, Renault-Nissan, Volvo … (lire cette fiction en 2024). Les mots employés varient d'ailleurs selon les points de vues et les auteurs : conduite assistée ou déléguée pour les constructeurs automobiles, voiture sans chauffeur ou "cybernétique" pour les industries du numérique. Cet objet peut être vu avec les lunettes d'un automobiliste classique comme un salon roulant ou comme une solution de mobilité "commandable" à volonté avec des lunettes d'un opérateur. Dans les deux cas, le véhicule sera un hybride du monde de l'industrie de l'acier et du monde du numérique. Cet objet incarne, aujourd'hui, des rêves (lire cet article sur les voitures sans conducteur et les drones), des fantasmes, des utopies. Il fait partie de la longue liste des technologies qui pourraient nous "libérer". 

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La voiture sans conducteur est donc une chimère

"La symbolique de la chimère est vaste et son nom a été repris pour désigner, dans un sens étendu, toutes les créatures composites possédant les attributs de plusieurs animaux ainsi que les rêves ou les fantasmes et les utopies impossibles" (Wikipédia).

 

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[Fiction N°8] Un jour d'Avril 2024, à Paris…

Cette fiction a été rédigée par Nicolas Le Douarec. 

""The Vertebrane system lets me access the entire information network here in the Australia project. It is like a network connection, a telephone, a TV, a computer and several other devices all rolled into one. You asked me what was tattooed on Burt's butt. I used the Vertebrane system to get the answer." Manna, Chapitre 7

Jack est tout excité.

Cela fait 3 mois qu’il s’est fait implanté sa puce organique alimentée par son propre métabolisme (lire Manna de Marshall Brain) qui lui permet à la fois de suivre en temps réel ses paramètres vitaux, et d’être en permanence connecté au réseau 8G : un réseau mesh global à très forte résilience, entièrement gratuit puisque les noeuds et les antennes de ce réseau sans fil sont, non seulement tout objet connnecté, mais les êtres humains eux même, via cette fameuse puce organique.

Jack a décidé de s'équiper le jour où on l’a retrouvé inconscient après avoir pris de plein fouet à vélo la portière d’un Engin Roulant Robot (ERR) de la Poste (ou était-ce Amazon, il ne se souvient déjà plus)… Plus de peur que de mal, une frayeur soldée par une vilaine entorse, mais un ‘presqu’incident’ qui l’a convaincu de prendre le forfait “santé-vie” du réseau 2H, avec à la clé un bonus sur sa mutuelle santé qui peut atteindre 50%, quant on sait qu’une bonne couverture santé coûte maintenant 2000 Euros/mois pour une famille. L'autosurveillance de sa santé était devenu incontournable avec pour conséquence une pratique accrue des modes de déplacement actifs.

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Voiture autonome, carte et Twitter

Libération a publié un article classique sur les voitures autonomes en interrogeant notamment certains constructeurs dont PSA. Quelques extraits : Vincent Abadie, responsable des aides à la conduite chez PSA, annonce pour 2017 « l’introduction dans les gammes Peugeot et Citroën de nouvelles fonctionnalités favorisant l’aide à la conduite et, à l’horizon 2020, l’émergence de voitures fortement automatisées. Quant au véhicule autonome, poursuit-il, ce sera plutôt aux alentours de 2025».

La seconde citation est plus intéressante : «La Google Car est équipé d’un Lidar sophistiqué mais onéreux, ce qui éloigne ce véhicule du monde de l’automobile», constate cependant Frédéric Mathis. Même réserve chez PSA où Vincent Abadie note que le prix des équipements embarqués à bord de la Google Car a été estimé à près de 500 000 euros. «Difficile donc d’industrialiser ce type de modèle en grande série,explique-t-il, d’autant que la voiture autonome de Google ne fonctionne que par apprentissage : elle ne peut circuler que sur un itinéraire déjà cartographié. Et on ne peut pas cartographier toute la planète.»

Cette dernière phrase indique plusieurs choses : Google a choisi une voie qui a peu de chance d'aboutir, la cartographie est l'élément clé et il n'est pas généralisable. Mais en est-on sûr ? Un petit tweet :

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