Ralentir la ville pour de nouvelles expériences de mobilité

La recherche de la vitesse a guidé les politiques de mobilité, sans résoudre l'engorgement et la congestion des villes ni réduire les usages de la voiture individuelle. Comment changer de paradigme et développer des politiques de mobilité pour ralentir dans la ville? Quels changements sont nécessaires pour réellement développer l'usage du vélo ou de la marche ? Le ralentissement s'accompagne-t-il d'une meilleure fluidité ?

La vitesse est bien entendu un élément stratégique essentiel car il structure aujourd’hui le rapport de force dans la rue aujourd’hui (lire Et si le vélo reprenait sa place dans la bataille de la rue). Il hiérarchise les positions en donnant accès à la seule richesse : le temps. Arnaud Passalacqua indique dans son ouvrage La Bataille de la route que la principale stratégie consiste effectivement à s'assurer un territoire rigide et bien à soi. Donc à abandonner ce qui caractérise les systèmes de mobilité : leur souplesse. Ce livre intéressant propose une plongée dans le monde violent de la mobilité, sur tous les territoires. Enjeu de la bataille, l'espace public, voit se nouer alliances et oppositions entre les modes de transport.

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Google Mobility : In the race to get you around cities with a smartphone and a credit-card

La voiture autonome, ce n'est pas pour demain. Trop compliqué, trop cher. Trop de problème juridique à régler. Et puis pourquoi faire ? L'automobile est déjà, en soi, un objet complexe, pourquoi vouloir augmenter encore le niveau de complexité (lire Qui est prêt pour augmenter le niveau de complexité ?) ? Pour quels bénéfices et surtout, pour qui ? Automatisée, oui, Autonome, non. Tel pourrait être le résumé de la bataille qui s'engage dès aujourd'hui. Un scénario fiction avait été rédigé en juillet 2011. Appelé Google Mobility Service, il est en train de se réaliser, dès aujourd'hui.

Pour Daimler, le lancement de sa classe S montre clairement la voie. L'automatisation du véhicule n'est pas une option. C'est un impératif compétitif. La classe S possède de nombreuses fonctions d'automatisation (lire Et si c'était déjà cybercar ?). Ces technologies vont progressivement équiper de plus en plus de véhicules par un mécanisme classique de réduction des coûts par des effets sur les volumes. Comme nous l'avons vu, ces techniques d'assistance vont participer à la création d'une nouvelle perception de l'automobile et du territoire (lire MétaNote 17 la révolution numérique et la fin de l'automobile). Progressivement, l'automatisation sera acceptée puis recherchée. Ne pas l'avoir sera impensable. Mais le passage de l'automatisation à la robotisation est bien un saut discret au sens mathématique. Pour le moment, aucun constructeur n'a d'intérêt à robotiser un véhicule. Le conducteur doit rester, pour garder la propriété de l'objet.

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Google achète Waze, sans doute une évolution majeure dans le domaine des transports

Identifié en 2010 sur ce blog (lire l'article Waze arrive en France), Waze (lien vers l’application) appartient maintenant à Google. Ce premier, et pour le moment unique, réseau social dédié aux transports utilise tous les leviers du numérique : géolocalisation, participation des usagers pour remonter des données de trafic (d’incidents, de prix des carburant, etc…) et donc capacité à faire travailler environ 10% des utilisateurs pour créer des connaissances uniques, dynamiques et à jour.  

Les synergies entre ces 2 sociétés sont nombreuses et puissantes. Waze préfigure l'indexation du monde physique, la publicité géolocalisée, et finalement la recherche en mobilité de Google. Waze intègre également une monnaie permettant de récompenser les usagers actifs et de mieux se représenter simultanément "soi" et le collectif.

“Whenever you’re going onto the web, you start with a search bar,” he said. “Wherever you’re going in the real world, you’re going to start with Waze.”

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AMI – Véhicule routier du futur : technologies, systèmes et mobilité

L'ADEME lance un nouvel appel à manifestation d’intérêt (AMI) portant sur la partie véhicules routiers (véhicule et mobilité) du programme « Véhicule du futur » des Investissements d’avenir. Il s’inscrit notamment dans le cadre du plan automobile annoncé par le gouvernement le 25 juillet 2012 et fait suite aux 9 appels à manifestions d’intérêt thématiques émis par l’ADEME en 2011 et 2012, qui ont permis de soutenir une quarantaine de projets. 

Cet AMI doit notamment permettre l’émergence de projets fédérateurs industriels participant à l’atteinte de l’objectif de mettre sur le marché d’ici 2020 des voitures particulières consommant moins de 2 litres de carburant aux 100 km, d’un prix abordable, développés et assemblés sur le territoire national. 

Le champ thématique de l’AMI correspond aux véhicules routiers et systèmes de mobilité permettant le transport de personnes et/ou de marchandises. Les travaux pourront porter sur des applicatifs variés, allant du 2-roues motorisé au véhicule lourd. [Lire la suite…]

MétaNote TdF 3, La surveillance – reloaded

La précédente MétaNote Tdf N°3 portant sur le sujet a été rédigée il y a 3 ans (déjà !). Les tendances identifiées se réalisent toutes, et elles s'accélèrent. Automatisation et Robotisation des radars de contrôle dont les drones, utilisation des technologies numériques nomades pour tracer et apprendre les pratiques réelles notamment dans les transports, industrialisation de ces technologies fusionnées avec nos vêtements-nos lunettes-nos montres …

Et si les techniques de surveillance et les acteurs associés structuraient les Transports du Futur et notamment les pratiques et les comportements ?

Avec l'effondrement des prix des technologies, les "besoins" de sécurité et de contrôle, tous les éléments s'assemblent pour amener à l'hypersurveillance décrite par Jacques Attali dans son livre Une brève histoire de l'avenir. Les faits sont les suivants.

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100 applications Mobilité par Ville, Rail & Transports

Simplificateur et facilitateur, reliant les usagers, créateur de nouvelles données, notre assistant personnel de mobilité (APM) est là. Comme cela a été décrit dans la MétaNote N°10, il s'agit d'un premier niveau. La vague suivante va aggréger de nombreuses applications, automatiser de nombreuses tâches, autodéterminer et choisir elle-même des options. L'APM aspire à lui les innovations. Mais plus que tout, c'est bien le caractère bi-directionnel des flux de données qui est réellement inédit. L'utilisateur accède à des connaissances contextualisées lui permettant de résoudre son problème, de choisir "en fonction de", et c'est précisement ce choix individuel "en fonction de" qui est appris, intégré, mis en forme et ré-introduit dans les modèles.

Cette participation de l'utilisateur est créatrice d'une nouvelle forme de richesse à la fois individuelle et collective. D'où le débat actuel sur les taxes à associer aux données et le rapport Colin & Collin. Un élément est encore manquant: la capacité à quantifier/qualifier au sens des bénéfices individuels et collectifs les conséquences des choix rendus possible par les Applications/données.

La magazine Ville, Rail & Transports propose une liste à jour des 100 principales application dans le domaine de la mobilité, issu du numéro accessible en ligne.

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Nous pouvons mieux décider si nous améliorons nos connaissances (EMD suite)

Dans un précédent article, il était indiqué que nous pouvions dès aujourd'hui faire évoluer les Enquêtes Ménages Déplacements en utilisant les potentiels offerts par les outils numériques dont le GPS et le téléphone. Cette étude récente réalisée aux USA confirme cela et donne déjà quelques exemples intéressants. Le rapport complet est disponible ici.

Ainsi, il est démontré que l'annulation ou le décalage de 1% des trajets permettrait de réduire les retards causés par la congestion que d'environ 3 pour cent. Mais l'annulation de 1% des trajets en les sélectionnant avec soin permettrait de réduire la congestion dans une région métropolitaine de près de 18%.

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Contribution de l'ADEME aux visions énergétiques 2030 & 2050

Cette année 2012 a notamment été consacrée à l'élaboration de visions énergétiques pour tous les secteurs dont les Transports. Ces projections aux horizons 2030 et 2050 ont été construites selon des méthodes spécifiques détaillées dans le document ci-dessous.

Pour la mobilité des voyageurs et le transport de marchandises, des approches systémiques ont été mises en oeuvre. Des gisements importants d'économies d'énergies sont accessibles dans les technologies, mais également dans les usages. Un paramètre clé a évolué : le remplissage des véhicules. En associant progrès techniques et en augmentant le remplissage des véhicules (lourds et légers, personnes et marchandises) nous sommes capables d'atteindre le facteur 4. L'atteinte du facteur 4 nous permet alors d'utiliser massivemment de "nouvelles" énergies pour les transports : Biogaz, GNV, biocarburants liquides 2ème génération et électricité.

Faire du remplissage au objectif de recherche majeur

Dès lors il faut tout engager pour améliorer le remplissage de nos véhicules. Il s'agit de (beaucoup) mieux utiliser les flux de sièges libres qui circulent. Tous les services de mobilités y participent. Tous les modes collectifs y participent. Tous les modes actifs y participent. Il faut sortir progressivement de la possession exclusive de l'automobile. Une 3ème voie est proposée dans cet exercice de prospective : La voiture servicielle, celle qui va lier tous les modes.

Cette 3ème voie est le fruit de nombreux échanges engagés depuis près de 4 ans avec tous les acteurs. Elle se retrouve dans de nombreux documents de stratégie rédigés dans des instances nationales : PIPAME (pdf et ppt), Centre Analyse Stratégique, Académie des Technologies et dernièrement CESE

Le numérique permet d'abaisser de nombreuses barrières et rend les objectifs, inscrits dans la vision ADEME, crédibles et souhaitables. Les usages "intelligents" de l'automobile et la multimodalité doivent devenir des sujets de recherche tout aussi soutenus et nobles que la voie technologique.

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Exemples de solutions de Mobilités : Singapour, Shangai, Bogota, Lyon, Sao Paulo, Melbourne, Londres, Copenhague

Toutes les présentations et d'autres villes sont disponibles sur http://fr.slideshare.net/transportsdufutur

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La voie de l’équilibre – Industries, Citoyens, Environnement et Territoires

La situation est clairement critique. D’un de point de vue énergétique, les experts estiment à plusieurs milliards par an les investissements à réaliser pour sortir de la dépendance au pétrole, pour améliorer notre efficacité dans tous les secteurs, dont les transports. Le précédent Schéma National des Infrastructures de Transports issu du Grenelle sera revu, sans doute à la baisse. D’un point de vue économique, les experts constatent la difficulté des industries automobiles dans un marché européen saturé, avec comme sorties possibles le Low cost ou le Premium. D’un point de vue environnemental, les experts soulignent que plusieurs critères en matière de qualité de l’air ne sont pas respectés, les conséquences sanitaires sont déjà connues : plus de maladies, de décès. D’un point de vue social, les citoyens et les entreprises observent que les transports ne s’améliorent pas (congestion, budget), et ne voient pas quel avenir se dessine…

Mais l’avenir dépend directement de nous, de nos choix, et précisément de notre vision de cet avenir. Ce bouclage, traité en profondeur par Jean-pierre Dupuy est essentiel à comprendre. Il nous faut collectivement décrire ce futur crédible et souhaitable – cette voie – qui, parce qu’elle sera partagée, ambitieuse, positive, conduira tous les acteurs à engager les actions qui permettront sa réalisation. La description de cette voie, si elle est bien faite, conduira donc à cette « autotranscendance ».

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