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Le programme Apollo par Baidu, le pire scénario pour l’industrie automobile européenne

Baidu a annoncé aujourd’hui un nouveau projet intitulé « Apollo » qui fournira une plate-forme logicielle ouverte, complète et fiable pour ses partenaires dans l’industrie de la conduite automobile et autonome afin de développer leurs propres systèmes de conduite autonome avec des véhicules de référence et une plate-forme matérielle.

En ouvrant sa technologie de conduite autonome robuste, mature et sûre à l’industrie, Baidu vise à construire un écosystème collaboratif, en utilisant ses forces dans la technologie de l’intelligence artificielle (IA) pour collaborer avec d’autres entreprises afin de promouvoir le développement et la vulgarisation de la conduite autonome.

Le projet Apollo fournit une solution complète de services matériels et logiciels qui comprend une plateforme de véhicule, une plateforme matérielle de capteur, une plateforme logicielle et des services de données. Baidu ouvrira les codes sources gérant la perception des obstacles, la planification de la trajectoire, le contrôle des véhicules, les systèmes d’exploitation des véhicules et d’autres fonctions, ainsi qu’un ensemble complet d’outils de test.

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Ceci n’est pas une place de parking

Le contrôle-sanction du stationnement va être géré par des sociétés privées. Cette réforme, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2018, est permise par la loi sur les métropoles (loi MAPTAM) de 2014. Elle conduit au développement de nouvelles solutions techniques comme cette voiture équipée de caméra avec reconnaissance de plaque beaucoup plus « efficace » qu’un humain (lien vers un article). Aujourd’hui le rendement du stationnement, c’est-à-dire le paiement réel du stationnement est faible, et donc la privatisation est vue comme un moyen d’augmenter ce rendement en acceptant qu’une société privée se rémunère sur une partie des bénéfices. Ce premier niveau de lecture est intéressant mais totalement insuffisant pour envisager les prochaines années.

Une place de stationnement doit être vue en même temps comme une gare multimodale, un espace public d’une très grande valeur économique, un facteur d’attractivité économique pour les commerces et en général tous les acteurs urbains, un élément essentiel de la carte et une donnée stratégique à maîtriser en temps réel. Aucun acteur n’a engagé aujourd’hui une démarche coordonnée pour se placer au centre de la valeur. Sauf Google.

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L’âge des écosystèmes conscients

Constatons un certain nombre de chose. Allégeons-nous de réflexes et d’automatismes. Le temps presse. 2020 c’est demain et 2030 n’est pas loin. Dans un monde profondément VICA, l’allocation de la ressource principale, le temps, est à revoir.

Il est très improbable qu’un dispositif d’incubation et d’accélération transforme un groupe industriel pour lui permettre de devenir agile ou de mettre en œuvre une innovation radicale. De même, la probabilité que votre startup (ou celles que vous incubez) ne refasse Uber ou un équivalent est quasi nulle (et si, par bonheur/malheur, cela arrive que faites-vous ?). Pour autant, le nombre de challenge ne cesse de croitre et rien n’est plus important que d’accompagner tous les acteurs volontaires.

Individuellement, plus aucun acteur n’est capable de penser et d’agir seul dans la complexité pour délivrer sur le marché une solution. Jamais le besoin ressenti de collaboration et de coopétition n’a été aussi grand. Mais les réflexes de repli et les automatismes de fermeture sont tenaces. Ils sont partout, engrammés dans nos comportements collectifs et individuels : nos réunions tous assis autour d’une table, nos prises de parole sans vraiment écouter l’autre, nos processus de décision verrouillés et descendants notamment pour gérer notre temps et nos ressources. Tout cela est daté, d’un temps où l’environnement était stable et prévisible. Nous ne pouvons voir ces limites uniquement après avoir pris suffisamment de recul et être sorti du bocal. Imaginer que toute votre vie, depuis votre naissance, vous respiriez à travers une paille, ou portiez une pierre sur votre dos. Le corps, votre respiration, vos gestes et votre vie se seraient organisés avec ces contraintes. Vivre sans serait inconcevable puisque ça a toujours été.

Et paradoxalement, une petite équipe organisée et déterminée peut faire basculer un secteur industriel. Est-ce le hasard ou fonctionne-t-elle différemment ? Nous proposons de tirer parti des opportunités et d’apporter quelques nouvelles ressources sur un nouvel acteur : l’écosystème. En nourrissant l’écosystème de nouvelles richesses, les acteurs qui y seront le mieux connectés peuvent en tirer bénéfice et certains bénéfices enrichiront à leur tour l’écosystème. Ce flux de richesse est complémentaire aux approches traditionnelles en mode consortium fermé ou en mode filière. Il va par contre agir différemment sur l’acteur qui l’investit et nécessite, pour le faire, une vision très différente.

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[balise N°2] Les Transports du Futur

Une 1ère balise posait un constat sur les acteurs en présence, les défis à relever et une piste étroite à explorer. En à peine une année, les oscillations de l’éco-système se sont amplifiées. Les dispositifs régulateurs ne suffisent plus pour retrouver une situation stable, historique, pour revenir “avant”. Ni les normes, ni les règles en place, ni les fédérations ne permettent d’amortir et de réguler. C’est même l’inverse, à chaque grève, les téléchargements augmentent. Les GAFA et NATU sont maintenant connectés à la multitude et proposent des solutions de mobilités opérationnelles. Ils ne cherchent pas à concurrencer les acteurs historiques, ils souhaitent simplement être au centre de l’attention de la multitude. Pour l’enrober en permanence, pour être sûr de rester en contact avec elle. Intégralement. Et les dommages collatéraux n’ont pas encore eu lieu.

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Le choc à venir a lieu. Maintenant.

En 2009, la MétaNote 0 « L’origine » proposait une esquisse qui se révèle chaque jour. Le choc à venir était annoncé en 2012. Il a lieu maintenant en 2016. La révolution numérique, qui a eu lieu, met en oeuvre des mouvements « tectoniques » : électrification, robotisation, plateformisation. Les synergies se découvrent, se renforcent. Maintenant.

  • Tesla vends 400 000 voitures qui n’existent pas. Elon Musk As a platform.
  • Uber s’associe à Parkmerced. Une nouvelle industrie paye pour vous déposseder de votre voiture.
  • Apple investit 1 $Md dans Didi pour inventer les services de mobilité et créer les communautés.
  • Waze Rider se lance en Californie après des phases de test en Israel.

Et dans une multitude de startups autour du monde qui cherchent à craquer des codes comportementaux. Comment amener quelqu’un à laisser sa voiture ? à faire confiance à un robot ? à partager sa voiture ? à laisser monter un inconnu ? à … Outillées du numérique, ces startups peuvent révéler des tendances comportementales jusqu’à présent invisibles. Tous ces acteurs n’ont qu’un objectif commun : vendre chaque trajet enrobé d’une expérience de mobilité. Une véritable armada s’emploie à ça et uniquement à ça. La raison est simple : le marché visé est énorme, les expériences actuelles sont mauvaises et les villes concentrent les clients facilitant les lancements.

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Les communs, l’open source, les objets liens et l’Art de la Guerre [2/2]

Inspirer et faire alliance permet d’être plus fort, d’aller plus vite, avec moins de ressource. Dans un monde Vulnérable, Incertain, Complexe et surtout Ambigu, encore faut-il savoir le faire. Cet article est la suite du N°1.

Les objets liens

Les principales caractéristiques de l’objet lien sont la réflexivité (il permet à la communauté de se voir faire et progresser collectivement), l’angularité (il se présente pour que chaque acteur puisse exprimer son potentiel, individuellement), l’adhésion (il conduit les acteurs à collaborer autour de lui et à inviter d’autres acteurs) et la capitalisation (il progresse et s’améliore lui-même ou les parties prenantes). Les objets liens sont essentiels dans des écosystèmes industriels pour augmenter les frictions et les interactions, faire émerger des projets. En introduisant des objets liens ouverts et documentés, les barrières à l’entrée s’abaissent pour les nouveaux venus. Il devient plus simple et rapide de tester son idée auprès de ses pairs en s’appuyant sur ces ressources. En théorie, nous devrions veiller à une totale « équipotentialité » d’accès : toute personne motivée devrait pouvoir accéder à toutes les ressources. Chacun peut alors s’inviter dans les communautés qui l’intéressent, y contribuer et produire à son tour. Plus les objets liens sont ouverts, plus ils peuvent être utilisés donc renforcés et améliorés, augmentant à leur tour leurs attractivités.

Progressivement, les objets liens et le dispositif associé qui en facilite l’usage deviennent une plateforme contributive.

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Les communs, l’open source, les objets liens et l’Art de la Guerre [1/2]

Les communs (re)deviennent à la mode. Les livres et les théories fleurissent. Mais aujourd’hui ils ne parlent pas à la plupart des acteurs industriels. Elinor Ostrom décrit les biens communs comme une ressource rivale et non-exclusive, ce qui les distingue des biens publics, qui eux, sont non rivaux et non exclusifs. Elle souligne la dualité des communs, à la fois ressource exploitée en commun et régime de droits de propriété dérogeant au paradigme de la propriété privée.

Les bases des communs sont également bien détaillées dans ce document rédigé récemment par H.Verdier et C.Murciano. Nous nous intéressons ici aux « nouveaux biens communs, le plus souvent co-construits ». Aujourd’hui, la co-création (les communs mais également l’open source) participe de mouvements qui vont de l’engagement citoyen, l’économie sociale et solidaire jusqu’à des stratégies industrielles de conquête. Quand une filière industrielle veut passer de l’industrie de la voiture (quelques millions d’unités par an) à l’industrie des services de mobilités (plusieurs dizaines de millions d’unités par jour), une multitude de standard, de service, de partenariat, d’alliance sont à créer, vite.

osvLe projet Open Source Vehicle

Inspirer et faire alliance permet d’être plus fort, d’aller plus vite, avec moins de ressource. Dans un monde (VICA) Vulnérable, Incertain, Complexe et surtout Ambigu, encore faut-il savoir le faire.

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En finir avec la technique [1/2]

Damned. Nous avons perdu la bataille de l’innovation technologique. La valley aspire à elle les capitaux, les esprits. Elle permet de lancer des défis d’un ou plusieurs ordres de grandeurs supérieurs à ceux portés en Europe : navette spatiale, voiture électrique, Green énergie, Smart City, exploration de Mars, Intelligence Artificielle dans tous les objets, et même Immortalité. Nous sommes donc condamnés à penser autrement le progrès. Il n’est même plus nécessaire de rappeler que chaque technique amène avec elle son pharmacone, à la fois drogue et remède du mal qu’elle est censée résoudre.

D’autres formes d’innovations sont à l’oeuvre aujourd’hui, moins visibles, plus complexes, plus lentes. L’Europe et le France n’ont d’autres voies de les rendre possible à travers de nouveaux projets, de cultiver autrement le goût du risque. La technique sera toujours présente, simplement remise à sa place. Les innovations dites sociales se caractérisent par une grande “fragilité”, si vous voulez qu’elle arrive ou se développe, elle disparait. C’est d’une permaculture de nos talents, de la création d’un terreau dont nous avons besoin pour rendre cela possible. Et cela passe par un questionnement profond du travail, de l’emploi, du temps libre, de son temps à soi et des visions partagées de mythes collectifs.

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Le Playground d’Andy Rubin est passionnant

Créateur d’Android, racheté par Google, Andy Rubin met en œuvre un projet radical en matière d’innovation. Sur le fond, puisqu’il s’agit d’intégrer l’Intelligence Artificielle (IA) dans un maximum de projet mais aussi sur la forme, en regroupant conseils, incubations de startups et intégration de services pour développer l’IA directement dans le hardware des projets accompagnés.

« Lorsque j’ai une intuition sur la façon dont quelque chose doit être , j’essaye de comprendre pourquoi il ne peut pas en être de cette façon aujourd’hui« , dit-il. Rubin a une certaine expérience de l’entrepreneuriat et toujours un coup d’avance sur des domaines clés :

1981 – Social Networking, Twenty-three years before Facebook, Rubin hones his coding skills in college by running an early social network called Spies in the Wire.

1992 – Mobile Computing, As an engineer at the Apple spinoff General Magic, Rubin helps create Magic Cap, an operating system for early handhelds that is years ahead of its time. It includes a prototype of the virtual keyboards used on phones today.

2001 – Smartphone Design, As a cofounder of Danger, Rubin unveils the Hiptop—aka the T-Mobile Sidekick—which introduces now-familiar features like always-on connectivity, cloud storage, and a rudimentary app store.

2003 – Mobile Platform Dominance, Rubin launches Android, a comprehensive, open source mobile operating system. Android goes on to be acquired by ­Google—and to become the biggest smartphone platform on the planet.

2004- Self-Driving Cars, Rubin puts $100,000 into Sebastian Thrun’s efforts to build a self-driving car—resulting in a victory at the 2005 Darpa Grand Challenge. Thrun goes on to head Google’s autonomous car program.

2015 – Artificially Intelligent Hardware, Eager to move beyond smartphones, Rubin starts Playground, a company that aims to create a manufacturing and development platform for AI-equipped devices.

Rubin a une théorie : « l‘humanité est sur le point d’entrer dans une nouvelle ère de l’informatique ». Tout comme MS-DOS a fait place à Macintosh et Windows, ce qui a donné lieu au web, ce qui a donné lieu aux smartphones. Il pense que les forces sont en place pour commencer une transition vers la prochaine grande plate-forme : l’intelligence artificielle.

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Qui covoiturent pour aller travailler et pourquoi ?

500 personnes ont été interviewées par Wayz-up, service de covoiturage quotidien, pour connaître les motivations et les profils des utilisateurs. Les résultants sont plutôt à contre-courant de ce que l’on entend d’habitude sur le covoiturage domicile-travail. La première motivation : environnement et décongestion pour 67% de cadres dont la moitié avec des enfants. Wayz-up a réalisé cette infographie.

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