Helsinki souhaite devenir la plateforme européenne des services de Mobilités

Pour Sonja Heikkila, invitée à la conférence de lancement de la Fabrique des Mobilités : “Let us merge underground, bus, train, tram, taxi, ride sharing, and city bike services into one application in a smart phone. Then let companies compete on who provides the total service to users fastest or cheapest.”. Et elle indique l'objectif d'un Get anymwhere Mobility Package for 300 €/month (Présentation ci dessous).

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La Finlande, en commençant par Helsinki, souhaite devenir la première plateforme d'innovation ouverte pour réaliser l'offre intégrée parfaite "Mobility as a Service". Cette initiative est menée conjointement avec le Ministère des Transports et des Telecoms et TEKES.

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La dé-possession automobile devient un business

Le numérique tisse des liens privilégiés avec les usagers des transports, les citoyens, les automobilistes. D'après le rapport Gafanomics, Facebook a mis 10 ans pour capter 16% de notre temps. La palette de services de mobilité s'améliore tous les jours, soit par de nouveaux services, soit par des améliorations, abaissant les barrières à l'expérimentation. Il devient chaque jour plus facile d'essayer. Ce point est essentiel dans la conduite du changement : pas de friction pour essayer, pour revenir en arrière, puis y revenir (lire l'article Changer. Enfin).

Plusieurs facteurs se combinent :

  • au quotidien, l'expérience de mobilité en voiture ou en TC reste mauvaise,
  • la multitude de niche, de solution de mobilité alternative se développe,
  • les territoires y voient là une opportunité pour palier aux difficultés économiques des transports collectifs,
  • des aggrégateurs se préparent à rassembler et organiser cette multitude. Il s'agit de devenir la première plateforme d'accès, l'application centrale, capter le premier clic. Ceci conduit Google Now à nouer des partenariats avec des applications tierces. La promesse est claire, Google Now vous poussera la bonne info contextualisée, personnalisée au bon moment.

Maintenant des acteurs organisés, puissants et déterminés ont intérêt à changer les pratiques de mobilités. En étant connectés, reliés aux utilisateurs (bien mieux que les acteurs historiques), ils acquièrent de nouvelles connaissances à la fois sur les pratiques de mobilités mais également sur les processus de changement de pratiques. Ils nouent de nouveaux partenariats avec les territoires à la fois au niveau des connaissances (comme Waze à Rio), mais également dans la mise en oeuvre de solutions de mobilité à bas coûts.

La voiture utilisée en commun devient progressivement le transport collectif des villes sous tension. Et en même temps, la dé-possession automobile devient un business.

Ce rapport Innovative Transportation Index dresse un bilan dans 70 villes aux USA sur l'offre existante en matière d'alternative à la voiture possédée.

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Par le troc de données, et si on inventait aujourd'hui de nouveaux contrats ?

En modifiant le couple support/message, Michel Serres nous décrit comment le numérique, comme les précédents, bouleverse le droit établi.

Quand le numérique outille les dynamiques sociales issues de l’économie collaborative, émergent de nouveaux flux de richesses (lire Dans vos projets et organisations, quelles sont les vraies richesses ?). Plusieurs exemples existent maintenant. Ce ne sont plus des signaux faibles. Hier des start-ups proposaient des services, des informations aux citoyens pour résoudre un problème : Waze pour mieux circuler en voiture grâce à l’information temps réel des « autres » dont l’utilisateur fait partie, Moov’it pour mieux circuler dans les transports en communs, Strava pour être visible dans la communauté des cyclistes et rendre visible cette communauté, Uber pour trouver un véhicule avec chauffeur, etc … Aujourd’hui ces start-ups ne le sont plus.

Elles sont en passe de trouver un ou plusieurs modèles d’affaires, s’appuyant sur les données qu’elles génèrent pour proposer simultanément le produit/service de base et de nouvelles richesses à d'autres acteurs. Bientôt, ces sociétés auront plus d'informations que les pouvoirs publics sur les pratiques quotidiennes des citoyens. Et si s'inventaient aujourd'hui de nouveaux contrats ?

 

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Accélérer, c'est bien. Mais pour aller où ?

S'intéresser à l'innovation dans le domaine des transports amène forcément aux start-ups. Force est de constater que certaines ont réussi à modifier des usages (que l'on croit long à changer, lire l'article Changer, Enfin), à bouleverser des acteurs historiques (que l'on croit stable), à prendre des positions sur des niches en se liant fortement avec leurs "usagers". Qui dit start-up, dit accélérateur : "dispositif permettant de faire plus vite, c'est à dire de trouver son modèle d'affaire, son marché et ses financements, plus vite".

Venus des USA, avec Y combinator notamment, les accélérateurs se sont développés en France à la fois via des structures publics et des structures privés (lire cet article sur les différents accélérateurs à Paris). Ces structures apportent notamment des réseaux pour lever des fonds, des connaissances et compétences dans les domaines de l'entrepreneuriat à l'ère du numérique. Elles sont essentielles, mais sont-elles suffisantes ?

 

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Données privées et Automobile

Le numérique ne fait pas que résoudre d'anciens problèmes, il en crée de nouveaux. Plus complexes, plus transversaux. Une fois numérique, l'automobile produit des données, beaucoup de données. D'abord utilisées uniquement "à bord", en boucle fermée, les données ont été produites et utilisées par des actionneurs, pour des questions de sécurité (ABS et autre), de pilotage du moteur et des systèmes de post-traitement, de confort. Jusqu'à présent, l'automobile et son conducteur auto-produisent des données qui sont directement utilisées par l'automobile pour fonctionner. Demain, le duo "auto-conducteur" vont produire des données géolocalisées qui vont "sortir" de l'automobile. Le duo auto-conducteur devient un geyser de données multiples, hétérogènes, contextualisées, extrêmement riches.

Se posent alors plusieurs questions : à qui appartiennent ces données ? quelles données ? pour combien de temps ? et après anonymisation ? qui seront les prochains "Lords of the cloud" (cher à Jaron Lanier) qui exploiteront ces geysers ?

Et si se préparait là la principale zone de combat entre les constructeurs et les GAFA ?

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[fiction N°9] La journée d'Hubert dans les transports publics bruxellois

Cet article a été rédigé par Sophie Devillers, journaliste à la Libre Belgique, après un entretien portant sur les Transports publics du Futur.

Huit heures, en ce mercredi matin du mois de septembre 2040. Il pleut sur la banlieue de Bruxelles. La voiture autonome attend devant le domicile d’Hubert Dupont, dans le léger ronronnement de son moteur électrique. Inspiré par les prédictions extrapolées à partir des précédentes utilisations d’Hubert et stockées dans une immense banque de données, le programme informatique a guidé la voiture sans chauffeur jusque ici, à ce moment précis.  Avec raison. Même si ce sexagénaire actif pratique souvent la marche, en voyant la voiture, il se laisse tenter et monte à bord. Il salue son voisin, qui lui aussi a voulu échapper aux averses. Sa femme, elle, ne se laisse jamais tenter : elle dispose d’un abonnement Premium qui lui assure d’être seule en voiture et que celle-ci arrive dans les 5 minutes après sa commande.

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MétaNote 21, Vers l’hypercitoyen, acteur heureux à l’ère des plateformes numériques

Les décisions politiques américaines du GPS civil et de l'internet ont fait émerger des géants. Rien n'était planifiable, prévisible. Aucun état stratège ne pouvait penser Facebook, Amazon, Google ou Apple. Les GAFA sont des purs produits de l'innovation. Ces jeunes plateformes mettent en œuvre de nouveaux mécanismes pour se relier à leurs « clients », la multitude. Elles inventent en même temps les produits, les services, les contenus et les outils de reliance. Toutes différentes sur leurs marchés, elles se rejoignent sur un point majeur : l'industrialisation de la production et de l'utilisation de métabases de données sur nos usages, nos comportements numériques, nos pratiques – notamment de mobilité, de soins, d'achat – et nos contacts, nos réseaux.

Plus vous utilisez une plateforme pour bénéficier de ces services, plus elle apprend de vous, plus elle évolue pour répondre à vos besoins identifiés ou suscités ou itérés. Chacun dans son domaine, les nouveaux marchands de l'économie collaborative s'appuient également sur des outils numériques similaires. Ils mettent en relation l'offre et la demande grâce à un design soigné intégral (inscription, mise en relation, paiement, notation, …). Se faisant, le « client » fournit des données le concernant, permettant en même temps d'améliorer son expérience et d'alimenter une métabase de données. Finalement, malgré l’actualité, il n’y aurait donc aucun nouveau modèle d’affaire. L'utilisateur reste un « client » qui n'a pas tous les éléments, toute la vision, toutes les informations.

 

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Comment explorer les frontières de l’innovation ?

Les 100 premières GoogleCars vont être produites. Ces objets roulants nous projettent une certaine image du futur. La science-fiction nous l’avait plusieurs fois décrit, Google le fait. Il nous reste peu de temps avant que Google Mobility ne domine.

Ces « voitures » matérialisent physiquement la richesse de Google : la capacité à prendre des risques, à innover à la frontière, à exploiter ses cartes (lien vers le choc à venir entre les industries numériques et automobiles) et algorithmes, à industrialiser une myriade de services potentiels et à influencer les décideurs pour rendre possible leur futur (lien vers le point de basculement). Les morceaux de tôles pliées et de plastique ne sont que l’incarnation de ces nouvelles formes d’innovations : centrées sur la multitude, riches en expérience, en phase avec les besoins de mobilité, adaptables, évolutives.

La « chimère » du cybercar, décrite dans cette MétaNote N°20, arrive, comme prévue. Les GoogleAppleFacebookAmazon ont appris pendant environ 15 ans comment construire de nouvelles relations avec les usagers, comment s’immiscer et bouleverser plusieurs filières dont les médias et le e-commerce ; ils arrivent maintenant dans le bâtiment, la santé et dans la filière historique de l’automobile. Non pas pour les concurrencer, mais pour établir une autre relation avec la multitude (lien vers les transports à l'âge de la multitude). Ils ont le temps, l’argent, de l’influence, des compétences et surtout un autre regard sur le monde. Ils créent notre nouvelle matrice ontophanique décrite dans la MétaNote N°17

Comment explorer les frontières de l’innovation dans le domaine des mobilités ? Comment industrialiser de nouvelles relations avec la multitude dans un monde numérique ? Quelles sont les 4 actions majeures à lancer sans tarder ?

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© Michael Nichols, archives iconographiques du National Geographic

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Prototype de la Fabrique des Mobilités

Les premières esquisses d'un dispositif prototype visant à accélérer les innovations de rupture dans le domaine des mobilités. Ce prototype, basé sur les principes du Lean Start-up, aujourd'hui théorique a été élaboré grâce à de nombreux échanges d'une très grande richesse avec plusieurs personnalités reconnues par leur compétence dans les domaines des start-up, de l'innovation, de la mobilité, du numérique, et pilotés par Stéphane Schultz.

Progressivement les pièces du dispositif seront partagées pour recueillir critique, commentaire, proposition et idée. Ce dispositif vise à rassembler les 6 ressources clés; Il n'aura de sens qu'opérer intégralement au plus près des citoyens pour permettre aux entrepreneurs de se former, d'itérer leur produit/service, de prototyper leur modèle d'affaire – leurs contrats…

Et progressivement sur ces dynamiques entrepreneuriales de construire une nouvelle filière des Mobilités.

 

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[balise N°1] Les Transports du Futur

Après plus de 800 articles, tentons une première balise … à laquelle se raccrocher.

Né de l'ouverture du GPS et de la structure d'internet, le numérique se positionne comme la technique dominante, s'infiltre dans tous les secteurs, toutes les filières. Celle des transports commence à peine à être impactée et déjà des acteurs comme la SNCF annoncent clairement être en concurrence avec Google et Blablacar. Ces acteurs sont nés par le numérique, ce sont de jeunes adolescents et déjà ils bousculent.

Dans ce contexte, comment apporter de nouvelles expériences de mobilités aux citoyens ? réduire la consommation des énergies fossiles en améliorant l'usage des véhicules en circulation ? comment soutenir les processus d'innovations et faire naître des ruptures ? comment accompagner les filières historiques dans une mutation majeure ?

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