Aux sources de l’utopie numérique

Il y a des livres dont vous savez dès les premières pages que vous n’en sortirez pas indemne. Aux sources de l’utopie numérique est un de ceux-là. Pourquoi ne pas l’avoir lu avant ? En remontant aux sources des géants numériques, Fred Turner nous apporte les clés pour comprendre le monde d’aujourd’hui. Les rencontres, les personnes, les courants de pensée, les techniques forment ce récit d’une épopée née il y a plus de 40 ans.

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Columbus, est-ce là que tout va commencer ?

Est-ce que l’histoire retiendra que la ville de Columbus a été la première à mettre en œuvre une approche radicalement nouvelle pour améliorer les mobilités sur son territoire (article du Guardian qui présente les échanges entre Google et la ville de Columbus) ? ou est-ce que Flow rejoindra la liste des projets de Google X « qui ont échoués » (vidéo : comment Google apprend des échecs et poussent les projets à échouer plus vite) comme les Glass ? La situation s’apparente à l’expérience du chat de Schrödinger. Quand nous saurons, ce sera trop tard. Si SideWalk lab réussit à optimiser les flux, réduire les coûts tout en quantifiant précisement les bénéfices pour toutes les parties prenantes, même si cette approche est moins « scalable » qu’un waze, avant 2020 des villes européennes auront contractualisé. Et là encore, terrible effet des rendements croissants, plus les moteurs d’apprentissage de Google seront alimentés par différentes villes, plus ils seront précis et apporteront de la valeur et plus les villes voudront en bénéficier.

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Fiction N°12 – Moovel réinvente les transports publics

Ça y est. Quatre Univers sont désormais proposés. Vous avez le choix entre Nike, GoPro – RedBull, Deezer et AirBnb. Vos solutions de mobilité dites techniques seront enrobées de différents services numériques en fonction de l’univers choisi : Votre sport au quotidien, la volonté d’avoir des sensations fortes, vos musiques ou encore faire de “chaque déplacement un voyage” s’immiscent dans les moindres détails.

Nous pensions que la bataille se livrerait principalement autour des plateformes des GAFA et des NATU. Il est vrai qu’ils avaient pris des positions stratégiques dans la mobilité et cela avait contribué à réduire massivement la possession de voiture. En effet, pour vous amener dans de nouvelles expériences de mobilité, posséder une voiture était un frein. Or c’est Daimler qui a réussi ce tour de force ou plutôt Moovel, la business Unit dédiée à la mobilité. Au départ, très technique, cette BU développait des services de mobilité traditionnels s’appuyant sur des véhicules de la marque. Moovel avait également réussi à réutiliser les technologies automobile des véhicules de luxe pour des applications plus « utilitaires » dans des navettes urbaines pour constituer un réseau de robotaxis autonomes. D’abord déployés en Chine, puis dans certaines villes américaines, les cohortes de robotaxis Moovel permettaient de réduire les coûts de transports publics. En gagnant plusieurs marchés dans des villes monde, Moovel s’était mis en compétition avec les nouveaux acteurs numériques. Mais leurs communautés étaient plus grandes, leurs liens plus forts, et Moovel ne réussissait pas à fédérer au-delà de son écosystème.

L’internet des objets n’avait pas réussi non plus la grande révolution promise et de nombreuses marques avaient simplement numérisé leurs anciennes offres. La rencontre Nike et Moovel a été un hasard, au bon moment. Moovel était depuis des années à la recherche d’une ADN spécifique si forte du coté de Daimler mais toujours absente des services. Nike, après plusieurs expériences de mobilité, souhaitait renforcer sa position d’industriel des expériences urbaines. Leur raison d’être commune a été évidente : refonder intégralement de nouvelles expériences de mobilités pour proposer de nouveaux imaginaires, en associant et en apprenant des sportifs du quotidien. Pourquoi le font-ils ? que ressentent-ils ? quels sont leurs récits ? quels sont leurs héros ? De quoi ont-ils besoin ? comment les intégrer dans la démarche ?

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[balise N°2] Les Transports du Futur

Une 1ère balise posait un constat sur les acteurs en présence, les défis à relever et une piste étroite à explorer. En à peine une année, les oscillations de l’éco-système se sont amplifiées. Les dispositifs régulateurs ne suffisent plus pour retrouver une situation stable, historique, pour revenir “avant”. Ni les normes, ni les règles en place, ni les fédérations ne permettent d’amortir et de réguler. C’est même l’inverse, à chaque grève, les téléchargements augmentent. Les GAFA et NATU sont maintenant connectés à la multitude et proposent des solutions de mobilités opérationnelles. Ils ne cherchent pas à concurrencer les acteurs historiques, ils souhaitent simplement être au centre de l’attention de la multitude. Pour l’enrober en permanence, pour être sûr de rester en contact avec elle. Intégralement. Et les dommages collatéraux n’ont pas encore eu lieu.

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MétaNote TdF N°24 – L’avenir du voyage

Le voyage est avant tout une expérience, intégrale, de tous nos sens. A la recherche du « beau ». Une expérience est avant tout un stimulus. La marche stimule notre cerveau et certains indiquent que « seules les pensées que l’on a en marchant valent quelque chose ». La carte et le guide ont été à l’origine du voyage, la numérisation modifie-t-elle ce paysage ? Quels sont les nouveaux acteurs et comment agissent-ils ? Quelles sont les couleurs primaires d’un voyage ?

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Le choc à venir a lieu. Maintenant.

En 2009, la MétaNote 0 « L’origine » proposait une esquisse qui se révèle chaque jour. Le choc à venir était annoncé en 2012. Il a lieu maintenant en 2016. La révolution numérique, qui a eu lieu, met en oeuvre des mouvements « tectoniques » : électrification, robotisation, plateformisation. Les synergies se découvrent, se renforcent. Maintenant.

  • Tesla vends 400 000 voitures qui n’existent pas. Elon Musk As a platform.
  • Uber s’associe à Parkmerced. Une nouvelle industrie paye pour vous déposseder de votre voiture.
  • Apple investit 1 $Md dans Didi pour inventer les services de mobilité et créer les communautés.
  • Waze Rider se lance en Californie après des phases de test en Israel.

Et dans une multitude de startups autour du monde qui cherchent à craquer des codes comportementaux. Comment amener quelqu’un à laisser sa voiture ? à faire confiance à un robot ? à partager sa voiture ? à laisser monter un inconnu ? à … Outillées du numérique, ces startups peuvent révéler des tendances comportementales jusqu’à présent invisibles. Tous ces acteurs n’ont qu’un objectif commun : vendre chaque trajet enrobé d’une expérience de mobilité. Une véritable armada s’emploie à ça et uniquement à ça. La raison est simple : le marché visé est énorme, les expériences actuelles sont mauvaises et les villes concentrent les clients facilitant les lancements.

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Les communs, l’open source, les objets liens et l’Art de la Guerre [2/2]

Inspirer et faire alliance permet d’être plus fort, d’aller plus vite, avec moins de ressource. Dans un monde Vulnérable, Incertain, Complexe et surtout Ambigu, encore faut-il savoir le faire. Cet article est la suite du N°1.

Les objets liens

Les principales caractéristiques de l’objet lien sont la réflexivité (il permet à la communauté de se voir faire et progresser collectivement), l’angularité (il se présente pour que chaque acteur puisse exprimer son potentiel, individuellement), l’adhésion (il conduit les acteurs à collaborer autour de lui et à inviter d’autres acteurs) et la capitalisation (il progresse et s’améliore lui-même ou les parties prenantes). Les objets liens sont essentiels dans des écosystèmes industriels pour augmenter les frictions et les interactions, faire émerger des projets. En introduisant des objets liens ouverts et documentés, les barrières à l’entrée s’abaissent pour les nouveaux venus. Il devient plus simple et rapide de tester son idée auprès de ses pairs en s’appuyant sur ces ressources. En théorie, nous devrions veiller à une totale « équipotentialité » d’accès : toute personne motivée devrait pouvoir accéder à toutes les ressources. Chacun peut alors s’inviter dans les communautés qui l’intéressent, y contribuer et produire à son tour. Plus les objets liens sont ouverts, plus ils peuvent être utilisés donc renforcés et améliorés, augmentant à leur tour leurs attractivités.

Progressivement, les objets liens et le dispositif associé qui en facilite l’usage deviennent une plateforme contributive.

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En finir avec la technique [1/2]

Damned. Nous avons perdu la bataille de l’innovation technologique. La valley aspire à elle les capitaux, les esprits. Elle permet de lancer des défis d’un ou plusieurs ordres de grandeurs supérieurs à ceux portés en Europe : navette spatiale, voiture électrique, Green énergie, Smart City, exploration de Mars, Intelligence Artificielle dans tous les objets, et même Immortalité. Nous sommes donc condamnés à penser autrement le progrès. Il n’est même plus nécessaire de rappeler que chaque technique amène avec elle son pharmacone, à la fois drogue et remède du mal qu’elle est censée résoudre.

D’autres formes d’innovations sont à l’oeuvre aujourd’hui, moins visibles, plus complexes, plus lentes. L’Europe et le France n’ont d’autres voies de les rendre possible à travers de nouveaux projets, de cultiver autrement le goût du risque. La technique sera toujours présente, simplement remise à sa place. Les innovations dites sociales se caractérisent par une grande “fragilité”, si vous voulez qu’elle arrive ou se développe, elle disparait. C’est d’une permaculture de nos talents, de la création d’un terreau dont nous avons besoin pour rendre cela possible. Et cela passe par un questionnement profond du travail, de l’emploi, du temps libre, de son temps à soi et des visions partagées de mythes collectifs.

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MétaNote N°23 – L’avenir du soutien public à l’innovation

« Chaque entreprise et même chaque organisation sera obligée de se transformer dans les prochaines années », Tim O’Reilly – 2015.

Après la révolution numérique, de nouvelles entreprises monopoles ont émergé, proposant de nouvelles expériences, de nouvelles façons d’interagir avec les marques. Les citoyens devenus connectés ont également mis en œuvre de nouveaux modes d’actions pour échanger, pour consommer, pour gérer leur excès de capacité. De nouvelles alliances se sont ainsi créées. Elles sont puissantes, elles sont à rendement croissant, renforçant ainsi chaque monopole. Ces alliances s’appuient toutes sur des plateformes. Construire et maîtriser une plateforme n’est plus une option. Les entreprises productrices organisées en filière ont été, sont ou seront dominées par des plateformes. Ces dernières affichent de nombreux avantages comme l’antifragilité (au sens de N.Talleb) en intégrant au plus près les boucles rétroactives des utilisateurs et la capacité à tirer profit des effets de réseaux. Mais la principale force tient dans la re-distribution des capacités d’innovations à tout l’écosystème puis la re-concentration. Une plateforme dominante offre des avantages aux développeurs via des API, aux consommateurs via des produits/services compétitifs, à chaque acteur de l’écosystème et à d’autres plateformes. Structurellement, elle « encapacite » d’autres acteurs, puis concentre leur production et leur redistribue une partie de la valeur créée via la plateforme.

Les GAFA, toutes issues d’une startup, dominent aujourd’hui des secteurs et se propagent. Nous pouvons tout attendre des startups. Pour autant les firmes multinationales historiques composent encore aujourd’hui la principale part des écosystèmes industriels. Nous ne pouvons pas tout attendre des startups.

Chaque entreprise est spécifique dans ses produits, ses clients, ses réseaux, son écosystème, sa culture, sa raison d’être. La menace de structure plus agile et rapide n’est pas nouvelle. Elle est maintenant permanente, multiforme, mondiale, démultipliée en amont et en aval. Dans un monde V.I.C.A. , « chaque entreprise et même chaque organisation sera obligée de se transformer dans les prochaines années », Tim O’Reilly – 2015

Face à ces plateformes à forte culture numérique, le soutien public à l’innovation doit se ré-inventer.

marianne

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Fiction N°11 – Les traceurs

Chaque matin, Mathieu se prépare, déjeune et s’hydrate. La matinée s’annonce chargée, physique, forte en endorphine. Il adore cette sensation d’une future fatigue, il est relâché, pleinement ouvert sur ses sensations. 86 inscrits et sans doute autant le rejoindront ce matin. Ses lignes et sa trace sont appréciées. Depuis maintenant 8 ans, Mathieu conduit plusieurs lignes, statiques ou dynamiques en fonction des inscrits, pour le compte de plusieurs opérateurs de transports. Il a été livreur mais il préfère être traceur, c’est plus « stable, tout aussi agréable et mieux payé ».horde-en-formation

Les traceurs constituent un nouveau mode de transport : ils opèrent pour le compte de la collectivité, de la communauté d’agglomération ou du département, et transportent des milliers de personnes par jour. Ce mode allie le low tech et le numérique à dose homéopathique, juste là où il faut. Ce mode maximise l’utilisation de l’espace public, n’utilise pas de ressource fossile, ne produit aucune externalité négative, se développe dans tous les pays puisqu’il n’a besoin que de route. Ce mode génère aussi des externalités positives sur les usagers qui l’utilisent.

Ce mode présente aussi la meilleure vitesse généralisée. C’est-à-dire qu’il permet de se déplacer sans conséquence négative, pour profiter de son temps, pour gérer ses activités. Les traceurs jouent ainsi un rôle majeur aujourd’hui dans la société.

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