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[fiction N°13] Tout a basculé. En 6 mois…

D’abord les taxis électriques fortement subventionnés. Puis obligatoires. Dans 3 mégalopoles. Puis 10. 6 mois…

[Beijing, été 2022] Les évènements politiques aux USA, puis en Europe, avaient donné à la Chine le moment qu’elle attendait. Cela devait arriver. Juste une question de temps. Pour les dirigeants chinois, le temps n’est pas linéaire. Inspirer le monde et donner l’exemple, telle était devenue la raison d’être de plusieurs villes chinoises. Et cela avait commencé par des investissements dans les énergies renouvelables, le transport et la logistique avec la Belt & Road Initiative.

Les USA ont décidé de se refermer sur eux-mêmes, les Européens de se déchirer, la Chine s’affiche désormais aux frontières de l’innovation dans de nombreux domaines : l’énergie, la mobilité, la sécurité, l’IA.

Après avoir observé les conséquences des taxis électriques, le gouvernement avait décidé de restreindre à l’intérieur du 4ème périphérique des 5 principales villes la circulation aux robotaxis. Les plateformes y travaillaient depuis plusieurs années avec détermination : Didi, Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi… Les robotaxis se déployaient d’abord pour montrer au monde la puissance des industries chinoises. Ces objets condensaient le savoir faire des meilleures entreprises du pays. Des centaines puis des milliers de robots en circulation, créant de facto des quantités de données immenses pour alimenter les moteurs d’apprentissage et les IA. Pour les dirigeants, cette initiative combine plusieurs effets : innovations à la croisée de nombreux domaines, action pour la qualité de l’air, visibilité mondiale, bénéfices collatéraux pour la logistique.

Il a fallu 6 mois pour que tout s’aligne, que les erreurs du début ne soient qu’un mauvais souvenir et que les facteurs de défaillance ne soient plus qu’une longue série de 0. Tout le monde regardait la Chine et personne ne s’attendait à la phase suivante. Nous pensions que la mobilité robotisée allait arriver progressivement, par étape, comme indiqué sur les powerpoints. Elle a émergé aux endroits les plus propices et s’est répandue jusqu’aux limites.

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Ceci n’est pas une place de parking

Le contrôle-sanction du stationnement va être géré par des sociétés privées. Cette réforme, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2018, est permise par la loi sur les métropoles (loi MAPTAM) de 2014. Elle conduit au développement de nouvelles solutions techniques comme cette voiture équipée de caméra avec reconnaissance de plaque beaucoup plus « efficace » qu’un humain (lien vers un article). Aujourd’hui le rendement du stationnement, c’est-à-dire le paiement réel du stationnement est faible, et donc la privatisation est vue comme un moyen d’augmenter ce rendement en acceptant qu’une société privée se rémunère sur une partie des bénéfices. Ce premier niveau de lecture est intéressant mais totalement insuffisant pour envisager les prochaines années.

Une place de stationnement doit être vue en même temps comme une gare multimodale, un espace public d’une très grande valeur économique, un facteur d’attractivité économique pour les commerces et en général tous les acteurs urbains, un élément essentiel de la carte et une donnée stratégique à maîtriser en temps réel. Aucun acteur n’a engagé aujourd’hui une démarche coordonnée pour se placer au centre de la valeur. Sauf Google.

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Columbus, est-ce là que tout va commencer ?

Est-ce que l’histoire retiendra que la ville de Columbus a été la première à mettre en œuvre une approche radicalement nouvelle pour améliorer les mobilités sur son territoire (article du Guardian qui présente les échanges entre Google et la ville de Columbus) ? ou est-ce que Flow rejoindra la liste des projets de Google X « qui ont échoués » (vidéo : comment Google apprend des échecs et poussent les projets à échouer plus vite) comme les Glass ? La situation s’apparente à l’expérience du chat de Schrödinger. Quand nous saurons, ce sera trop tard. Si SideWalk lab réussit à optimiser les flux, réduire les coûts tout en quantifiant précisement les bénéfices pour toutes les parties prenantes, même si cette approche est moins « scalable » qu’un waze, avant 2020 des villes européennes auront contractualisé. Et là encore, terrible effet des rendements croissants, plus les moteurs d’apprentissage de Google seront alimentés par différentes villes, plus ils seront précis et apporteront de la valeur et plus les villes voudront en bénéficier.

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Helsinki souhaite devenir la plateforme européenne des services de Mobilités

Pour Sonja Heikkila, invitée à la conférence de lancement de la Fabrique des Mobilités : “Let us merge underground, bus, train, tram, taxi, ride sharing, and city bike services into one application in a smart phone. Then let companies compete on who provides the total service to users fastest or cheapest.”. Et elle indique l'objectif d'un Get anymwhere Mobility Package for 300 €/month (Présentation ci dessous).

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La Finlande, en commençant par Helsinki, souhaite devenir la première plateforme d'innovation ouverte pour réaliser l'offre intégrée parfaite "Mobility as a Service". Cette initiative est menée conjointement avec le Ministère des Transports et des Telecoms et TEKES.

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Transformation du Travail donc des mobilités, vers plus de complexité

[inspiré par l'excellente conférence du LIFT with FING]

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La robotisation et le numérique amènent progressivement mais sûrement de plus en plus de personnes devant un écran, seuls et « connectés ». Bouleversant les silos établis au niveau des lieux, des modes de transports, des temporalités et finalement de la cité entière, ces évolutions renforcent des fractures existantes au niveau individuel et collectif.

Indépendants, auto-entrepreneurs, de nouveaux nomades émergent, décrits par plusieurs auteurs, ils surfent sur les flux. Ces nomades cultivent comme une richesse leurs multiples réseaux pour construire une extrême individuation. Maîtrisant les techniques numériques, ils se forgent des robots sur-mesure qui démultiplient leur présence et leur action.

D’un autre côté, des personnes isolées travaillent pour le compte de robots, à la tâche (comme le mechanical turk), sollicitant l’aide de micro-réseaux de quelques personnes au quotidien et manipulant quelques ressources numériques simples. Isolés, sans aide extérieure, les barrières les enfermant augmentent sans cesse.

En même temps, de nouvelles pratiques collectives se déploient. Elles modifient simultanément l'intelligence collective, les connaissances, les processus et donc notre façon de travailler ensemble. Les mobilités quotidiennes en seront profondément bouleversées, moins prévisibles, potentiellement plus locales, forcément plus complexes. Qui est prêt à augmenter la complexité ?

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Créer et entreprendre dans le chaos, vers la ville fractale

Futur en Seine, festival numérique majeur, rassemble les dynamiques créatrices. Les ambitions sont grandes : "Changer de manière de voir et de « faire les choses », agir et partager, c’est ce que nous vous proposons pour la 5e édition de Futur en Seine, le festival mondial du numérique. Cause ou conséquence, les crises multiples que nous subissons et les manières dont le « numérique » modifie ce que nous connaissons nécessitent une remise en question « historique » de nos productions, de nos modèles et de nos organisations issues du XXe siècle. Le numérique est autant une révolution culturelle et sociale qu’une nouvelle révolution industrielle et économique. L’esprit du numérique modifie en profondeur tous les secteurs de la société et redéfinit les façons dont nous devons « fabriquer les choses »".

Dans ce cadre, mon intervention à la conférence Made In the CityLa ville numérique promet beaucoup. Sa création dépend moins des urbanistes ou des industriels que d’un changement de regard sur les manières dont on imagine, conçoit et produit la ville. Alors comment imaginer, révéler ou bâtir une ville vivante, sociale, imprévue, culturelle, mobile, immobile, hospitalière et inclusive avec et grâce au numérique ?

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Séminaire Véhicules et Mobilités servicielles, risques et opportunités

Le séminaire Véhicules & Mobilités servicielles de janvier 2014 a porté sur l'échange et la démonstration de l'émergence d'une filière industrielle,opportunités pour les territoires, les citoyens et les industries.

 

Mobilité servicielle & numérique          Une opportunité industrielle

Gabriel Plassat ADEME, présentation             Bernard Jullien, GERPISA

 

Rôle des territoires Jean OLLIVRO       Au niveau mondial, Rémi CORNUBERT

Bretagne Prospective                             Olivier Wyman

et d'autres vidéos des interventions disponibles sur la chaîne Youtube de BMA.

Dongfeng/PSA et Facebook/WhatsApp

En même temps, Dongfeng injecte 800 Millions d'euro et Facebook rachète WhatsApp 16 Milliards d'euro. Ces deux évènements ont lieu. Jouant probablement dans deux mondes différents. En tout cas, ce sont deux visions du monde qui vient. La première Alliance tente de prolonger une économie de la rareté, utilisant des ressources finies pour des marchés à remplir. La seconde met en oeuvre des ressources immatérielles (appuyées sur des techniques et des investissements lourds), des ressources infinies pour des expériences à inventer.

16 milliards pour des abeilles

Pourquoi investir 16 milliards dans un réseau de messagerie instantanée ? Est ce que "ça les vaut" ? Pour tenter d'analyser cela, il faut penser comme les acteurs du numérique. Yann Moulier Boutang a théorisé ce mode de fonctionnement par l'économie de la pollinisation. La valeur de l'Abeille n'est pas uniquement dans le miel et la cire mais dans la pollinisation. Et c'est bien cela que Facebook a acheté : des abeilles.

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UberPop, Un nouveau service urbain de Taxi entre Particulier

Comme le décrit cet article du Monde (A Paris, Uber veut changer les particuliers en taxi), cette dernière annonce d'Uber ne va calmer les taxis. Avec UberPop, il s'agit de décliner le concept de Véhicule avec Chauffeur en allant jusqu'à remplacer le Chauffeur professionnel par un particulier. Il s'ajoute à l'offre UberX pour lequel un chauffeur professionnel utilise son propre véhicule. Le schéma ci dessous extrait du blog Uber est clair : 

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Un nouveau service de mobilité

Il s'agit donc véritablement d'un nouveau service de mobilité. Et il faut être vigilant sur les termes utilisés pour éviter les confusions. Il ne s'agit d'autopartage puisque le propriétaire de la voiture la conduit. Mais il ne s'agit pas non plus de covoiturage. En effet, la définition du covoiturage récemment adoptée est la suivante :

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Téléphériques en France. Montagne 1143 / Ville 0.

[Il s'agit d'un billet invité, bienvenue à Charlotte Boffetti, Creative Urban Projects]

La France est le pays qui a le plus grand nombre de téléphérique au monde (1143 téléphériques en 2011 – rapport 2012 STRMTG). Pourtant elle n’a aucun téléphérique en milieu urbain, à l’exception peut être de celui de Grenoble, mais il n’est ouvert que la moitié de l’année et il a plus une vocation touristique que de transport de masse. Lorsque l’on parle de téléphérique urbain aujourd’hui, on désigne un système intégré au réseau de transport public, pouvant fonctionner toute l’année et servir à une mobilité quotidienne.

Le transport par câble a été consacré par le Grenelle de l’Environnement comme un moyen de transport « durable ». Depuis, l’idée du téléphérique urbain se propage en France, et les premiers projets devraient voir le jour dès 2015 (Brest). Cet engouement pour le téléphérique s’explique par ses nombreuses qualités ; il est moins cher qu’un tram ou un métro, il permet de franchir des obstacles (rivière, dénivelé, voies autoroutières ou ferroviaires…), il a une faible empreinte au sol, il est très sûr, rapide à construire et bien sûr il a l’étiquette « transport vert ».

La France, qui détient pourtant le record du nombre de téléphérique et accueille l’entreprise POMA (un des leaders du marché), semble juste redécouvrir le potentiel du transport par câble. Mais cela fait déjà quelques années que le téléphérique à trouver sa place en milieu urbain à travers le monde.

Algérie, Brésil, Colombie, Etats Unis et bien d’autres pays bénéficient déjà de téléphériques urbains. Ces systèmes sont pris comme exemple de la réussite de ce « nouveau » mode de transport. Le téléphérique apparaît alors être une option crédible pour répondre à divers chalenges auxquels font face les villes : accessibilité, enclavement, trafic…

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Medellin – Metrocable – Ligne J,  Image : Gondola Project

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