catastrophe

Après Amazon Web Service, bientôt Amazon Prime Logistic

Dans la fiction N°2, Amazon Energie Service, Amazon distribue de l’énergie dans des stations services. Cette entreprise peut notamment se caractériser par sa capacité à apprendre vite en intégrant un nouveau domaine, puis à le dé-intégrer pour créer ex-nihilo une nouvelle activité. Amazon Web Service (AWS) est né comme ça, du besoin d’avoir une infrastructure numérique robuste, mondiale, capable de supporter des charges élevées. Pour placer AWS au niveau des meilleurs, Jeff Bezos a fait simple : mettre en concurrence AWS avec les acteurs du cloud. D’une pierre plusieurs coups, en cas de succès, devenir leader mondial d’une activité secondaire pour un simple de e-commerce, acquérir des compétences pour bénéficier en interne des meilleures plateformes et faire bénéficier ces clients de ces avantages. Amazon pourrait reproduire cette démarche dans la logistique. La première phase est dejà largement réalisée. Bientôt viendra la seconde.

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MétaNote 20 – La voiture sans conducteur, la Chimère

D'ici 3 ans nous dit Elon Musk, à 90% sur une Tesla. En 2020 pour Daimler, Renault-Nissan, Volvo … (lire cette fiction en 2024). Les mots employés varient d'ailleurs selon les points de vues et les auteurs : conduite assistée ou déléguée pour les constructeurs automobiles, voiture sans chauffeur ou "cybernétique" pour les industries du numérique. Cet objet peut être vu avec les lunettes d'un automobiliste classique comme un salon roulant ou comme une solution de mobilité "commandable" à volonté avec des lunettes d'un opérateur. Dans les deux cas, le véhicule sera un hybride du monde de l'industrie de l'acier et du monde du numérique. Cet objet incarne, aujourd'hui, des rêves (lire cet article sur les voitures sans conducteur et les drones), des fantasmes, des utopies. Il fait partie de la longue liste des technologies qui pourraient nous "libérer". 

Chimère

La voiture sans conducteur est donc une chimère

"La symbolique de la chimère est vaste et son nom a été repris pour désigner, dans un sens étendu, toutes les créatures composites possédant les attributs de plusieurs animaux ainsi que les rêves ou les fantasmes et les utopies impossibles" (Wikipédia).

 

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Nous échouerons probablement à faire muter notre système de mobilité

Tant de promesses annoncées, tant de ruptures attendues (lire l’article sur les ruptures par Mc Kinsey), tant de changements étudiés et planifiés, pourtant ne restent que congestions, temps perdus, pollutions et gigantesques consommations de matières et d’énergies. Rien ne montre aujourd’hui que nous (écosystème) avons compris les enjeux, les menaces, et l’intégralité du système qu’il faut traiter, avons perçu l’obligation de se former pour piloter les mutations. Nous sommes figés dans un système de mobilité vieux d’un siècle conçu pour aménager des territoires « vides » avec des ressources illimitées, pas pour maximiser l’usage de ces dernières et offrir de nouvelles expériences de mobilité, de rencontres, ou de travail (lire l’article sur le paradoxe simplification pour l’utilisateur, complexification pour l’opérateur).

Mais plus que tout, nous sommes incapables de partager une, ou plusieurs, vision du futur crédible et souhaitable. La vision d’un constructeur, n’est pas celle d’une autorité organisatrice ou d’un opérateur de transport en commun, il n’y a pas de processus pour construire des visions collectives. Comme l’indique Jean-pierre Dupuy (lire l’article sur le catastrophisme éclairé), cette incapacité a pour conséquence de ne pas engager une dynamique créatrice permettant de faire réaliser ce futur, aujourd’hui virtuel. Selon la théorie du « catastrophisme éclairé », il faut être sûr d’aller à la catastrophe pour pouvoir l’éviter. Pour le moment, tout indique que le « Bootstrap » n’aura pas lieu.

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Light foot print strategy

L’article de Charles Edouard Bouée, membre du comité executif du cabinet Roland Berger dans les Echos, est intéressant. Il développe une analogie entre la stratégie militaire américaine et l’entreprise de demain. Reprenant l’idée que les militaires préfigurent les organisations du futur (voir et revoir sur ce point les nombreux éléments de Transit City). Tentons d’appliquer ces tendances aux domaines des mobilités et entreprises de transports.

Les qualifications retenues pour cet avenir sont VICA : Volatil, Incertain, Complexe et Ambigu. Ces notions ont été mentionnées à plusieurs reprises dans ce blog (lire notamment la MétaNote 11 Introduction à la pensée complexe). Devant ces éléments, la stratégie retenue se résume par « light foot print » : augmenter son agilité, sa capacité d’adaptation à des futurs inconnus, sa rapidité d’apprentissage de nouvelles techniques et nouveaux environnements, se former en permanence. La MétaNote 1 proposait 7 principes pour survivre aux crises. Tous les contraires des guerres d’hier fondées sur des structures de commandement et des moyens lourds. Ainsi la légèreté devient la principale caractéristique, et l’empreinte le symbole.

Concrètement, cette stratégie  se traduit par trois actions : Drone, Forces spéciales et cyberattaques. Une quatrième élément semble nécessaire : Espion. Comment peut-on traduire ces choix stratégiques dans le monde industriel ?

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MétaNote TdF 3, La surveillance – reloaded

La précédente MétaNote Tdf N°3 portant sur le sujet a été rédigée il y a 3 ans (déjà !). Les tendances identifiées se réalisent toutes, et elles s'accélèrent. Automatisation et Robotisation des radars de contrôle dont les drones, utilisation des technologies numériques nomades pour tracer et apprendre les pratiques réelles notamment dans les transports, industrialisation de ces technologies fusionnées avec nos vêtements-nos lunettes-nos montres …

Et si les techniques de surveillance et les acteurs associés structuraient les Transports du Futur et notamment les pratiques et les comportements ?

Avec l'effondrement des prix des technologies, les "besoins" de sécurité et de contrôle, tous les éléments s'assemblent pour amener à l'hypersurveillance décrite par Jacques Attali dans son livre Une brève histoire de l'avenir. Les faits sont les suivants.

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La voie de l’équilibre – Industries, Citoyens, Environnement et Territoires

La situation est clairement critique. D’un de point de vue énergétique, les experts estiment à plusieurs milliards par an les investissements à réaliser pour sortir de la dépendance au pétrole, pour améliorer notre efficacité dans tous les secteurs, dont les transports. Le précédent Schéma National des Infrastructures de Transports issu du Grenelle sera revu, sans doute à la baisse. D’un point de vue économique, les experts constatent la difficulté des industries automobiles dans un marché européen saturé, avec comme sorties possibles le Low cost ou le Premium. D’un point de vue environnemental, les experts soulignent que plusieurs critères en matière de qualité de l’air ne sont pas respectés, les conséquences sanitaires sont déjà connues : plus de maladies, de décès. D’un point de vue social, les citoyens et les entreprises observent que les transports ne s’améliorent pas (congestion, budget), et ne voient pas quel avenir se dessine…

Mais l’avenir dépend directement de nous, de nos choix, et précisément de notre vision de cet avenir. Ce bouclage, traité en profondeur par Jean-pierre Dupuy est essentiel à comprendre. Il nous faut collectivement décrire ce futur crédible et souhaitable – cette voie – qui, parce qu’elle sera partagée, ambitieuse, positive, conduira tous les acteurs à engager les actions qui permettront sa réalisation. La description de cette voie, si elle est bien faite, conduira donc à cette « autotranscendance ».

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Organiser des crash tests énergétiques dans les territoires

Le Centre d'Analyse Stratégique, dans son rapport sur les mobilités dans les territoires périubains et ruraux, décrivait un scénario noir possible dès 2015 : le risque de l'inaction.

-        une proportion élevée de ménages résidant dans les territoires à faible densité ne pourrait plus faire face à l’augmentation brutale des dépenses obligatoires d’habitat et de transport liée aux coûts de l’énergie ; 

-        les prix immobiliers s’effondrent dans les zones périurbaines et rurales éloignées des emplois et des services ;

-        les services – publics et privés – se replient vers les villes et centres denses, afin de garder une clientèle suffisante ;

-        les « nouveaux pauvres » (classes moyennes inférieures), chassés des villes denses par la hausse des prix immobiliers se réfugient dans ces espaces délaissés où ils vivent à moindres coûts, à l’écart des services quotidiens assurés dans les territoires denses ;

-        le Gouvernement arrête un projet national de traitement social des territoires périurbains et ruraux (personnes âgées isolées, familles en difficultés…), à l’instar de celui engagé dans les années 80 dans les zones sensibles.

François Bellanger (Transit City) nous propose dans un article récent le tableau actuel de cette mutation urbaine qui a lieu aux USA (voir graphique en bas d'article). L'enchaînement de trois facteurs combinés explique ces changements profonds : pauvreté, déclin de l'attrait et de l'usage de l'automobile et montée démographique de la Génération Y. Ces trois paramètres, auxquels s'ajoutent les opportunités/risques offerts par le numérique pour que d'autres acteurs bousculent le système, nous amènent vers le point de basculement (voir un précédent article sur ce sujet #tippingpoint) : Ce moment singulier qui conduit à un changement d'état irreversible.

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Penser nos systèmes de transport, un défi, que seul un élan politique hors du commun, peut nous permettre de relever

S’extraire de la situation actuelle dans laquelle nous nous sommes enfermés, franchir les murs énergétiques, environnementaux, économiques et sociaux qui nous entourent, impose de non seulement de maîtriser les fondamentaux technologiques, politiques, organisationnels, tarifaires des différents modes de transports actuels, mais également de développer des compétences, des connaissances, des outils, des approches systémiques.

Cette approche de nos systèmes de transports pour les biens et les personnes est le cœur de ce blog qui, à travers ces articles, éclaire plusieurs facettes du problème, lie des domaines entre eux, et tente finalement de rassembler les paradoxes, les risques et les opportunités de plusieurs changements qui nous permettraient d’accroître notre résilience. Penser nos systèmes de transports est bien un défi, mais il est pour le moment hors de portée des dynamiques en cours. Seul un élan politique hors du commun peut donner naissance à de nouvelles formes de collaboration, en se plaçant en dehors, en proposant un futurible commun à tous les acteurs. Ce futurible sera tellement crédible et souhaitable, qu'il mettra en action les industries, les territoires, les citoyens pour qu'ensemble il devienne la seule réalité.

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Vers un avenir souhaitable et crédible – aide philosophique de J-P.Dupuy

Jean-Pierre DUPUY nous apporte dans son dernier ouvrage, l’avenir de l’économie, des pistes de réflexion pour nous aider à penser le monde qui vient. Il poursuit ici les concepts développés dans ses précédents livres sur la place du Sacré, sur nos moyens de concevoir l'avenir, et les enseignements philosophiques que l’on peut apprendre des catastrophes. Hélas pour les futurs lecteurs, les thèses proposées ne sont pas simples, elles reflètent la complexité de nos choix liés à de nombreux bouclages que nous aborderons. Décidemment, il n’y a pas de solutions simples pour résoudre nos problèmes …

Mais heureusement les enseignements à retenir sont nombreux, puissants, et couvrent de nombreux domaines. L’ouvrage embrasse plusieurs concepts structurants pour quiconque s’intéresse aux années à venir : le rôle du politique, l’imaginaire collectif, la prospective, l’avenir et le lien causal.

 

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Le prix des carburants aujourd'hui et demain

 

Aujourd'hui à 2 euros, et demain ? et si le prix à la pompe avait une limite ? Oui, sans doute. Nous ne savons pas où et quand mais cela n'est pas tenable pour tous. Les vols de carburant suivent inexorablement le prix à la pompe (voir cet article du Monde). Il y a donc une limite sur le prix du liquide car ce dernier intégre d'autres coûts. Ces autres coûts (taxes) sont nécessaires pour intégrer les coûts externes, mais ils rendent le prix du liquide bientôt problématique. Il sera donc nécessaire de taxer la mobilité carbonée autrement, ailleurs, non pas pour faire baisser son coût, mais pour réduire le prix du liquide. Et une fois de plus, cela passera par des approches systémiques, complexes, et des solutions dématérialisées, numériques…

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