Changer. Enfin.

Partout il est question d’accompagner le changement, de le conduire, d’amener les citoyens à changer de moyens de transport. Par de l’information, par des exemples à suivre, par des guides, par des incitatifs ou des contraintes. Ce changement n’est plus une option tant le développement de l’offre de transport est limité. Pour autant, plus la volonté de changer est grande, plus, dans les faits, les pratiques ne changent pas ou très lentement. 

« Le vélo, c’est bon pour le santé et pour votre porte-monnaie. Pourquoi vous continuez à prendre votre voiture ? c’est évident, il faut changer »

« De toute façon, vous serez obligé de changer … »

Le-changement2

Dan Pink dans la vidéo TED ci dessous nous décrit que cette approche est scientifiquement une impasse. Plus le problème est complexe à résoudre, plus les dispositifs de carotte/baton, incitatif/punition sont inutiles, pire ils sont contreproductifs en restreignant nos capacités à imaginer d’autres possibilités, à explorer. Or changer de mode de transport n’est pas une chose simple, c’est éminemment complexe. Nos mobilités quotidiennes sont intimement tissées avec toutes nos activités, avec notre tissu social, avec nos représentations et nos imaginaires. Elles viennent de nos pratiques personnelles, se prolongent dans notre image sociale et l’éducation que l’on délivre à nos enfants.

Changer de mode de transport est donc un bouleversement intégral et personnel (lire l’article Le premier jour où j’ai décidé de me déplacer autrement). Vouloir le faire nécessite une préparation et un accompagnement.

 

Plusieurs projets travaillent ce sujet : comme Mobilise. Mais le projet BMA (Bretagne Mobilité Augmentée) l’explore, et l’itère dans près de 20 démonstrateurs et plus de 50 solutions co-conçues de nouvelle mobilité / nouvelle activité. La présentation ci dessous, réalisée par Fanny Dufour dans le cadre de BMA, résume les processus et conditions pour réussir le changement :

 
Cette approche en 3 temps (extériorisation, co-construction, expérimentation) s’appuie des mécanismes connus de l’intelligence collective : la mise à distance de ses propres choix pour « se regarder », l’engagement individuel dans une dynamique collective, l’expérimentation dans le prototype (lire à ce sujet Vous avez dit prototype ?) qui devient l’émergence visible du projet et permet l’itéreration à la fois individuelle et collective.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *