ALIBABA prend position dans l'Automobile et vise la place centrale

Opérer les mobilités porte à porte par l'information et le paiement, devenir la plateforme des mobilités multimodales, complexes et modernes. Pour Guillaume Pépy : "Il ne faut pas laisser Google ou d'autres faire ce magnifique projet à notre place". En Chine d'abord, "l'autre" pourrait être Alibaba, à la fois Ebay, Amazon – Amazon Web Service et Google Map. En tout cas, Alibaba s'y emploie sérieusement et s'engage à plusieurs niveaux :

  • commercialiser des voitures sur la plateforme B2C : Tmall,
  • Comme Apple et Google, fournir un Système d'exploitation pour automobile : Alibaba YunOS en partenariat avec SAIC,
  • proposer une plateforme de voyage : Alitrip, avec un partenariat avec Cathay Pacific et Agoda.com pour les hotels,
  • proposer un outil cartographique : AutoNavi récemment acheté,

Sur cette base, Alibaba vise maintenant la mobilité porte à porte, la voiture connectée et la multitude de services associés. La position inédite d'Alibaba peut leur permettre d'associer plus facilement le consommateur dans toutes ses dimensions d'achat, d'usage, d'entretien de son automobile.

En Chine, le consommateur "découvre" en même temps le numérique, internet, GPS, smartphone et l'automobile. Il ne comprend pourquoi l'automobile n'est pas "numérique". Et si les premières industries de masse de la voiture connectée et des services naissaient en Chine ?

Saic_alibaba

Les GAFA+A prennent des positions centrales, des monopoles au sens d'Illich (lire l'article Qu'aurait pensé Illich), rentrent dans l'automobile pour en capter les données (lire l'article les données privées et l'automobile). Les constructeurs les voient comme des nouveaux fournisseurs d'autoradio ( lire l'article Pionner AppRadio) ou des professionnels des systèmes d'informations. Ils ne voient pas les plateformes industrielles structurées pour maximiser l'usage du numérique (lire l'article Numériser l'automobile est essentiel mais probablement insuffisant) et se lier à la multitude (lire l'article Les Transports à l'âge de la multitude).

Le rapport Global Cyber Game traduit ce glissement. Le pouvoir aujourd'hui est un cyber-pouvoir composé par 2 dimensions : l'information (connection, computation, cognition) et le pouvoir (cooperation, co-option, coercicion).

Cybergame

Quelles seraient les premières étapes ?

  • S'organiser collectivement pour explorer les frontières de l'innovation (lire l'article Comment explorer les frontières de l'innovation),
  • Exploiter des plateformes hybrides entre l'open data et les systèmes fermés comme Datact et sa régie de données, pour co-construire des services urbains,
  • Mettre en oeuvre des projets territorialisés exploitant les données issues des citoyens comme Mobilise (et bientôt comme DUST),

Devant ces risques et ces opportunités, les territoires jouent un rôle inédit dans les processus d'innovations technologiques. Trois pays, dont la Chine, vont y jouer un rôle croissant (lire l'article Innovations, Seniors, Pollutions et Cybercars). L'Europe et la France ont tout pour y réussir.

 

 

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