Partenariat Renault – Bolloré incarne la mutation décrite en 2009, MétaNote N°0

Le dernier Communiqué de Presse du Groupe Renault est repris, il décrit les trois principaux points qui seront travaillés avec Bolloré. Nous retrouvons les principaux points proposés dans la première MétaNote N°0 rédigée en 2009 (4 ans déjà). En résumé, mutation de la valeur vers l'économie de la fonctionnalité incarnée dans des services de mobilité, d'abord urbain (point 1). Puis viennent les développements de véhicules conçus pour être exploiter dans des services (point 3), ces véhicules ne seront pas vendus aux conducteurs, ils seront exploités par un opérateur. Etant exploités, le cahier des charges peut être totalement revu (3 places, très léger). Un article au titre évocateur rédigé en 2010 illustre cela : Qui sera capable de faire un GMP de 20 k au meilleur prix ? Déjà 20 kW …

Le véhicule autonome (niveau 4, lire l'article Robotisation, automatisation des véhicules en 2020) fixe un objectif possible. La robotisation ne fait que commencer pour améliorer la rentabilité des services. 

Cette mutation s'observe tous les jours (voir toutes les MétaNotes). A une rupture attendue sur des technologies de propulsion se substitue une mutation servicielle des usages accélérée par l'introduction d'un nouveau liant simplificateur : le numérique. Grâce à cette mutation servicielle, de nouvelles énergies, dont l'électricité, deviennent possibles. Quelle sera la place des industriels automobiles historiques dans les futures chaînes de valeur ?

Les groupes Renault et Bolloré ont signé une lettre d’intention pour étudier le développement commun des solutions d’autopartage et la mise en place de coopérations industrielles et commerciales dans le domaine des véhicules électriques.

1 – Commercialisation conjointe de solutions complètes d’autopartage de véhicules électriques en milieu urbain.

Après le succès d’Autolib’ dans 55 communes d’Ile-de-France et les marchés déjà remportés par le groupe Bolloré à Lyon, Bordeaux et Indianapolis, les groupes Renault et Bolloré vont étudier la création d’une société commune dont l’objet sera de conquérir et d’installer de nouveaux projets et ainsi de répondre à la demande croissante en France et à l’international de systèmes d’autopartage de véhicules électriques. D’ores et déjà, Renault pourrait rejoindre le Groupe Bolloré dans le capital de Bluely (Lyon) et Bluecub (Bordeaux).

2 – Fabrication des Bluecar en France

Le développement attendu du nombre de Bluecar -modèle actuel 4 places- et du modèle décapotable qui sera lancé en juin prochain, va entraîner la croissance de la production. Les deux groupes étudieront le transfert de certaines fabrications dans l’usine de Dieppe du groupe Renault ainsi que la fourniture par ce dernier de pièces et de composants.

3 – Conception et industrialisation d’un véhicule trois places autour d’une batterie Bolloré de 20 kWh.

En démarrant la troisième année d’exploitation d’Autolib’, pour l’instant la plus importante exploitation en autopartage de véhicules électriques dans le monde, il a été constaté que trois quart des locations sont effectuées avec un maximum de trois passagers à bord. Fort de ce constat, les deux groupes vont étudier le soutien que pourrait apporter Renault au groupe Bolloré pour la conception, le développement et l’industrialisation d’un modèle de voiture électrique trois places (3,1 m de long) possédant plus de 200 km d’autonomie.

Ces premières phases sont donc lancées, et déjà le coup d'après est prévisible (lire la MétaNote N°14 l'avenir de l'automobile). Se numérisant, véhicules et services de mobilités, entrent dans les évolutions des industries du numérique. L'Histoire récente de cette industrie montre qu'à la fin, face aux constructeurs de matériel, de "hard", c'est toujours le logiciel qui gagne (lire les logiciels dévorent le monde). Certains vont même jusqu'à concevoir les objets pour mieux diffuser leurs logiciels [scénario Google ou Amazon]. Dans les transports, INDUCT incarne celà : éditeur de logiciel pour cybercar, leurs réalisations matérielles ne sont là que pour rendre visible les lignes de code, pour permettre l'expérience des services.

La révolution numérique en cours rend possible cette mutation, l'accélère (lire la MétaNoté N°17 La révolution numérique et la fin de l'automobile). Certains industriels, les constructeurs "Premium" d'aujourd'hui, seront capables de proposer l'intégralité : objet (voiture robotisée), logiciels de gestion et services [scénario Apple]; ils n'ont déjà plus le choix. Mais la plupart des constructeurs d'objets vont progressivement glisser vers une intégration verticale de leur produit dans des services complexes de mobilité fortement numérisés (lire Google Mobility Service) : ils perdront le contact avec le conducteur et l'acheteur [scénario DELL]. Les éditeurs de logiciel auront captés la connaissance des usages des véhicules, donc la capacité de rédiger des cahiers des charges très précis. 

Cette mutation n'est pas positive ou négative, elle a déjà lieu. Comment capter les opportunités mondiales, et orienter les services vers des solutions territorialisées, créatrices d'emplois et à haute efficacité énergétique ? Plusieurs points sont désormais acquis : l'efficacité et la diversification énergétique doivent être considérées par le prisme des mobilités servicielles, le numérique s'insinue dans tous les objets pour produire de nouvelles expériences à forte valeur ajoutée, seule une approche systémique intégrale peut conduire à prendre une place dans les jeux d'acteurs. Bien sûr, ceci ne passe qu'à travers des formations de vos équipes (lire
Quel équipage explore votre avenir ?
).

 

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