Et si Citroën inventait avec la nouvelle version de Multicity une brique majeure des Transports du Futur ?

Multicity a été lancé depuis quelques années en proposant dès le départ des solutions multimodales de transports et notamment un assistant numérique permettant d'avoir des informations (temps, coût) pour relier deux points. Multicity permet également d'acheter les titres de transports directement, concurrençant d'une certaine façon Voyage SNCF. 

Le dernier service qui s'intègre à cette palette est particulièrement innovant car il couple plusieurs approches : la location d'un VE (C-zéro) et le partage entre particuliers. Les 2 briques existaient, mais la fusion des 2 présente une synergie et permet de présenter un prix de location de 90 euro/mois.

Ce tarif abaisse une barrière de diffusion du VE en pariant sur le partage. Et c'est précisement là que se situe l'innovation couplée les intérêts individuels (accéder à un VE) et les intérêts collectifs (d'autres personnes pourront l'utiliser). Cette approche double niveau va également s'étendre : comme je peux accéder à un VE sans en posséder un, je retarde ma décision d'achat (voir je l'annule) et j'améliore mes pratiques multimodales – quand je voyage je réplique mes pratiques quotidiennes et imagine plus facilement louer un VE à un particulier à la suite du train – etc …

 

Cette approche conforte une vision possible selon laquelle les principaux gains en matière d'énergie et de GES dans les transports viendront de cette 3ème voie du véhicule service (imaginé dès le départ MétaNote N°0) qui permet à la fois :

  • de faire pénétrer rapidement de nouvelles technologies et de réduire les masses des véhicules car ces derniers sont conçus pour des missions spécifiques permettant de mieux arbitrer (type urbain) et surtout parce qu'une partie de ces véhicules est achetée par des professionnels (à l'échelle mondiale) qui raisonnent uniquement par le TCO donc l'efficacité énergétique,
  • de faire expérimenter à un grand nombre la dépossession du véhicule particulier et l'usage de services de mobilité, montrant qu'ils sont tout à fait acceptables et comparables en terme de services rendus. Ceci conduisant implicitement à augmenter les capacités, les connaissances, les savoirs pour que chacun puisse avoir des mobilités multimodales,
  • de faire circuler des véhicules mieux remplis (par le biais des services), donc d'assurer des mobilités comparables avec moins de véhicules en circulation.
  • d'augmenter enfin l'utilisation des modes collectifs classiques, et des modes actifs.

Ce "paquet" de gains est vertueux, il permet également de renforcer l'attractivité de cette 3ème voie. Les récentes données fournies par Covoiturage.fr confirme également que l'offre de siège libre est en forte augmentation, ainsi que les flux réalisés par les voyageurs. Cette 3ème voie est à l'évidence souhaitable pour les citoyens, l'environnement et pour certaines industries.

Le changement d'échelle

Mais le changement d'échelle est une autre histoire car nous avons besoin d'accélérer le développement de cette 3ème voie, la rendre "principale". Et là, nous devrons accroître nos connaissances, apprendre les liens et les boucles rétroactives pour mettre en cohérence de nombreuses mesures et guider ainsi les changements de comportement.

Par exemple, la Volt se vends assez bien en Californie d'une part grâce à l'aide à l'achat (comme en France), mais peut être aussi parce qu'un VE ou hybride plug-in peut utiliser les voies réservées au covoiturage … Le temps principale richesse des pays développés … Imaginons que l'on couple les innovations de Citroën Multicity d'un VE loué/partagé et l'accès à des voies réservées ou des charges électriques gratuites. Ce sera donc dans la combinaison des mesures multi-domaines, leurs cohérences, la facilité à les comprendre et à les déployer, que le changement d'échelle peut se produire. Aujourd'hui tout est possible, mais rien n'est garanti tant l'imbrication de l'automobile propriétaire dans la société est profond.

Pour sortir de cette situation de lock-in, nous aurons besoin de lever plusieurs verrous, d'innover dans de nombreux domaines, de synchroniser un écosystème étendu. Mais il faudra avant tout que le futur proposé soit crédible et souhaitable pour tous les acteurs, qu'il "donne envie d'y aller". Si nous réussissons cela, tout en accompagnant les évolutions, il génèrera par lui-même les actions nécessaire à sa réalisation. Cette capacité d'auto-réalisation est décrité par J.P Dupuy dans plusieurs ouvrages dont l'Avenir de l'Economie. Mais J.P Dupuy a également développé le concept de Catastrophisme éclairé qui nous aide à comprendre pourquoi des collectifs ne sont pas capables de s'organiser pour éviter une catastrophe. Dans notre domaine, il devient également nécessaire de construire une vision partagée de  l'avenir "tel qu'il vient", sans ce sursaut pour sortir de la situation de lock-in dans laquelle nous sommes enfermés.

Etre sûr que la catastrophe arrive pour pouvoir l'éviter

Cet avenir peu souhaitable est pourtant le plus probable :

  • pour les personnes, seules les contraintes financières piloteront les choix des citoyens, excluant progressivement des territoires, des groupes sociaux : éducation, santé, accès à l'emploi,
  • pour les marchandises, malgré une faible évolution du PIB, les flux augmentent, et la route maintient sa domination, faute d'une amélioration des structures opérant le rail et les ports maritimes.
  • en conséquence les émissions de GES et de polluants (notamment NOx et PM) ne sont pas maîtrisés conduisant d'une part à des pénalités financières de la CE, et à une pression médiatique sur les décideurs,
  • exploitant les mêmes technologies numériques, les tentations pour instaurer des quotas, de nouvelles taxes sont grandes, d'autant que des acteurs économiques puissants proposent des outils "clé en main".

Selon la théorie du catastrophisme éclairé nous devons être convaincu que cet avenir peu souhaitable va arriver pour que, paradoxalement, nous réussissons à nous en extraire. Il devient alors important de s'entendre sur cet avenir "business as usual", nous devons le décrire avec précision, pour mieux se convaincre de son arrivée.

Pour cela, votre aide est précieuse, indiquez dans les commentaires votre vision de cet avenir peu souhaitable et pourtant probable.

 

Commentaires

  1. dit

    Decidement le progres ne connait pas de limites, ainsi tout un chacun pourra avoir a partir de son vehicule particulier un maximum d’informations concernant le trajet d’un point a l’autre, cout, etc …

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