Bajaj RE60 contient les bases d’un basculement vers de nouvelles mobilités

Annoncé plusieurs fois, BAJAJ vient de présenter officiellement la RE60 sa voiture low-cost au prochain salon de DELHI. Ces caractéristiques sont sans appel. Le véhicule en lui-même n'est pas intéressant. TATA n'a d'ailleurs pas rencontré de succès en Inde, car nous continuons à considérer cet objet comme une voiture à acheter. Essayons de la penser comme un objet à utiliser quelques minutes par jour, à la place d'un vélo quand il pleut. Alors ce véhicule contient, par ses caractéristiques, les bases d'un basculement vers de nouvelles mobilités rendues possible par le déploiement d'un système de valeurs totalement différent. Quatre courants vont se rencontrer pour permettre ce basculement. Il est imminent et touchera tous les acteurs.

Caractéristiques principales :

  • vitesse limitée à 70 km/h
  • moteur de 200 cm3 / 20 ch par un monocylindre 4 temps catalysé Euro4
  • consommation de l'ordre de 2,5 l/100 km – 60 gCO2/km
  • 400 kg pour transporter 4 personnes maxi…une moto protégée…
  • tarif : de l'ordre de 2000 €

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Nous avons donc un objet permettant de transporter plusieurs personnes en milieu urbain. Associer à cet objet industriel standard, devenant ici une "commodité" (bien de consommation industriel ou individuel (une matière première) disponible en grande quantité et pouvant provenir de nombreux fournisseurs différents), un système de partage immatériel de type Vélib ou Moebius/VUlog, vous obtenez un service de mobilité à bas prix, avec des performances environnementales correctes (que l'on pourra sans problème améliorer, avec la possibilité d'électrifier ces véhicules). Puis attendez quelques années pour que s'amplifient trois tendances de fond :

  • la volonté de plus en plus grande à accéder aux services sans posséder les objets (voir ci dessous sondage ZIPCAR). Bien entendu il y aura toujours des personnes qui ne voudront pas partager, qui n'envisageront pas de ne pas acheter un véhicule, mais la possession ne sera plus la solution privilégiée, elle deviendra de plus en plus chère, notamment dans les zones urbaines et périurbaines.
  • l'existance de systèmes numériques portés par des smartphones qui permettent d'enchaîner plusieurs modes de transports sans difficulté, de trouver en temps réel toutes les informations nécessaires, de payer simplement. Ces technologies permettent de modifier rapidement et à grande échelle nos comportements quotidiens, et d'améliorer ainsi l'usage des transports en commun, vélo et de tous les modes de transports partagés.
  • les contraintes économiques, environnementales, et de circulation/congestion dans les principales villes des pays de l'OCDE et des BRIC. Ces contraintes imposeront aux décideurs de contraindre (argent et/ou temps) les conducteurs seuls dans leurs voitures, et de "récompenser" tous les autres (transport public, vélo, marche, …). De nouveaux outils de contraintes/récompenses permettront à des solutions de véhicules partagés de se développer, elles deviendront la règle.

Zipcar

Sous l'effet combiné de ces quatre courants à priori disjoints (disponibilité de solutions de véhicule partagés à bas prix, volonté de plus en plus grande d'utiliser un service sans acheter un objet, disponibilité de technologies "facilitantes" permettant de modifier nos comportements et contraintes extérieures élevées), arrivera le point de basculement vers de nouvelles mobilités. Ce basculement sera alors rapide, avec un développement viral dans de nombreux territoires.

Les comportements d'une quantité suffisante de personnes seront totalement compatibles d'une part avec des offres technologiques, des moyens de mobilité et des contraintes extérieures. L'acceptation, l'acceptabilité puis l'appropriation de ces nouveaux modes de transport seront alors enchaînées pour permettre un déploiement massif.

De micro-solutions de niche déconnectées les unes des autres, elles seront agrégées par de nouveaux opérateurs (comme General Electric) et fourniront les principaux moyens pour se déplacer dans nos villes. Ces véhicules seront achetés par des industriels et des fournisseurs de service pour être opérés, et jamais par des particuliers. Un nouveau marché de masse de niche connecté les unes aux autres sera créé et ouvert à toutes les innovations. Bien sûr de nombreux risques sont associés à ces changements (dépendance aux TIC, données privées, opacité des forfaits de mobilité, …) mais il est vraissemblable que ce soit la seule voie … Un diaporama (vu plus de 3500 fois) est disponible pour partager cette vision :

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