Fiat ouvre la conception de la Mio aux utilisateurs (au Brésil)

Faisant suite aux propositions détaillées dans l'article Google Mobility Service, l'ouverture de la conception du véhicule faisait partie de ces pistes. Fiat a engagé depuis plusieurs années le partage d'une partie du cahier des charges de la Mio au Brésil.

Pourquoi le Brésil ? il faut retenir cette citation de A.Gorz : "Je ne dis pas que ces transformations radicales se réaliseront. Je dis seulement que, pour la première fois, nous pouvons vouloir qu’elles se réalisent.Les moyens en existent ainsi que les gens qui s’y emploient méthodiquement. Il est probable que ce seront des Sud-Américains ou des Sud-Africains qui, les premiers, recréeront dans les banlieues déshéritées des villes européennes les ateliers d’autoproduction de leur favela ou de leur township d’origine."

La conférence LIFT Marseille de cet été a hebergé une présentation réalisée par Gabriel Borges sur la Fiat Mio :

Working with AgênciaClick Isobar, Fiat Brazil has developed Fiat Mio, the first ever crowdsourced car. This concept car is the result of an online collaboration among thousands of consumers and experts from around the globe. The Fiat Mio, which is being unveiled this month at the 2010 São Paulo Auto Show, evolved as part of an ongoing interactive, collaborative process, through its website. The site so far has attracted more than 2 million viewers from 160 countries, of whom more than 17,000 officially registered as potential collaborators, contributing more than 10,000 ideas and suggestions. Fiat Brazil has described this process, which solicited consumers' opinions about the design theme, choice of materials and features, even manufacturing processes, as "learning again how to make an automobile."

Ce premier niveau d'ouverture est sans doute un préalable (même si il ne change pas fondalement la relation à l'objet) pour aller bien plus loin dans l'ouverture vers l'intégration d'organes extérieurs et vers l'intégration dans des services, comme proposé dans Google Mobility Service. L'ouverture totale sera réalisée comme le montre certains précurseurs dans d'autres domaines.

Marcin Jakubowki, bricoleur de génie, qui propose, ni plus ni moins, un wiki pour créer les 50 machines principales (tracteur, moissonneuse, …) d'une communauté avec vidéo, tutorial, notices … : Open Source Ecology. Et ce n'est que la première étape d'un projet consistant à écrire un ensemble d'instructions pour un village autogéré entier (coût de départ: $10 000). Utilisant l'open source, les outils de collaboration étendus, l'intelligence collective globale, l'individu peut alors co-concevoir, co-construire "ensemble de façon autonome" des produits parfaitement adaptés utilisant des sources locales, réparables, recyclables.

Pour le moment FIAT reste précurseur dans le domaine pour le cas des constructeurs "classiques", même si certains projets comme c'mm'n (pour Common) expérimente cette conception totalement ouverte et partagée. Mais  il sera très difficile pour les constructeurs de remettre en question et de laisser à d'autres (les utilisateurs) la capacité de dimensionner les principaux organes générateurs de plus-values financières, et également de permettre aux usagers de changer simplement ces mêmes organes comme on change un disque dur ou un clavier.

Et pourtant le web a inversé les rôles. En reprenant Emakina "A l'ère du 2.0, le consommateur-acteur a pris le pouvoir et les messages émis par les marques ne contribuent qu'à 20% des interactions, des échanges, des blogs et autres conversations sur les réseaux sociaux qui gravitent autour d'elles. Générateur et amplificateur d'un bouche-à-oreille planétaire, l'Internet n'est plus un espace à part. Il est au centre de la vie réelle et il devient la première source d'information des consommateurs.

De médias de masse à des masses de médias, le XXIème siècle connait ainsi un changement de paradigme où ce n'est pas l'activation du canal qui compte, mais celle du récepteur. La vraie performance des marques n'est plus le temps d'exposition, ni le nombre de pages vues, ni même le nombre de clics. Elle réside dans l'attention générée et recouvre tout ce qui pour l'écosystème et le consommateur participe de la notoriété, de l'interactivité, de l'engagement, de la co-innovation.

Le marketing de l'attention place ainsi le consommateur au centre et embrasse tout ce qui est constitutif de la valeur créée. Un concept qui doit s'accompagner de nouvelles mesures de performance, pour être évalué et piloté au plus juste."

Et ce n'est donc pas étonnant si Emakina et Netvibes s'allient pour mettre en oeuvre des outils de dashboard professionnels. Il faudra alors revoir entièrement les modèles économiques et les fondamentaux de cette industrie, et penser autrement la chaîne de valeur et la relation avec les clients.

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