Le management du trafic, Karrus une start-up issue de l'INRIA

Créée en février 2010, la jeune société Karrus propose une technologie permettant la surveillance et la gestion automatiques du trafic automobile.

Karrus 
Les données fournies par des capteurs placés à des endroits stratégiques des infrastructures routières sont traitées en temps réel et alimentent des modèles mathématiques d’écoulement du trafic. Elles permettent d’optimiser le flux de véhicules en calculant la vitesse à fixer sur les panneaux variables ou la durée des feux rouges placés sur les rampes d’accès. « Suite à mon travail de thèse, nous avons identifié une voie de valorisation qui a été confirmée par une étude de marché », raconte Denis Jacquet, président de Karrus. « Nous nous sommes heurtés au problème des capteurs qui sont un des éléments du système. Les appareils utilisés par les exploitants sont peu fiables, chers à la maintenance et incapables de fournir des données en temps réel. C’est pourquoi nous offrons aujourd’hui une solution complète incluant des capteurs sans fil. »

Cette solution a été mise en œuvre début avril sur la rocade sud de Grenoble, en partenariat avec la direction interdépartementale des routes Centre-Est. Une convention a été signée entre cet organisme, l’INRIA et le conseil général de l’Isère afin de créer une plateforme partagée, Grenoble Traffic Lab. Les données recueillies sur Grenoble pourront ainsi alimenter des expériences et des démonstrations. « Pour le moment, nous offrons des composants logiciels capables de s’adapter aux systèmes déjà présents chez nos clients », conclut Denis Jacquet. « D’ici quelques années, nous commercialiserons l’ensemble de la plateforme. »

Les infrastructures deviendront de plus en plus "intelligentes", intégrant des capteurs, remontant des informations, étant pour certaines adaptables aux conditions extérieures. Mais c'est encore l'optimisation de l'existant qui offre le plus de perspective : être capable de mieux utiliser nos routes, améliorer les débits, les conditions de roulage notamment. Dans un deuxième temps, les données seront largement partagées, utilisées dans des applications développées pour des usages dont nous n'avons aujourd'hui aucune idée (voir ici et ici). L'infrastructure participera alors à la mobilité au même titre que le véhicule, et la disponibilité (ou non) d'un réseau conditionnera le prix de cette mobilité (voir ici).

Le Grenoble Traffic Lab préfigure la future "Autorité des Transports Terrestres" (voir ici et ici) qui disposera de toutes les données nécessaires au pilotage des transports sur sa zone. A condition, bien sûr, que les citoyens soient inclus dans le processus de décision …

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