Sécheresse en Inde, pluie au Brésil, tension sur le sucre et éthanol en hausse …

Les cours du sucre (sucre, saccharas, mot d'origine sanscrit) ont atteint des niveaux historiquement hauts, les plus élevés depuis plus de 28 ans. Les origines sont multiples : hausse globale de la consommation de sucre liée à l’augmentation de la population – malgré une baisse dans les pays développés, forte sécheresse en Inde (2ème pays producteur, équilibriste importation / exportation selon les années) dans les zones productrices, et exploitation décalée au Brésil (1er pays producteur, 1er pays utilisateur d’éthanol carburant).

Rappelons qu'il y a quelques mois à peine, les paysans indiens ont massivement délaissé la culture de canne, poussés à cela par le faible niveau des cours et les incitations gouvernementales visant à produire des céréales pour faire face à la pénurie de farine en Inde. La réponse sur le marché du sucre ne s'est pas faite attendre : en trois mois – de janvier à mars – le cours de la livre de sucre brut à New York s'est littéralement envolé.

Pour tenter de faire face à la situation (d'exportatrice, l'Inde était en passe de devenir importatrice ), New Dehli a supprimé les droits d'importation. Des mesures interprétés par les marchés comme une preuve tangible d'une réelle pénurie …. de nature à faire grimper les cours.

Par ailleurs, les stocks sont faibles et mal connus dans ce type de marché, et les déséquilibres producteurs/consommateurs peuvent alors devenir rapidement divergeants. Les risques pour l'année 2010 sont grands de voir le prix du sucre augmenter, l'offre ne pouvant suivre la demande. Cette dernière se transfert, dans les pays développés, de l'alimentaire à l'énergie, et augmente dans les pays en voie de développement pour l'alimentaire. Le sucre devient alors un placement sûr, une nouvelle bulle se crée, bien loin  de notre volonté d'augmenter la robustesse de notre système de mobilité…

 

Commentaires

  1. dit

    La négligence et l’absence de réponses adéquates ne font qu’aggraver les effets de ces catastrophes naturelles ! »… sans compter la politique hydrologique qui « déshabille Pierre pour habiller Paul ». Le Sud Ouest de la Chine (Yunnan, Sichuan…), au pied de l’Hymalaya, est une des régions où l’eau est la plus abondante. Cette sécheresse serait incompréhensible si n’était pas rappelée l’existence de dérivations de l’eau pour alimenter des régions à plus fort potentiel économique. En un mot, les campagnes et ses habitants doivent encore se sacrifier sur l’autel de la très sainte croissance économique dont on voit tous les jours un peu plus les conséquences désastreuses

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